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Casino accusé par plusieurs ONG de contribuer à la déforestation en Amazonie

Casino accusé par plusieurs ONG de contribuer à la déforestation en Amazonie
Devanture d'un supermarché Casino de région parisienne, septembre 2019. © Business Insider France/Claire Sicard

Le groupe Casino est pointé du doigt. Une coalition d'associations a épinglé le distributeur français sur les filières d'approvisionnement en bœuf de certaines de ses filiales en Amérique du Sud, le mettant en demeure de respecter la législation sur le devoir de vigilance. "Ces associations françaises, américaines et colombiennes nous ont mandaté afin de vous mettre en demeure de respecter les obligations légales qui s'imposent à la société Casino Guichard-Perrachon en matière de devoir de vigilance et de risques liés à la déforestation en Amérique du Sud", ont annoncé leurs avocats dans un courrier adressé lundi 21 septembre au PDG du groupe, Jean-Charles Naouri.

La procédure de ces ONG, parmi lesquelles Notre Affaire à tous, Sherpa, Mighty Earth et Envol Vert, s'appuie sur un rapport de cette dernière publié en juin. Il mettait en lien quatre fermes liées à la déforestation illégale au Brésil, en Amazonie et dans le Cerrado et 52 produits "vendus en rayon et aussi dans les étals de boucher de deux magasins du groupe". "À elles seules, ces fermes représentent 4 500 hectares de forêts coupés illégalement pour laisser place au pâturage de bovins. Des terres autochtones protégées sont également converties", dénonçait le rapport de l'ONG colombienne.

Les associations prêtes à porter l'affaire au tribunal d'ici 3 mois

Dans la lettre de mise en demeure, les avocats font valoir que "l'enquête de terrain menée par Envol Vert a permis de démontrer que ces fournisseurs du groupe Casino [...] se sont régulièrement fournis auprès de fermes mises en cause dans des activités de déforestation et d'accaparement des terres indigènes". Les ONG exigent que le groupe établisse une cartographie des risques, une traçabilité sur toute la chaîne d'approvisionnement ainsi que la mise en place d'un système d'alerte, notamment en cas de violation des droits des peuples amazoniens.

"Lorsque Casino dit qu'ils ont vérifié que leurs trois principaux fournisseurs s'approvisionnent directement auprès de fermes qui ne font pas de déforestation, c'est l'objet de ce dossier de leur dire que ce n'est pas suffisant", a fait valoir Maître François de Cambiaire. Si l'entreprise "ne se met pas en conformité dans un délai de trois mois", les associations se sont dites prêtes à porter l'affaire au tribunal et à "solliciter la réparation des préjudices qui en découlent", ont déclaré les ONG dans un communiqué commun.

La déforestation en Amazonie a connu un niveau exceptionnel en 2019

La loi sur le devoir de vigilance invoquée oblige les sociétés de plus de 5 000 salariés en France, ou plus de 10 000 dans le monde, à publier un plan de vigilance destiné à prévenir les risques en matière d'environnement, de droits humains et de corruption qui pourraient résulter de leurs activités et de celles de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants.

"Les liens entre la viande vendue par Casino et la déforestation montrent combien aujourd'hui cette loi est nécessaire", a estimé Sandra Cossart, directrice de l'ONG Sherpa, lors d'une rencontre avec la presse.

Lors des huit premiers mois de l'année, les satellites de l'Institut national de recherches spatiales (INPE) ont identifié 6 086 km2 déboisés dans la plus grande forêt tropicale de la planète. La déforestation avait atteint un niveau exceptionnel en 2019 (9 178 km2), la première année du mandat du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, très critiqué pour sa politique environnementale.

La réponse du groupe Casino

Contacté par Business Insider France, le groupe Casino a répondu par l'intermédiaire de son avocat, Me Schapira : "alors que le groupe Casino respecte en tous points la loi sur le devoir de vigilance et porte une attention soutenue aux questions de déforestation de l'Amazonie et d'élevages bovins, certaines ONG ont fait le choix contestable de porter sur un plan polémique et inutilement contentieux cet enjeu majeur." Il précise : "aujourd'hui le groupe rappelle que non seulement il se conforme scrupuleusement à ses obligations légales, mais également qu'il ne cesse, en partenariat avec des ONG locales, d'améliorer les procédures de contrôle des fournisseurs et des fermes."

Et de conclure : "le groupe Casino prend le sujet de la déforestation très au sérieux, dans un contexte géopolitique complexe qui nécessite une collaboration constructive et apaisée pour trouver des solutions à grande échelle et efficaces". Pour le moment, Casino est le seul distributeur français à être épinglé par les ONG sur le sujet de la déforestation en Amazonie.

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