Après avoir réduit considérablement ses effectifs au sein de son siège à Massy l'an dernier et fermé ses ex-magasins Dia, Carrefour poursuit sa cure d'amincissement en s'attaquant à ses hypermarchés. Le groupe français de grande distribution envisagerait d'y supprimer plus d'un millier de postes, rapporte ce mercredi Le Figaro. Ces suppressions pourraient se faire dans le cadre d'un accord de rupture conventionnelle collective (RCC), indique encore le journal.

La tenue de négociations en vue d'un accord de RCC a d'ailleurs été confirmé par le groupe Carrefour à Reuters, mais pour qu'elles aboutissent, la direction doit obtenir un accord collectif majoritaire des syndicats. Une première réunion a eu lieu lundi 25 mars. Les syndicats, cités par Le Figaro, évoquent un nombre de 1 500 postes potentiellement concernés par les suppressions.

Ces ruptures conventionnelles "seraient proposées en particulier aux salariés dont les postes seront impactés par les projets de restructuration et de réorganisation", indique de son côté la CGT-Carrefour sur son site internet.

Selon le syndicat, il s'agirait donc de salariés travaillant :

  • dans les hypermarchés où les rayons EPCS (électroménager, photo, ciné et son) seront mis en libre-service (à ce jour 15 magasins potentiellement concernés)
  • dans les stations-services qui seront automatisées 24/24
  • dans les bijouteries dont la fermeture est prévue
  • dans certains postes d'encadrement
  • dans l'optimisation des flux d'argent (caisses) 

Depuis l'arrivée d'Alexandre Bompard à sa tête, Carrefour a été engagé dans un vaste plan de transformation. Présenté en janvier 2018, ce plan a déjà conduit à la suppression de 2 400 postes au siège du groupe (qui comptait alors 10 500 salariés), via un plan de départs volontaires.  

En dehors des ressources humaines, Carrefour s'est engagé aussi sur d'importantes réductions de coûts et a affiché une volonté de transformation digitale : partenariat en Chine avec Tencent, en France avec Google, et innovations diverses menées avec des entreprises numériques, comme dernièrement avec Waze.

En parallèle, il s'emploie également à redresser ses hypermarchés qui emploient 60 000 personnes en France. Cinq magasins parmi les moins retables sont en train de passer en location-gérance et d'autres vont suivre. Une stratégie dénoncée par Force Ouvrière, syndicat majoritaire dans les hypermarchés Carrefour qui, craignant pour l'emploi, avait d'ailleurs déjà appelé à une mobilisation salariale sur ce thème le 4 avril prochain.

Cette problématique des hypermarchés en perte de vitesse est commune à d'autres groupes intégrés comme Auchan et Casino. Ce dernier prévoit d'ailleurs d'en vendre une vingtaine, dont six à des adhérents E.Leclerc.

Face à la concurrence des distributeurs spécialisés et des sites e-commerce sur les produits "non-alimentaires", Alexandre Bompard est en train de revoir l'offre de ses hypermarchés Carrefour. L'assortiment doit diminuer de 15% et les surfaces de vente vont être réduites de 400 000 mètres carrés. Certains rayons non-alimentaire sont même en cours de remplacement, avec la mise en place de "corners" tenus par des enseignes spécialisées, à l'image des espaces Darty, en test dans les hypermarchés de La Ville du Bois dans l'Essonne et de Limoges en Haute-Vienne. Des tests d'espaces "outlet" (de déstockage) sont également en cours pour utiliser à meilleur profit les surfaces devenues non rentables.     

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