Ce que PSA pourra apporter à Fiat Chrysler, et inversement

Les constructeurs français PSA et italo-américain Fiat Chrysler Automobiles (FCA) ont officialisé jeudi 31 octobre leur projet d'alliance, dans un communiqué commun. "Les discussions en cours ouvrent la voie à la création d'un nouveau groupe avec une taille et des ressources d'envergure mondiale, dont le capital serait détenu à 50% par les actionnaires du groupe PSA et à 50% par les actionnaires de FCA", précisent les deux constructeurs automobiles.

La société mère de la nouvelle entité sera néerlandaise et son conseil d'administration comprendra "une majorité d'administrateurs indépendants", avec John Elkann, patron de Fiat Chrysler, au poste de président, tandis que Carlos Tavares, président du directoire de PSA, deviendrait le directeur général. Grâce à cette fusion, les deux groupes espèrent parvenir à des synergies "annuelles et progressives" d'environ 3,7 milliards d'euros. Le tout "sans fermeture d'usine", assurent-ils.

Pour PSA, une porte d'entrée sur le marché américain

Le chiffre d'affaires consolidé de ce qui deviendrait le 4e plus grand constructeur mondial est évalué à 170 milliards d'euros. PSA et Fiat Chrysler, qui écoulent à eux deux 8,7 millions de véhicules par an, apparaissent complémentaires sur le papier. "Le portefeuille étendu des deux entreprises combinées couvrirait tous les segments de marché avec des marques emblématiques et des produits forts, basés sur des plateformes rationalisées et l'optimisation des investissements concernant les modèles", s'enthousiasment les deux groupes. 

PSA peut notamment compter sur Fiat Chrysler pour revenir sur le marché américain, notamment grâce aux marques Jeep et aux modèles Dodge RAM de son futur allié, qui détient des parts de marchés importantes et devrait profiter des belles perspectives de croissance sur le secteur des SUV et des pick-up. Le groupe engrange l'essentiel de ses revenus outre-Atlantique, qui se sont élevés à 72,4 milliards d'euros l'an dernier dans la région "Nafta", comprenant le Canada, les Etats-Unis et le Mexique.

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Dans cette aire géographique, Fiat Chrysler comptait aussi à fin décembre 2018 pas moins de 35 usines, 12 centres de recherches et développement et 94 000 employés. En Amérique du Sud, le constructeur réalise par ailleurs un chiffre d'affaires annuel de 8,2 milliard d'euros, contre 3,8 milliards pour PSA en Amérique latine. 

Enfin, FCA pourrait compléter l'offre de PSA avec ses marques italiennes haut de gamme Alfa Romeo et Maserati.

Pour Fiat Chrysler, l'opportunité de se renforcer en Europe et dans l'électrique

Pour Fiat Chrysler, l'alliance avec PSA doit lui permettre de se renforcer en Europe, où ses ventes ont baissé de 2,3% en 2018, selon BFM Business. La marque Fiat a même chuté de 8,8% sur le continent et de 20% en Italie. A l'inverse, PSA est très dépendant de l'Europe, dont il tire la majorité de ses revenus. Son chiffre d'affaires a atteint 58 milliards d'euros l'an passé sur le Vieux Continent, sur 74 milliards de revenus au total à travers le monde. 

Fiat Chrysler peut aussi compter sur l'expertise de PSA pour réduire son retard dans l'électrification des véhicules. "Les objectifs fixés en matière de réduction des émissions de CO2 à l'horizon 2030 font que soit les constructeurs doivent être capables de faire de l'électrique, soit ils subiront des amendes considérables", rappelle au micro d'Europe 1 Flavien Neuvy, directeur de l'observatoire Cetelem de l'automobile.

En outre, le groupe italo-américain a "besoin d'un partenaire qui respecte les normes en matière de CO2", selon Gaëtan Toulemonde, analyste automobile pour la Deutsche Bank cité par L'Expansion. Fiat Chrysler paye déjà 600 millions de dollars par an à Tesla, simplement pour éviter de devoir s'acquitter de fortes amendes pour dépassement des normes d'émissions de dioxyde de carbone. L'accord financier signé avec le fabricant de voitures électriques lui permet de récupérer les "droits à polluer" du constructeur américain.

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Pour le moment, le projet de mariage entre PSA et Fiat Chrysler semble être accueilli favorablement par l'Etat français, actionnaire à 12% du constructeur français. Le gouvernement a néanmoins précisé qu'il resterait "particulièrement vigilant" sur le maintien de l'appareil industriel en France.

