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Ce que le CETA va changer dans votre alimentation


L'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, ou CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement), a été ratifié mardi 23 juillet 2019 par l'Assemblée nationale. Ce traité, très controversé jusqu'au sein même de la majorité, a été adopté par 266 voix contre 213 et 74 abstentions. Censé faciliter les échanges commerciaux entre les deux régions, il cristallise de nombreuses craintes concernant l'alimentation. Notamment de la part de la filière française de l'élevage qui a peur de l'importation de viande canadienne dopée aux hormones ou aux farines animales. Pour démêler le vrai du faux, voici les changements qui devraient arriver (ou pas) dans nos assiettes.

Au Canada, il est possible pour les éleveurs bovins de nourrir leur bétail avec des farines animales faites à partir de bœuf. Ces farines sont en partie constituées de sang, de poils ou de gras de bœuf que l'on chauffe à très haute température pour les transformer en aliments. Ce type de nourriture est actuellement interdit dans l'UE afin d'éviter tout cannibalisme et pour respecter une certaine éthique animale. Dans le cadre du CETA, rien n'est prévu pour stopper ces importations, ni même pour en informer les consommateurs : vous pourrez donc bientôt manger du bœuf nourri au bœuf. Cette viande ne poserait néanmoins aucun problème de santé à proprement parler. Ce n'était pas le cas des farines animales impliquées dans la crise de la "vache folle" qui étaient, elles, fabriquées à base de carcasses impropres à la consommation.

Pas de bœuf aux hormones ou de saumon transgénique dans nos assiettes

Autre changement à venir, le colza OGM. Le Canada, plus grand exportateur de colza au monde, a développé des semences génétiquement modifiées pour être plus résistantes aux herbicides : ce colza OGM permet ainsi une optimisation des rendements. Son importation est déjà autorisée dans l'Union européenne mais la mise en place du CETA pourrait encore plus faciliter son déploiement sur le marché européen. Pour le moment, ce colza est majoritairement prévu pour le bétail : en Europe, tout produit OGM destiné à la consommation humaine doit en effet être étiqueté comme tel.

D'autres rumeurs ont circulé ces derniers jours concernant le bœuf ou le poulet aux hormones : le Canada autorise bien les hormones de croissance pour ses bovins ou volailles, mais l'importation dans l'Union européenne de viande issue d'animaux traités aux hormones restera interdite. Une autre fausse information concerne le saumon transgénique. Le Canada commercialise en effet depuis 2017 un saumon génétiquement modifié : développé par un laboratoire américain, ce poisson grandit deux fois plus vite que la normale et atteint sa taille adulte en 18 mois au lieu de 3 ans. Sa mise sur le marché restera néanmoins interdite au sein de l'UE, le CETA ne changera pas cette règle.

Nicolas Hulot s'inquiète du colza traité à l'herbicide 2,4-D

Dernier sujet de polémique ces derniers jours ? Le colza traité à l'herbicide 2,4-D cité notamment dans la tribune de Nicolas Hulot, ancien ministre de l'Environnement, concernant les dangers éventuels de la mise en place du CETA. L'herbicide 2,4-D, considéré "possiblement cancérigène" par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), est également suspecté d'être un perturbateur endocrinien. Selon nos confrères du Point, la Commission européenne a confirmé avoir été sollicitée par le Canada et les États-Unis pour assouplir la limite maximale de résidus de cet herbicide. Elle a également précisé qu'elle y répondrait défavorablement, souhaitant maintenir la limite actuelle autorisée.

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