Manifestants anti-Brexit devant le palais de Westminster, où siège le Parlement britannique, à Londres, le 10 décembre 2018. REUTERS/Toby Melville

Les mois défilent et l'avenir du Royaume-Uni semble toujours aussi incertain. Depuis le vote en faveur du Brexit, lors du référendum du 23 juin 2016, le gouvernement du pays s'est livré à d'âpres discussions avec l'Union européenne (UE).

La Première ministre, Theresa May, est finalement parvenue à un accord de retrait du pays. Mais le Parlement britannique doit encore l'entériner pour qu'il puisse s'appliquer.

Le vote qui était prévu demain, mardi 11 décembre, à la Chambre des Communes, a été reporté par Theresa May lundi après-midi, alors qu'il risquait d'être largement rejeté. La Première ministre conservatrice n'a pas précisé de nouvelle date pour le moment.

Il faut dire que cet accord ne satisfait véritablement personne. Les europhiles verraient s'éloigner la possibilité d'empêcher une sortie de l'Union européenne s'il était adopté. Et les partisans d'un "hard Brexit" redoutent une forme d'amarrage permanent à l'UE.

L'accord prévoit en effet une clause "backstop", qui maintiendrait l'absence de frontière après le Brexit entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, risquant d'entraîner de fait le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union douanière de l'UE.

Theresa May fait l'objet de fortes critiques, y compris dans son propre camp. De nombreux députés conservateurs ont effectivement fait part de leur hostilité au texte négocié avec l'UE. Si l'accord de retrait venait à être rejeté, toutes les options resteraient sur la table:

"Tout reste extrêmement ouvert", souligne Maxime Alimi, responsable de la stratégie d'investissement chez Axa Investment Managers. "Mais les très mauvais scénarios restent improbables", estimait-il lundi matin. Selon le gestionnaire d'actifs, l'hypothèse la plus probable reste celle d'un accord décroché d'ici mars 2019 et la sortie officielle du Royaume-Uni de l'UE.

"Une sortie brutale sans accord produirait un choc d'offre sans précédent, susceptible d'entraîner une récession", alerte Axa Investment Managers.

Le rejet du traité de retrait par le Parlement britannique entraînera dans tous les cas une forte incertitude pour l'avenir du Royaume-Uni, ce qui pèsera sur la livre sterling et les investissements des entreprises. Il exposera aussi Theresa May à une motion de censure et pourrait conduire à de nouvelles élections législatives.

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