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Bruxelles accuse Google d'étouffer ses concurrents mais 'manque de preuves' selon le moteur de recherche

Bruxelles accuse Google d'étouffer ses concurrents mais 'manque de preuves' selon le moteur de recherche
© REUTERS/Pawel Kopczynski

La Commission européenne enquête depuis plusieurs années sur les pratiques de Google vis-à-vis de sa concurrence. Elle soupçonne notamment le moteur de recherche de favoriser son comparateur de prix Google Shopping et d'évincer les régies concurrentes au profit de publicités Ad Sense.

En juillet, Bruxelles a sommé le groupe Internet de s'en expliquer une nouvelle fois.

Dans une note de blog, Google vient de donner sa réponse. Selon celle-ci, la Commission européenne ne comprend pas comment les internautes font leurs achats en ligne et "manque de preuves" dans ce dossier :

"Le cas révisé de la Commission européenne repose sur une théorie qui ne reflète pas le mode de consommation des acheteurs en ligne. Ils ne commencent pas à chercher des produits sur un moteur de recherche, puis cliquent sur un site de comparaison de prix, puis ensuite sur un site marchand. Ils se rendent sur le site marchand de différentes façons : depuis les moteurs de recherche, les moteurs de recherches spécialisés, les plateformes marchandes, les réseaux sociaux, et les publicités en ligne proposées par différentes entreprises. Il est évident que les vendeurs atteignent aujourd’hui leurs consommateurs plus directement que jamais", écrit Kent Walker, le directeur juridique de Google.

Pour Google, les "allégations" du régulateur européen sont "erronées". Il n'agit pas pour se "mettre en avant" mais pour satisfaire aux exigences de ses utilisateurs.

Le groupe Internet invite donc les services de Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence, à "conduire des études auprès des utilisateurs".

Habilement, Google argumente que la concurrence pour l'attention des utilisateurs ne se joue plus entre comparateurs de prix mais entre tous les services en ligne : "les moteurs de recherche, les sites de comparaison de prix, les plateformes marchandes, et les marchands". Kent Walker tacle ainsi ses concurrents :

"Les données montrent que la poignée des sites de comparaisons de prix qui sont plaignants dans le dossier ne reflète pas l’état plus large du marché. Il y a des centaines de sites de comparaison de prix — et pas simplement six."

Pour Google, Amazon est certes un site marchand mais aussi un site de comparaison de prix.

"Nous ne pouvons être d’accord avec ce dossier qui manque de preuves et limiterait notre capacité à améliorer nos produits, simplement pour satisfaire l’intérêt d’un petit nombre de sites", conclut le conseil de Google.

Google promet aussi de donner dans "les prochains jours" une réponse aux reproches de la commission européenne concernant son système d'exploitation Android.