Christopher Wylie, lanceur d'alerte qui a travaillé chez Cambridge Analytica, après la révélation du scandale dans la fuite de données d'utilisateurs de Facebook. REUTERS/Henry Nicholls

Pendant encore longtemps le nom de Cambridge Analytica résonnera, mais pour de mauvaises raisons. L'entreprise britannique est empêtrée dans un scandale mondial après avoir siphonné les données privées de plus de 87 millions d’utilisateurs de Facebook. Elle les a ciblés avec du contenu spécial afin d'influencer leur vote lors de l’élection présidentielle américaine 2016.

Désormais, le New York Times dévoile que la société prévoit de lancer sa propre crypto-monnaie. Le quotidien s'appuie sur des renseignements fournis par Brittany Kaiser, une ancienne responsable de l'entreprise.

Une ICO (Initial coin offering) serait programmée pour cette année. À la différence d’une levée de fonds traditionnelle qui implique une dilution du capital des fondateurs, cette nouvelle technique de financement consiste à émettre des tokens (jetons, en français) qui offrent un droit d’usage sur un service futur. Dans ce cas, le token serait utilisé dans un système de stockage de données privées. Si vous possédez un token, vous obtenez un fichier informatique qui contient vos informations personnelles. Vous pouvez ensuite décider de les vendre à qui vous le souhaitez et au prix qui vous semble juste.

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Il est amusant de constater que Cambridge Analytica propose de résoudre un problème qu'il a justement exploité dans l’affaire Facebook. 

"Qui en sait plus que Cambridge Analytica sur l'utilisation des données personnelles ?", explique Brittany Kaiser, "alors pourquoi ne pas développer une plateforme qui remodèle la façon dont tout cela fonctionne ?".

Lors du Forum économique mondial de Davos organisé en janvier dernier, le PDG de Cambridge Analytica, Alexander Nix (aujourd’hui écarté) déclarait : "Nous voyons émerger une nouvelle économie dans laquelle les gens peuvent prendre possession de leurs données et les monétiser. Et cela est possible seulement grâce à la blockchain".

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On ne sait pas encore si l'entreprise va réellement concrétiser ce projet. Celui-ci n'en serait qu'à ses balbutiements et était porté par Alexander Nix, dont le départ en mars complique les plans. L'enquête du New York Times démontre néanmoins que la société s'intéressait de près aux crypto-monnaies.

Selon Jill Carlson, une consultante spécialisée dans le secteur blockchain, des employés de Cambridge Analytica lui auraient soufflé qu'ils préparaient des études statistiques d'un nouveau genre. Celles-ci consisteraient à offrir des crypto-monnaies à des internautes en échange de réponses à des sondages précis.

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L'ancienne dirigeante Brittany Kaiser a quant à elle déclaré qu'une de ses équipes travaillait sur Dragon Coin, un projet de crypto-monnaie destiné aux amateurs de jeux d'argent. Celle-ci permettrait de faciliter l'accès aux casinos de Macao, une île chinoise réputée pour ce type d'activité. Cambridge Analytica n'aurait qu'un petit rôle dans ce projet porté par le leader d'un gang de la région.

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