Une esquisse du tribunal, dessinée par Nobutoshi Katsuyama, montre le président déchu de Nissan, Carlos Ghosn, lors de l'audience publique. Image publiée par l'agence de presse Kyodo, le 8 janvier 2019. Kyodo / via REUTERS

Le PDG de Renault et de l'alliance Renault-Nissan, Carlos Ghosn, s'est exprimé pour la première fois en public depuis son arrestation, mardi 8 janvier. Incarcéré depuis le 19 novembre, dans un centre de détention à Tokyo, au Japon, il rejette toutes les accusations à son encontre et nie tout méfait. 

Sa garde à vue a été prolongée à plusieurs reprises. Le président du tribunal du district de Tokyo, Yuichi Tada, a expliqué que le maintien derrière les barreaux du patron français, évincé de la présidence du constructeur Nissan, avait été décidé en raison de craintes d'une fuite à l'étranger et d'une tentative de dissimuler des preuves, selon Reuters.

Inculpé le 10 décembre pour avoir minoré ses revenus au sein du groupe nippon pendant cinq ans, de 2010 à 2015, il est également accusé d'avoir fait passer dans les comptes de Nissan des pertes personnelles de 1,85 milliards de yens, soit environ 14,5 millions d'euros. La justice japonaise enquête en outre sur ses rémunérations chez le constructeur entre 2015 et 2018.

Le bras de fer de Carlos Ghosn avec la justice est loin d'être terminé. L'avocat Motonari Otsuru, à la tête de son équipe juridique au Japon, a précisé lors d'une conférence de presse qu'il allait soumettre ce mardi une demande visant à mettre un terme à la détention de son client, rapporte Reuters.

Mais il ne se fait guère d'illusion.

Une libération sous caution "pourrait être difficile car on ne l'accorde généralement pas aux prévenus qui rejettent les accusations portées contre eux".

Mercredi, le tribunal de Tokyo a en effet rejeté cette demande de remise en liberté, selon l'agence de presse japonaise Jiji, citée par Reuters.

Un procès n'aura pas lieu avant 6 mois

Motonari Otsuru a par ailleurs précisé que Carlos Ghosn pourrait être de nouveau inculpé le 11 janvier, date jusqu'à laquelle a été prolongée sa garde à vue. Il estime qu'ensuite un procès ne pourrait s'ouvrir pas avant six mois. Le patron franco-libanais pourrait donc rester encore longtemps derrière les barreaux, si sa détention était maintenue dans l'attente de son jugement. 

Ses avocats ont également indiqué ne pas être autorisés à consulter les comptes-rendus des conseils d'administration de Nissan concernant sa rémunération. Ils ne peuvent pas non plus assistés Carlos Ghosn lors de ses interrogatoires par les enquêteurs japonais, qui peuvent durer jusqu'à huit heures par jour.

Deux des filles du PDG de Renault, interviewées par le New York Times fin décembre, s'interrogent sur un complot de Nissan pour tenter de contrer un éventuel projet de fusion avec Renault.

Son fils s'est quant à lui livré dans le JDD dimanche 6 janvier, précisant que son père "ne lâchera rien" et qu'il "résiste, même s'il a perdu une dizaine de kilos en mangeant trois bols de riz par jour".

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