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Carlos Ghosn visé par une information judiciaire portant sur ses soirées fastueuses à Versailles

Carlos Ghosn visé par une information judiciaire portant sur ses soirées fastueuses à Versailles
© Wikimedia Commons/ G CHP

La justice française s'intéresse d'un peu plus près à Carlos Ghosn et ses soirées fastueuses organisées au château de Versailles. Près d'un an après l'ouverture d'une enquête préliminaire, suite à un signalement de la direction de Renault en février 2019, le parquet de Nanterre a ouvert mercredi 19 février une information judiciaire notamment pour "abus de biens sociaux" et "blanchiment aggravé d'abus de biens sociaux", rapporte Le Parisien. Dans le viseur de la justice, des faits commis entre 2009 et 2020 par l'ancien patron du constructeur automobile, et notamment deux soirées d'ordre privée à Versailles.

Carlos Ghosn a notamment organisé son mariage avec son épouse Carole au château en octobre 2016, sans débourser le moindre centime pour sa location ni pour le festin qui s'en est suivi au Grand Trianon et qui aurait coûté 50 000 euros. La soirée d'anniversaire, officiellement pour les 15 ans de l'Alliance Renault-Nissan et non pour les 60 ans de Carlos Ghosn, fait également l'objet de soupçons. D'après un audit interne commandé par Renault, 94 des 154 invités à ce banquet supervisé par le chef Alain Ducasse étaient des proches de l'homme d'affaires (enfants, sœurs, cousins, amis...), essentiellement d'origine libanaise.

Ces événements festifs auraient été organisés gracieusement grâce à une convention de mécénat signée entre Renault et l'établissement public qui gère le château de Versailles. D'un montant de 2,3 millions d'euros, cette convention autorisait le constructeur français à recevoir une contrepartie à hauteur de 25% de son mécénat. Carlos Ghosn en aurait profité à des fins personnelles.

Le patron déchu cité dans plusieurs affaires

L'ex-grand patron, âgé de 65 ans, est aussi dans le viseur de l'office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) pour des "flux financiers suspects" entre Renault et le distributeur du groupe au losange à Oman, Suhail Bahwan Automobiles (SBA).

Une autre information judiciaire est déjà en cours, à Paris, pour des faits d'"abus de biens sociaux" et de "corruption passive". Elle porte sur des contrats signés par RNBV, la filiale néerlandaise à 50-50 entre Nissan et Renault censée incarner l'alliance, lorsque Carlos Ghosn en était le PDG. La candidate LR à la mairie de Paris Rachida Dati et le criminologie Alain Bauer auraient touché environ un million d'euros chacun pour des missions de conseil dont aucune trace n'a été retrouvée.

Carlos Ghosn fait aussi l'objet de quatre inculpations par la justice japonaise, notamment pour abus de confiance et détournements de fonds. Il s'est enfui au Liban fin décembre 2019, alors qu'il avait été libéré sous caution et préparait son procès au Japon où il avait été arrêté en novembre 2018.

Business Insider
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