Renault refuse d'offrir sa retraite en or à Carlos Ghosn

Carlos Ghosn à Tokyo, au Japon, le 6 mars 2019. REUTERS/Issei Kato/File Photo

Comme tout salarié, Carlos Ghosn a fait valoir ses droits à la retraite auprès de Renault, lors de l'envoi de sa lettre de démission le 24 janvier dernier, selon des informations de FranceInfo. Sauf qu'il pourrait percevoir bien plus que la moyenne des travailleurs retraités français. Selon le cabinet de conseil aux actionnaires Proxinvest, cité par la radio publique, l'ex-PDG de Renault pourrait bénéficier d'une retraite chapeau de 765 000 par an, soit un peu moins de 64 000 euros par mois. 

Mais le conseil d'administration du constructeur automobile, qui se réunissait ce mercredi 3 avril, en a décidé autrement. Il a effectivement choisi de supprimer cette retraite annuelle de près de 770.000 euros, rapporte Reuters, les conditions de départ de Carlos Ghosn ne correspondant à aucun cas d'ouverture du régime de retraite chapeau. L'ancien patron ne devrait donc pas pouvoir percevoir de rente à ce titre.

Le conseil va aussi recommander aux actionnaires de Renault de voter, lors de l'assemblée générale (AG) du 12 juin, contre le versement de la part payable en numéraire de la rémunération variable de Carlos Ghosn au titre de 2018, qui représenterait un montant de 224 000 euros. Il a enfin précisé prendre acte de la décision de son ex-PDG de démissionner de son mandat d'administrateur le jour de cette AG.

Avant que le conseil d'administration ne se réunisse, Carlos Ghosn avait de son côté affirmé qu'il livrerait sa vérité "sur ce qui se passe" dans le cadre d'une conférence de presse le 11 avril, dans un tweet posté une première fois en anglais puis en japonais. 

Son successeur à la tête de Renault, Jean-Dominique Senard, a pour sa part accepté une rémunération deux fois moins importante à celle qu'il percevait. Le nouveau président du constructeur français touchera ainsi un salaire fixe annuel de 450 000 euros, rapportent ce mercredi Les Echos

Pour rappel, Carlos Ghosn, aussi ex-président de Nissan, a été inculpé le 10 décembre au Japon pour avoir sous-estimé ses revenus pendant cinq ans, de 2010 à 2015, pour un montant total qui s'élèverait à 5 milliards de yens, soit environ 39 millions d'euros. Il a également été inculpé le 11 janvier pour avoir minoré ses revenus chez le constructeur nippon sur la période 2015-2018 et pour avoir fait passer des pertes personnelles dans les comptes de Nissan.

Arrêté fin novembre, à la descente de son jet privé à Tokyo, Carlos Ghosn a été remis en liberté surveillée début mars au Japon, après le versement d'une caution d'environ 8 millions d'euros. 

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