Des manifestants anti-Brexit devant le palais de Westminster, à Londres, le 8 avril 2019.  REUTERS/Gonzalo Fuentes

C'est finalement un long délai qui a été accordé aux Britanniques pour trouver une solution sur les modalités de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Theresa May a en effet obtenu un nouveau sursis dans la nuit de mercredi à jeudi. La date butoir est maintenant fixée au 31 octobre, soit la veille de l'entrée en fonction de la nouvelle Commission européenne. Ce qui signifie qu'à moins que les députés britanniques finissent par rapidement ratifier l'accord de Theresa May, le Royaume-Uni sera forcé de participer aux élections européennes, qui doivent se tenir du 23 au 26 mai prochain.

Si le Royaume-Uni ne remplit pas cette obligation, il s'orientera alors vers un Brexit sans accord effectif le 1er juin, une possibilité que Theresa May, comme ses partenaires européens, veulent éviter. Ce scénario n'est toutefois pas totalement exclu par la France. "Ce n'est pas notre choix premier que les Britanniques participent aux élections européennes", a ainsi affirmé la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, sur CNews. A l'heure actuelle, la situation reste donc floue et il semble difficile d'avoir des certitudes sur la participation du Royaume-Uni aux élections européennes. Par précaution, Theresa May a toutefois lancé les préparatifs.

Cinq eurodéputés français sur la touche ?

La participation au scrutin du Royaume-Uni, qui disposait jusqu'à présent de 73 sièges au Parlement européen, chamboulerait l'organisation. En anticipation du Brexit, il avait en effet été décidé de répartir 27 sièges britanniques aux Etats membres sous-représentés dans l'Hémicycle, les autres restants pour les potentiels nouveaux membres de l'Union européenne. La France et l'Espagne ont ainsi, au vue de leur démographie, hérité de 5 sièges chacun. Une répartition qui sera remise en question si le Royaume-Uni ne se décidait pas à ratifier rapidement l'accord...

Néanmoins, la France n'entend pas changer ses plans."Quoi qu'il arrive, les Français éliront 79 eurodéputés le 26 mai", avait déjà répondu le ministère de l'Intérieur au HuffPost le mois dernier. Il faudra donc choisir les cinq eurodéputés français qui resteront sur la touche... A moins que l'on déroge au nombre total de députés composant l'hémicycle européen pour ajouter des sièges provisoires pour le Royaume-Uni, comme évoqué dans un document officiel du Parlement consulté par Le Monde.

Encore faut-il que le pays réussisse à organiser ce scrutin dans l'urgence. Sur ce point, une alternative pourrait être envisagée. Le mandat des actuels eurodéputés britanniques pourrait par exemple être prolongé jusqu'au retrait du Royaume-Uni, affirme la BBC, comme l'a repéré France Info. Ou alors un statut d'observateur pourrait leur être octroyé. A moins que Westminster ne désigne directement des députés intérimaires sans passer par les urnes, comme l'évoque dans Le Parisien Thierry Chopin, conseiller spécial de l'Institut Jacques Delors et professeur de sciences politiques à l'Université catholique de Lille. Il faudrait néanmoins "vérifier la validité juridique d'un tel dispositif", ajoute-t-il. 

Et peu importe la solution retenue, le casse-tête n'est pas fini. En effet, si des députés britanniques siégeaient au Parlement, que se passerait-il une fois le Brexit effectif ? Devront-ils simplement quitter le Parlement, laissant leurs sièges vacants ? Encore beaucoup de questions restent à trancher.

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