Martin Calmels, directeur de l'innovation du groupe Casino teste l'application Casino Max au "4 Casino", un magasin sans caisse traditionelle, le 4 octobre 2018. Business Insider France/Elisabeth Hu

  • Le groupe Casino va progressivement accepter les paiements mobiles via l'application Lyf Pay dans toutes ses enseignes.
  • Casino a également annoncé une prise de participation à hauteur de 5% du capital de Lyf Pay, aux côtés de BNP Paribas, Crédit Mutuel, Auchan, Mastercard, Total et Oney (filiale bancaire d'Auchan).
  • Les applications de paiement mobile se multiplient mais les acteurs français du commerce et du secteur bancaire veulent faire émerger des leaders pour ne pas laisser de place aux applications de paiement américaines ou chinoises.

Les paiements par mobile sont encore peu répandus en France mais les grands acteurs de la distribution se positionnent d'ores et déjà pour les accepter. 

Dans cet esprit, le groupe Casino a annoncé ce lundi 19 novembre 2018 l'extension de son partenariat avec la fintech Lyf Pay. Sa solution de paiement par mobile — déjà acceptée depuis 2017 dans près de 500 magasins hypermarchés Géants Casino et supermarchés Casino — le sera dans les prochains mois dans les autres enseignes du groupe, Le Petit Casino, Leader Price, Franprix, Monoprix et Naturalia.

Lyf Pay est une application de paiement qui fonctionne par QR code. Une fois l'application téléchargée, il faut créer un compte et renseigner les données d'une carte bleue. Puis lors d'un achat dans un magasin qui accepte ce système, un QR code est généré, le commerçant le scan (parfois, le client scan lui-même) et le compte est débité. 

De nombreux services en un clic

Mais Lyf Pay propose également d'autres services. L'application permet ainsi de regrouper ses comptes de fidélité, de payer en différé ou en plusieurs fois des courses alimentaires, ou encore d'éviter le passage en caisse dans le cadre de la solution de Scan Express. C'est d'ailleurs cette technologie qui assure la fonction paiement, intégrée à l'application "Casino max" du groupe Casino et qui permet de se passer de caisse dans certains magasins, notamment dans le dernier concept du groupe: le "4 Casino", présenté en octobre dernier.

"L'objectif est simple", déclare Cyril Bourgois, directeur de la transformation digitale et de l'innovation du groupe Casino dans un communiqué. "Offrir à nos clients une expérience de paiement ultra fluide, rapide et complète [...]. En un seul clic sur son téléphone, notre client doit pouvoir payer (maintenant ou plus tard), bénéficier de ses avantages fidélité et de ses coupons, recevoir son ticket de caisse dans l'application ou par mail... plus besoin de venir avec son portefeuille dans le magasin."

Le groupe Casino ne se contente pas d'étendre ce service de paiement à tous ses points de vente. Il annonce également une prise de participation minoritaire à hauteur de 5% du capital de Lyf Pay, sans dévoiler de montant.

Lyf Pay est née de la fusion des services de paiement Fivory et Wa!, lancés respectivement par le Crédit Mutuel et BNP Paribas. Les deux banques avaient jusqu'alors chacune 44% des parts de la société, et voient leur participation baisser à 41,5% pour faire entrer Casino. Le reste de l'actionnariat est partagé entre Auchan, Mastercard, Total et Oney (filiale bancaire d'Auchan).

Casino n'exclut pas dans un second temps de monter en puissance au sein du capital. Son entrée en jeu doit permettre d'accélérer le déploiement de Lyf Pay, disponible actuellement dans près de 10.000 points de vente et qui vise 7000 points de vente supplémentaires en 2019. 

Un secteur concurrentiel

"Nous croyons au paiement sur mobile", explique Julien Lagubeau, directeur-général adjoint de Casino, lors d'une conférence de presse, rapporte le journal Les Echos. "Aujourd'hui, c'est moins de 1% de nos transactions en magasin mais nous pensons que c'est ce type de paiement à terme qui va s'imposer."

"Avoir une place dans le paiement c'est aussi le moyen de garder le contact avec le client. Nous pensons que nous ne sommes pas condamnés à laisser prendre ce business par les grands acteurs américains ou asiatiques", a-t-il ajouté. 

Aux Etats-Unis, les solutions Apple Pay et Google Pay sont en tête du secteur, profitant du fait qu'elles sont "natives", c'est-à-dire intégrées au smartphone dès le début; tandis qu'en Chine, le marché est dominé par deux géants du web, Alibaba avec son application Alipay et Tencent avec son application WeChat Pay.   

En France, le paiement par mobile n'en est qu'à ses balbutiements — comparé à la Chine où l'immense majorité des transactions s'effectue par smartphone. Pour autant l'offre est pléthorique.

Les applications développées en propre par les enseignes françaises se multiplient. Carrefour — qui s'est désengagé du capital de Lyf Pay l'an dernier mais reste son client — a lancé son "Carrefour pay" depuis quelques mois. Monoprix (groupe Casino) a également lancé son application Monop Easy, Franprix (également du groupe Casino) utilise pour sa part l'application Lydia. Même BNP Paribas (au capital de Lyf Pay) est engagée par ailleurs avec d'autres banques françaises aux côtés de l'application Paylib. Sans oublier l'historique PayPal...

Toutes ces solutions nécessitent de nombreux téléchargements qui sont autant de frein à l'usage du système. Or pour qu'il se développe réellement, des leaders du paiement mobile doivent émerger et leur solution doit être rapidement acceptée dans un maximum de lieux.

"S'il n'y a pas d'initiatives pan-européennes fortes, les Chinois ou les Américains prendront la place", a mis en garde Thierry Laborde, directeur général adjoint de BNP Paribas et responsable des marchés domestiques.

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