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Ce jour où Jeff Bezos a lancé Cadabra dans son garage, le futur Amazon

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Ce jour où Jeff Bezos a lancé Cadabra dans son garage, le futur Amazon
Pour devenir l'homme le plus riche du monde, Jeff Bezos a fait le pari de se lancer dans la vente en ligne alors qu'Internet n'en était encore qu'à ses débuts. © Getty Images
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Le 5 juillet 2021, le fondateur d'Amazon, Jeff Bezos, a quitté son poste de PDG du groupe qu'il a lui même fondé. Quinze jours plus tard, l'homme le plus riche au monde effectuait un voyage de quelques minutes dans l'espace à bord d'une navette de sa propre société Blue Origin, le rêve d'une vie.

Jeff Bezos a choisi de se consacrer à d'autres activités même s'il reste président exécutif d'Amazon. À 57 ans, il laisse les rênes à son lieutenant Andy Jassy, qui dirige la division la plus rentable du groupe, à savoir Amazon Web Services. C'est la fin d'une ère de 27 ans au cours de laquelle il est passé d'une petite librairie en ligne à la vente de tout ce que l'on peut imaginer sur cette planète, transformant ainsi nos modes de consommation.

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Il y a près de dix ans, le journaliste de Bloomberg Brad Stone racontait l'essor d'Amazon dans son best-seller "Amazon : la boutique à tout vendre" (éd. First Interactive). Depuis lors, l'entreprise de Jeff Bezos s'est développée de manière exponentielle, inventant des produits inédits comme Alexa et perturbant d'innombrables industries, tandis que sa main-d'œuvre a quintuplé et que sa valorisation s'est envolée pour dépasser largement les mille milliards de dollars. L'empire de Jeff Bezos, autrefois logé dans un garage, s'étend désormais au monde entier.

Les premiers bureaux de Jeff Bezos à Seattle.  Amazon

Dans son nouvel ouvrage "Jeff Bezos, la folle ascension du fondateur d'Amazon" (Talent Éditions, 19,90 euros), qui paraît ce jeudi 25 août, Brad Stone étudie l'évolution de Jeff Bezos lui-même — qui a débuté comme un geek profitant de l'explosion du web, pour se transformer en un puissant milliardaire aux ambitions mondiales.

Au début de son ouvrage, le journaliste raconte comment l'un des hommes les plus puissant de la planète s'est lancé dans l'univers du web, suivant son instinct d'entrepreneur (plusieurs extraits sont tirés du livre de Brad Stone).

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Adieu Wall Street

À l’âge de trente ans, Jeffrey Preston Bezos quitte son emploi hautement rémunéré à D. E. Shaw, un fonds spéculatif réputé de Wall Street, afin de se lancer dans un projet professionnel apparemment modeste : une librairie en ligne.

Avec MacKenzie Scott, son épouse âgée de vingt-quatre ans, il laisse New York pour aller à Fort Worth, au Texas où sa famille détenait une résidence. Jeff Bezos sort du garage le pick-up Chevrolet familial et demande à sa femme de conduire vers le nord-ouest des États-Unis, à plus de 5 000 kilomètres, pendant que lui est assis sur le siège passager, en train de taper ses projections financières sur l'avenir d'internet sur son ordinateur portable. Nous sommes en 1994... la genèse du web.

Jeff Bezos a choisi de s'arrêter à Seattle en raison de la réputation de la ville en tant que nouveau pôle technologique et parce que l'État de Washington a une population relativement faible (comparée à celle de la Californie, de New York et du Texas). Ce qui signifie que sa future entreprise ne devrait payer la taxe de vente de l'État que sur un faible pourcentage de clients.

"Le jeune trentenaire installe sa start-up dans le garage d’une maison pavillonnaire traditionnelle de la banlieue de Seattle. Il s’est fabriqué lui-même les deux premiers bureaux d’Amazon avec des portes en bois achetées pour soixante dollars dans un magasin de bricolage. L'ancien financier a d’abord choisi d’appeler sa société Cadabra Inc., mais il y renonce et envisage d’autres noms comme Bookmall.com, Aard.com, et Relentless.com, avant de finalement se dire que le plus long fleuve sur Terre pourrait bien symboliser la plus grande librairie disponible sur la planète : Amazon.com."

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Le succès au bout de quelques mois

Jeff Bezos a d’abord financé sa startup lui-même, tout en bénéficiant d’un généreux investissement de 245  000 dollars (210 000 euros) de ses parents dévoués, Jackie et Mike. Lorsque le site Web est entré en service en 1995, Amazon s’est immédiatement retrouvée au cœur d’une frénésie impensable déclenchée par une nouvelle technologie appelée le « World Wide Web ». Chaque semaine, les commandes augmentaient de 30, 40 et 50 %. La frénésie était telle que les premiers employés disent ne plus se souvenir des débuts de l'entreprise.

Les premiers investisseurs potentiels ont fait marche arrière, par méfiance de l'internet et de ce jeune geek hyperconfiant au rire excentrique, originaire de la côte Est. Mais en 1996, les investisseurs en capital-risque de la Silicon Valley se sont mis au diapason de la startup. C’est cette abondance de fonds qui a ouvert les yeux du PDG en herbe, déclenchant une ferveur inébranlable et donnant naissance à des rêves de domination.

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'Devenir inarrêtable rapidement'

"La première devise de l’entreprise était « Devenir inarrêtable rapidement ». L’expansion soudaine d’Amazon, à la fin des années 1990, une période connue sous le nom de « bulle Internet », a été épique. Bezos a engagé de nouveaux cadres, ouvert de nouveaux entrepôts, mis en scène une introduction en bourse parfaitement médiatisée, en 1997, et a survécu à une action en justice menée par son premier rival, le libraire Barnes & Noble. Il visualisait déjà Amazon comme une marque malléable et a donc plongé, tête la première, dans de nouvelles catégories de produits afin de vendre des CD, des DVD, des jouets et des appareils électroniques. « Nous allons devenir inarrêtables», a-t-il alors déclaré à Howard  Schultz, le PDG de Starbucks, son alter ego basé à Seattle."

Vingt-cinq ans plus tard, alors qu'Amazon a racheté les studios hollywoodiens de la MGM pour plus de 7 milliards d'euros et que le groupe est désormais un nouvel acteur du sport business avec la diffusion de compétitions telles que Roland Garros et le championnat français de football, on se demande encore et toujours : où s'arrêtera Amazon ?

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