Ce qu'a répondu Michel-Édouard Leclerc aux députés

Ce qu'a répondu Michel-Édouard Leclerc aux députés

Le PDG du Groupe E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, en 2015. Wikimedia Commons/ActuaLitté

Dans un contexte déjà agité pour le groupe E.Leclerc, Michel-Édouard Leclerc était entendu mercredi après-midi par les députés membres de la commission d'enquête parlementaire sur les pratiques de la grande distribution. L'objectif de cette commission est de faire toute la lumière sur les négociations entre les distributeurs et les industriels. Dans un contexte très tendu ces dernières années avec une guerre des prix sans merci, les députés ont souhaité enquêter sur les pratiques commerciales actuelles. Ces auditions interviennent également dans le cadre de la mise en place de la loi Alimentation (Egalim) en début d'année, loi qui autorise les distributeurs à relever leur prix jusqu'à 10% sur certains produits afin de mieux rémunérer les agriculteurs.

La confrontation était attendue et l'emblématique patron du groupe E.Leclerc n'a pas déçu. Dans une ambiance caniculaire, la climatisation étant tombée en panne, Michel-Édouard Leclerc a répondu durant près de trois heures aux questions des députés. Il a choisi comme à son habitude l'attaque plutôt que la défense, commençant selon Le Parisien par lancer : "Je trouve que votre commission est à charge contre mon métier, les distributeurs. Vous ne faites pas trop dans la nuance."

'Quand on ne sait pas quoi donner aux agriculteurs, on tape sur les distributeurs'

Questionné sur les pratiques du distributeur vis-à-vis des industriels bien sûr, mais aussi des agriculteurs ou encore sur la loi Egalim, Michel-Édouard Leclerc se défend pied à pied, rapporte La Chaîne Parlementaire : "Dans les négociations internationales moi, je n'ai pas d'état d'âme ! Nos centres Leclerc n'ont pas d'état d'âme. [Les industriels] sortent des marges de 15 à 18%. Ricard c'est le roi de la marge en Europe et dans le monde ! La défense de l'agriculture française ne passe pas par Ricard". Le patron de Leclerc accuse ainsi les élus de s'intéresser un peu trop aux intérêts des industriels. "Ces acteurs fabriquent pour la plupart en France", lui répond Grégory Besson-Moreau, rapporteur LREM de la commission d'enquête. "Monsieur Leclerc, expliquez-moi comment depuis 5 ans, en achetant tous les ans moins cher, celui qui est en bout de ligne, l'agriculteur, pourrait être mieux rémunéré par l'industriel ?", a-t-il ajouté.

Quand le député LR du Pas-de-Calais, Daniel Fasquelle, lui reproche sept assignations en justice depuis 14 ans par différents fournisseurs, Michel-Édouard Leclerc se défend encore : "L'ère des assignations devient un outil économique : quand on ne sait pas quoi donner aux agriculteurs, on tape sur les distributeurs". Bateleur et combatif, il réaffirme néanmoins à la fin de l'audition son souhait de "sortir par le haut" et échange avec le président de la commission, le député UDI d'Ille-et-Vilaine Thierry Benoît, sur quelques pistes d'améliorations. "On peut faire mieux mais ne nous faites pas passer pour le mauvais élève de la classe", résume-t-il toujours selon Le Parisien. Les résultats de la commission d'enquête seront connus en septembre.

Une amende record de 117,3 millions d'euros pour Leclerc

Cette audition était très attendue et arrive au cours d'une semaine déjà bien chargée pour Leclerc avec l'annonce lundi dernier de la décision de Bercy de lui infliger une amende record de 117,3 millions d'euros pour pratiques commerciales abusives. Le ministère de l'Économie et des Finances accuse en effet le distributeur d'avoir fait pression sur ses fournisseurs lors de négociations commerciales, notamment par le biais de sa centrale d'achat Eurelec située en Belgique. Leclerc a d'ores et déjà annoncé vouloir contre-attaquer et a décidé de saisir la Cour de justice de l'Union européenne. Le calendrier sera donc chargé pour l'entreprise dans les mois à venir.

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  1. Ley

    Le patron de Leclerc accuse ainsi les élus de s'intéresser un peu trop aux intérêts des industriels. "Ces acteurs fabriquent pour la plupart en France", lui répond Grégory Besson-Moreau, rapporteur LREM de la commission d'enquête. "Monsieur Leclerc, expliquez-moi comment depuis 5 ans, en achetant tous les ans moins cher, celui qui est en bout de ligne,

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