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Il y a une réunion importante de la BCE aujourd'hui — voici ce que tout le monde attend

Il y a une réunion importante de la BCE aujourd'hui — voici ce que tout le monde attend
© REUTERS/Ralph Orlowski

Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) se réunit ce jeudi à Francfort et la réunion sera particulièrement suivie par les investisseurs, qui vont se montrer attentifs à la politique monétaire — qui devra limiter la hausse de l'euro — et à la succession de Mario Draghi.

La communication des banques centrales est l'un des éléments à surveiller en priorité sur les marchés dans un contexte de croissance soutenue justifiant une normalisation monétaire.

"Ces hésitations sur les actions de la BCE créent un retard de performance des actions européennes vis-à-vis du marché américain", a indiqué la semaine dernière Andréa Tuéni, analyste chez Saxo Banque.

La publication, le 11 janvier, du compte-rendu de la réunion de décembre a nourri la nervosité croissante des marchés. On y lisait que l'institution de Francfort pourrait faire évoluer sa communication en ce début d'année et ajuster progressivement son discours pour refléter une amélioration des perspectives économiques.

En zone euro, l'un des risques à court terme reste le renchérissement de la monnaie unique, qui a freiné la progression des actions en comparaison avec Wall Street, où les records se sont enchaînés.

"Ils ne peuvent pas à la fois préparer la fin de la politique de rachats d'actifs et procéder à une hausse de taux. Ce serait mettre la charrue avant les boeufs", déclare Nicolas Forest, directeur de la gestion obligataire de Candriam, interrogé par Reuters.

Voici ce que tout le monde attend:

  • La poursuite de rachats d'actifs au moins jusqu'en septembre, à un rytthme de 30 milliards par mois. La BCE contribue depuis trois ans à limiter les coûts d'emprunt dans la zone euro via de massifs rachats d'actifs, dans l'espoir que cette politique stimule la demande de crédit et alimente ainsi l'inflation.
  • Un éventuel changement de la 'forward guidance' (le pilotage des anticipations) qui pourrait faire grimper l'euro, "ce qui aurait un impact sur la reprise économique européenne", a fait observer la semaine dernière Andréa Tuéni. Mario Draghi devra opérer "un numéro d'équilibriste". De nombreux intervenants de marché estiment la juste valeur de l'euro autour 1,25 dollar. La marge de progression est limitée: l'euro a atteint pendant la séance 1,24 dollar, pour la première fois depuis décembre 2014
  • Pas de hausse de taux d'intérêt avant 2019. L'une des raisons incitant la BCE à la prudence est l'inflation dans la zone euro qui tarde à se réveiller. Elle vient ainsi d'être confirmée à 1,4% sur un an en décembre soit bien loin de l'objectif de la BCE d'une inflation très légèrement inférieure à 2%.
  • La succession de Mario Draghi. Le président de la BCE quittera ses fonctions le 31 octobre 2019, à l'issue de son mandat. Si officiellement personne n'a fait acte de candidature, Jens Weidmann, actuel directeur de la Bundesbank (banque centrale allemande) et président de la Banque des règlements internationaux (BRI), est le mieux placé. Mais le journal Les Echos croit savoir que François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France, serait intéressé.

Notons que les Bourses européennes ont fini mercredi nettement dans le rouge, pénalisées par la vigueur de l'euro sur fond de chute du dollar à la veille de la réunion de la BCE. le CAC 40 a perdu 0,72% à 5.495,16 points.

Business Insider
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