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Carrefour double l'indemnité inflation pour ses salariés, les syndicats dénoncent un "coup de com'"

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Carrefour double l'indemnité inflation pour ses salariés, les syndicats dénoncent un "coup de com'"
Le doublement de la prime n'apaise pas les tensions sur les conditions de travail. © Chabe01/Wikimedia Commons
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C'est une prime qui fait grogner en interne. Carrefour veut porter à 200 euros l'indemnité inflation annoncée jeudi 21 octobre par le gouvernement, mais les représentants du personnel estiment que "la décision d'opportunité" d'Alexandre Bompard ne va pas calmer la grogne sociale qui monte avant les fêtes de fin d'année.

"Le gouvernement a peur des gilets jaunes, Bompard a peur des salariés, résume Philippe Allard (CGT). C'est un coup de com' pour faire avaler la pilule car ils craignent des mouvements sociaux avant les fêtes. Les salariés veulent des augmentations de salaire, pas des primes". "La méthode est lamentable. Cent euros c'est bon à prendre mais ça ne règle pas structurellement les problèmes, à savoir la dégradation des conditions de travail depuis des années et l'emploi qui se réduit chez Carrefour", regrette Cyril Boulay (FO).

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Le gouvernement, soucieux de répondre aux inquiétudes sur la flambée des prix des carburants et le pouvoir d'achat, vient d'annoncer le versement d'une indemnité de 100 euros à 38 millions de Français qui gagnent moins de 2 000 euros par mois. "Carrefour s'engage en faveur du pouvoir d'achat de ses salariés", a surpris sur Twitter le patron de Carrefour, sitôt connues les annonces du Premier ministre et sans aucune concertation avec les organisations syndicales.

Selon le géant de la distribution, environ 85 000 salariés français ayant perçu en octobre un salaire inférieur à 2 000 euros nets seront éligibles à cette prime versée en décembre. Il s'agit de "la totalité des employés, la quasi-totalité des agents de maîtrises et quelques cadres", a précisé la direction.

Des questions sur l'application de cette prime au sein de Carrefour

Ces éléments ne répondent toutefois pas aux nombreuses questions en suspens dans le groupe. "On ne sait notamment pas si ce dispositif sera conditionné à un nombre minimum d'années de présence, si les temps partiels l'auront intégralement", détaille Philippe Allard.

"Ces mesures ne seront pas non plus appliquées dans les magasins passés en location-gérance, qui sont une nouvelle fois les grands oubliés", explique Jean-Yves Chaussin (FO-SNDH). "On est sur du buzz, des effets d'annonces, plus que quelque chose de stratégique ou qui va vraiment faire baisser la pression" autour des récentes annonces sur la location gérance, développe-t-il.

Mi-octobre, Carrefour a ainsi annoncé que 43 nouveaux magasins représentant 6 000 employés pourraient sortir du groupe en 2022 et passer en location-gérance. Il s'agit de l'externalisation du plus gros contingent de magasins, souvent en difficulté, depuis l'arrivée d'Alexandre Bompard en 2017.

Cette prime "n'éteint pas notre demande formelle de réouverture des négociations salariales, ça ne règle pas la tension qui règne. Il y a un problème de fond sur le bas niveau des grilles de salaires", assure encore Sylvain Macé (CFDT). "C'est une décision d'opportunité. Ça va donner une image positive de Carrefour. C'est aussi un geste pour l'opinion publique. Des enjeux de concurrence se jouent sur la communication positive, particulièrement avec Leclerc. C'est à qui sera le plus vertueux", analyse-t-il. Au moment du premier confinement, Leclerc avait été l'un des premiers à se prononcer en faveur du versement de la prime Covid.

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