Une semaine après son évasion rocambolesque du Japon, Carlos Ghosn a tenu une conférence de presse au Liban, en début d'après-midi, mercredi 8 janvier. Pour cet événement médiatique en mondovision, 130 journalistes ont été accrédités au total, dont seulement quatre Japonais. L'ancien patron de Renault et Nissan a réaffirmé à cette occasion son innocence et s'est dit victime d'un complot. "Je suis ici pour blanchir mon nom", a-t-il affirmé, le ton grave. "Ces allégations sont fausses, je n'aurais jamais dû être arrêté", a-t-il ajouté, alors qu'il est sous le coup de quatre chefs d'inculpation au Japon pour malversations financières. 

Après avoir rappelé les conditions de détention difficiles qu'il a pu subir au Japon après son arrestation, le 19 novembre 2018, et l'impossibilité de voir ses proches pendant des mois, le patron déchu est parti à l'offensive contre Nissan. Il a accusé le constructeur japonais de collusion avec le procureur. "Des preuves montrent la collusion entre Nissan et le parquet", a-t-il assuré. Carlos Ghosn a précisé qu'au moment de son arrestation fin 2018, à sa descente d'avion à Tokyo, il n'avait pas compris ce qui lui arrivait et ne savait pas "que c'était Nissan qui tirait les ficelles".

Deux raisons expliqueraient les accusations à son encontre

Le regard noir, l'homme d'affaire libano-franco-brésilien a cité plusieurs noms de dirigeants du constructeur nippon, dont l'ancien PDG de Nissan Hiroto Saikawa, contraint à la démission en décembre dernier, ainsi que Hari Nada, ancien bras droit de Carlos Ghosn. Mais l'ex-dirigeant d'entreprise est allé plus loin, soulignant que des représentants du gouvernement japonais étaient aussi en lien avec la justice nippone. "Il y en a d'autres qui ont participé et j'ai tous les noms." Il s'est toutefois refusé à les donner par "respect" pour le Liban et en raison de "l'hospitalité qui m'a été réservé par les autorités libanaises". "Je ne voudrais en aucun cas compliquer leur tâche", a-t-il justifié.

Carlos Ghosn a ensuite tempéré son propos, estimant que le Premier ministre japonais, Shinzō Abe, ne devait pas être impliqué dans son arrestation. Il a surtout concentré ses attaques contre Nissan, à grand renfort de gestes.

Pour lui, pas de doute, deux raisons expliquent le "complot" dont il serait victime. Le déclin de la performance de Nissan à partir de 2017 d'une part, et la défiance des Japonais d'autre part, qui se seraient estimés lésés au niveau des droits de vote dans Renault, avec l'entrée en vigueur de la loi Florange doublant les droits de vote de l'Etat français. "Certains de mes amis japonais ont pensé que la seule manière de se débarrasser de Renault était de se débarrasser de moi." Et d'ajouter : "J'ai été arrêté pour n'avoir pas déclaré une rémunération qui ne m'avait pas été payée et qui n'avait même pas été décidée."

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