Ce que l'on sait sur le Libra, la nouvelle cryptomonnaie que Facebook va lancer en 2020

Ce que l'on sait sur le Libra, la nouvelle cryptomonnaie que Facebook va lancer en 2020

Tim Bennett/Unsplash

Un paiement uniquement sur internet et une monnaie qui repose sur la technologie de la blockchain, c'est le projet que doit présenter Facebook ce mardi 18 juin 2019. Baptisée "Libra" (balance en latin), cette nouvelle cryptomonnaie fait déjà trembler le secteur bancaire aux États-Unis. Et pour cause : le réseau social s'est associé à de nombreuses grandes entreprises de la tech pour développer son nouveau projet, qui devrait voir le jour au premier trimestre 2020 dans une douzaine de pays.  

Surnommée en interne "GlobalCoin" comme le rapporte la BBC, cette nouvelle monnaie virtuelle permettra aux utilisateurs du réseau social, mais également de ses autres applications comme Whatsapp ou Instagram, de payer des services et d'envoyer de l'argent partout dans le monde, sans passer par les banques traditionnelles. Avec ce nouveau projet, Facebook compte se diversifier et générer de nouvelles sources de revenus. Une manière de redorer son blason après le scandale de Cambridge Analytica qui a entaché sa réputation l'année dernière. 

Voici ce que l'on sait sur Libra, la nouvelle crypto-monnaie de Facebook : 

Libra permettra aux 2,27 milliards d'utilisateurs actifs de Facebook de s'envoyer de l'argent, mais aussi de payer chez les commerçants partenaires, sans aucun frais.

Facebook va permettre aux internautes d'acheter des services et des produits dans l'environnement Facebook (qui comprend également Messenger, Instagram et Whatsapp), mais aussi de transférer de l'argent entre particuliers, une pratique déjà courante grâce aux applications de transfert d'argent comme Lydia ou Pumpkin. Le DG de Facebook Mark Zuckerberg souhaite à terme qu'il soir "aussi facile d'envoyer de l'argent qu'une photo à quelqu'un". 

Facebook s'est associé à 27 partenaires dont Uber, Spotify et eBay.

Uber, MasterCard, Spotify, Stripe, Visa, Booking, Paypal ou encore Iliad (de Xavier Niel) font déjà partie de la liste de partenaires de Facebook et ont chacun investi au moins 10 millions de dollars (8,9 millions de dollars), selon Les Echos. Les utilisateurs du réseau social pourront donc bientôt réserver directement sur leur téléphone, sans rentrer leurs coordonnées bancaires, des billets d'avion ou des courses Uber. Selon une enquête de The Information, le réseau social espère recruter jusqu'à 100 partenaires pour avoir un noyau dur pour son réseau.

C'est un Français, David Marcus, qui est à la tête du projet.

Cet ancien de Paypal avait d'abord été débauché par Mark Zuckerberg pour travailler sur l'application Messenger en 2014. Et ce n'est pas par hasard qu'il a été désigné pour piloter ce nouveau projet de cryptomonnaie : il a créé de nombreuses entreprises étant plus jeune, notamment dans le paiement mobile, comme le rapportent Les Echos. David Marcus a également été membre du conseil d'administration de la plateforme Coinbase, l'une des places de marché les plus importantes pour acheter et vendre des devises virtuelles, selon Numerama.  

Son cours sera indexé sur les 4 plus grandes monnaies au monde.

Libra est une monnaie non spéculative, contrairement au bitcoin. Elle devrait être relativement stable puisqu'elle sera indexée au dollar, à l'euro, au yen et à la livre. Les spécialistes parlent même de "stable coin".

Contrairement au Bitcoin, Libra est une blockchain 'privée'.

Thought Catalog/ Unsplash

Si le Bitcoin et le Libra sont tous deux des cryptomonnaies, il existe tout de même de grandes différences entre les deux devises, dont notamment le type de blockchain. Le Bitcoin repose sur une blockchain publique, c'est-à-dire ouverte et décentralisée, tandis que la blockchain Libra est "privée". C'est une blockchain "permissionnée" où seuls les 28 partenaires, seuls acteurs autorisés, peuvent se connecter.

Les utilisateurs de cette cryptomonnaie ne paieront pas de commissions.

C'est ainsi que Facebook compte démocratiser cette nouvelle cryptomonnaie : ses utilisateurs vont pouvoir convertir en ligne leur monnaie nationale en Libra, sans payer de commission. Une fois que la devise sera diffusée de façon massive, Facebook pourra sûrement proposer des services payants comme ceux qu'offrent les banques.

Un service certes gratuit, mais qui signifie que les entreprises partenaires pourront échanger un nombre conséquent de données sur les utilisateurs. Pour les partenaires de Facebook, "c'est un moyen de cibler encore plus les clients, une manière de pouvoir encore mieux développer leur offre", a expliqué à Franceinfo Nathalie Janson, enseignante-chercheuse à la Neoma Business School et spécialiste des questions monétaires. 

Une monnaie qui fait déjà débat.

La création de cette devise virtuelle inquiète les Etats et les banques traditionnelles puisqu'il est probable que Facebook incite ses 2,27 milliards d'utilisateurs à payer leurs achats dans cette nouvelle monnaie plutôt qu'une monnaie classique, avec certainement des réductions disponibles. Par ailleurs, en affaiblissant le secteur bancaire, cette nouvelle crypto-monnaie pourrait également accroître les risques de blanchiment d'argent et priver les Etats d'une grande partie des taxes qu'ils collectent, comme le précise LCI

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  1. Excellent article et très intéressant à lire !

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