Ce nouveau vaccin pourrait protéger contre plusieurs coronavirus, y compris ceux qui ne nous ont pas encore contaminés

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© AP Photo/Frank Augstein

Nos vaccins actuels contre les coronavirus ont été conçus pour nous protéger contre l'un d'entre eux en particulier : le SRAS-CoV-2, le virus responsable de cette pandémie. Mais la famille des coronavirus est grande, et de nombreux chercheurs pensent qu'un futur vaccin pourrait nous offrir une protection beaucoup plus large.

Une équipe du Duke Human Vaccine Institute a mis au point un vaccin "pan-coronavirus" qui pourrait être capable de protéger contre plusieurs coronavirus de la famille du SRAS. Cela inclut le SRAS-CoV-2, ainsi que le virus que la plupart des gens connaissent sous le nom de SRAS — le SRAS-CoV-1 — qui était responsable de l'épidémie en 2003.

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Dans une nouvelle étude, le vaccin candidat de l'équipe de Duke s'est révélé capable de protéger les singes contre le nouveau coronavirus (y compris ses variants les plus préoccupants), ainsi que contre le SRAS et d'autres virus apparentés au SRAS, qui circulent chez les chauves-souris mais n'ont pas atteint l'être humain. C'est un indicateur, mais en aucun cas une garantie, que le vaccin pourrait également fonctionner chez l'être humain.

"Vous auriez une protection contre les variants qui circulent actuellement, mais aussi contre tout type de nouveau virus lié au SRAS qui pourrait être similaire au SARS-CoV-1 ou au SARS-CoV-2 et qui pourrait provenir de l'espèce de la chauve-souris", a déclaré Kevin Saunders, directeur de recherche de l'institut, à Insider.

Le rêve de l'équipe est de créer un vaccin contre les coronavirus qui pourrait mettre un terme aux pandémies de coronavirus. "Si l'on regarde l'Histoire, il y a eu des épidémies de coronavirus environ tous les huit ou neuf ans", a précisé Kevin Saunders. "Ce à quoi nous travaillons tous maintenant, c'est d'essayer de comprendre si nous pouvons trouver un vaccin qui nous protégerait contre la prochaine épidémie de coronavirus, quelle qu'elle soit."

Lors d'un briefing de la Maison-Blanche la semaine dernière, Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses aux États-Unis, a déclaré que cette recherche était "une preuve de concept extrêmement importante que nous poursuivrons de manière agressive au fur et à mesure du développement des essais sur l'être humain".

Selon Kevin Saunders, les chercheurs de Duke espèrent commencer à recruter des personnes pour des essais cliniques le plus rapidement possible, c'est-à-dire entre 18 mois et deux ans et demi. D'autres équipes de recherche travaillent également sur des projets similaires : une vingtaine de projets de vaccins pan-coronavirus sont actuellement en cours, a rapporté le magazine Science en avril.

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Le vaccin a protégé des singes contre des variants identifiés au Royaume-Uni, au Brésil et en Afrique du Sud

Un dépistage au Cap, en Afrique du Sud, le 23 juillet 2020.  Nardus Engelbrecht/AP Photos

Les vaccins Covid-19 actuels semblent être efficaces contre les variants, mais peut-être pas au même degré que contre le virus originel. La recherche a montré, par exemple, que les vaccins existants peuvent être moins protecteurs contre B.1.351 et P.1 — les souches identifiées pour la première fois en Afrique du Sud et au Brésil — que contre la souche originale du coronavirus ou B.1.1.7, la variante identifiée pour la première fois au Royaume-Uni.

Kevin Saunders a déclaré que le vaccin pan-coronavirus de son équipe semblait générer une réponse anticorps plus forte contre tous ces variants que les vaccins actuels ne l'ont fait jusqu'à présent. Les chercheurs ont testé ce résultat en comparant leur vaccin à un vaccin à ARNm qui ressemblait à ceux de Pfizer et Moderna. Le vaccin à ARNm a produit une réponse en anticorps six fois plus faible contre la variante B.1.351 et une réponse en anticorps dix fois plus faible contre P.1 que contre la souche originale. En revanche, le vaccin contre le pan-coronavirus n'a entraîné qu'une réponse immunitaire trois fois plus faible contre ces variants.

"Ce qui est important ici, c'est que vous commencez avec des réponses d'anticorps vraiment puissantes, puis elles diminuent légèrement lorsqu'elles entrent en contact avec l'un des variants, par rapport à un vaccin à ARNm qui commence plus bas et qui diminue encore plus lorsqu'il essaie de neutraliser ou de bloquer l'un des variants", a expliqué Kevin Saunders. On ne sait toutefois pas encore comment le vaccin contre le pan-coronavirus se positionnerait par rapport aux injections de rappel développées par Pfizer et Moderna.

Traitement d'échantillons de sang provenant de l'essai clinique de Moderna à Miami, en Floride, le 2 septembre 2020.  Taimy Alvarez/AP

Le potentiel futur vaccin repose sur une technologie différente de celle des vaccins de Pfizer et Moderna. Ces deux derniers demandent à l'organisme de produire la protéine Spike du coronavirus, qui l'aide à se fixer aux cellules et à y pénétrer. Cela incite ensuite notre système immunitaire à produire des anticorps pour neutraliser cette protéine. Ainsi, si nous rencontrons le virus dans la vie réelle, notre corps peut le reconnaître et le combattre.

Le candidat vaccin pan-coronavirus de Kevin Saunders, quant à lui, injecte dans l'organisme un fragment de la protéine Spike, qui joue un rôle clé dans l'invasion de nos cellules par le virus. "Le raisonnement était que si l'on pouvait générer une réponse immunitaire contre cette partie clé du virus, on obtiendrait des réponses protectrices qui empêcheraient le virus de pénétrer dans les cellules et de se répliquer", a exposé Kevin Saunders.

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Empêcher le coronavirus de devenir comme la grippe

Une publicité proposant des vaccins gratuits contre la grippe dans la ville de New York, le 21 août 2020.  John Nacion/SOPA Images/LightRocket/Getty Images

Les scientifiques prédisent que nous ne serons jamais totalement débarrassés du nouveau coronavirus, car tout le monde ne choisira pas de se faire vacciner et certains pays mettront des années à distribuer les vaccins. "On pense actuellement que ce virus s'est répandu dans tellement de régions du monde qu'il y aura toujours un faible niveau d'infection endémique", a déclaré Kevin Saunders. Tant que le coronavirus se répand, il peut muter, ce qui nécessiterait des rappels périodiques.

Prenons l'exemple de la grippe saisonnière (un descendant de la pandémie de grippe espagnole de 1918) : les virus de la grippe mutent très rapidement, si bien que nous devons constamment mettre à jour les vaccins contre la grippe pour vaincre les nouvelles souches.

Les scientifiques doivent choisir les souches de grippe à protéger dans les vaccins presque un an à l'avance si bien que, parfois, les vaccins ne correspondent pas aux souches dominantes en circulation. Au cours d'une bonne année, les vaccins contre la grippe sont efficaces à environ 60%, mais au cours d'une mauvaise année, leur efficacité peut n'être que de 20%.

L'objectif d'un vaccin universel est de "devenir l'opposé de ce qu'est actuellement le vaccin contre la grippe", a déclaré Kevin Saunders. "Il ne s'agirait pas d'un vaccin saisonnier", a-t-il ajouté. "Il s'agirait d'un vaccin que vous recevriez et qui, tant que votre immunité protectrice resterait à un certain niveau, ne nécessiterait pas une nouvelle vaccination."

Version originale : Aria Bendix/Insider

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