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  1. Jean

    Les usa par leur hégémonie financière au profit de magouilles géopolitiques pour s’attacher le pétrole saoudien et défendre Israël, ont décidé de mettre l’Iran sous embargo, pays dans lequel peugeot vendait 500 000 voitures par an, et c’est par ces mêmes États-Unis que Peugeot trouve un nouveau marché sur leur territoire.
    L’Europe vieillissante et les américains décrépis sont les pompiers pyromanes des problèmes de ce monde en donnant les bons points à ceux copiant leur modèle de vie et fustigeant les autres.
    Mais la donne a changé, les puissances émergentes sapent l’occident.

  2. Alban delescarmouche

    Le déclin, la découpe en petite entités hors de France , le vol de brevets sur les petits moteur , Mercedes l’a bien compris et c’est sauvé. Il n’y aura bientôt plus de PSA en France

  3. cr

    J’adore la société mère hollandaise . Groupe americano-italiano- francais . L’attractivité hollandaise et peu culturelle vu personne parle le Hollandais.
    L’apport général reste la multi plateforme usine pour modèle sur châssis identique , et les gains de synergies. Après , en terme de motorisation, il est clair que le diesel est en déclin et l’essence à terme aussi ( en France ça se voit sur les ventes ) avec une subvention technologique hybridation dans 1 premier temps et à terme un 0 émission total . Sur ce dernier sujet y a que Porsche , Audi , tesla qui globalement technologiquement parlant savent faire une bagnole elec . Après y a Toyota sur le O émission via l’hydrogène . Y a aucun constructeur qui a compris comment vendre des bagnoles au japonais dans 10 ans mais pas que chez eux .

  4. Cr

    Y a pas 1 constructeur hors Toyota qui a compris que produire le triple d’elec De la demande mondiale c’est pas possible surtout sur un Mix énergétique à la fois alternatif et continue ( prod) avec problematique stockage ... une demande elle globalement sur des pic journalier de jour .... . A partir de là , l’hydrogène l’energie De demain

  5. Cr

    J’ai une question aux intellectuels du monde , comment fait on pour charger la nuit des voitures elec qui en équivalent nombre voiture dans le monde quasiepent le triple de la production mondiale d’électricité avec de base un mix énergétique dont ils faut stocker si le jour y a du soleil et la nuit non ...
    comment on fait si c’est tous en même temps la journée ? Vous pensez faire une centrale nucléaire juste pour produire la journée ? Et le réseau transport il est fait pour ?

  6. Cr

    VOus serez jamais un japonais, vous êtes pas né japonais . La demande Électricité , pas énergie , Électricité, suivant le nb voiture dans le monde , et charger une voiture tant de jour comme de nuit , en plus d’un Réseau transport elec , vous êtes pas sur de l’electricité . Ça me semble évident dans une logique de transition énergétique de mobilité, définitive .

  7. Cr

    JE résume. On vous propose de produire de l’energie 0 carbone par un mix , dont la part d’enr Soleil et vent ne peut qu’augmenter. Que la transition mobilité à terme est sur l’ensemble des véhicules . Donc on a une prod jour globalement pour une demande colossale de nuit ( charger sa voiture chez soi ) => prod colossale soit de jour avec stockage ( donc un stockage colossale d’électricité) ou une prod colosalle de nuit .
    Rien que 100% elec par français c’est la prod total électricité du Danemark , vous produisez ça de jour pour stocker Pour charger la nuit un park automobile = une demande ? Le seul stockage intéressant c’est l’hydrogène en terme d’energie Pas l’elec .

  8. Cr

    Si on produit d’en l’hydrogène propre , via ENR , c’est Plus simple de faire des parcs offshore haute mer océan et relié à une barge pour produire de l’hydrogene et transport par bateau, Que faire des parcs éolien dans la limite des côtes avec un réseau transport , simplement car la superficie de la mer est plus grande en haute mer que ce qu’on fait aujourd’hui en terme de parc , et dont la mer ou l’océan globalement a un vent continu. Le pb de l’electricité c’est le produire , le transporter , le stocker , suivant le moment de la demande . Le pb de la demande , dans une transition E de la mobilité , l’energie Renouvelable semble limité non pas en terme de faisabilité de production mais en terme de lieu de prod et stockage , pour des quantités qui me semblent enormissime . Vous faites pas de l’enr éolien offshore a 500 km des cotes avec un câble de 500 km . L’energie Faudra bien la trouver où elle est surtout vis à vis en 1er de la superficie 😉 . Sinon je peux vous dire c’est Le nucléaire de façon continue en prod Max jour nuit qui répond à la demande globale de Demain .

    J’invite les compagnie pétrolière à réfléchir sur produire de l’Hydrogene vert pour leur horizon demain en terme d’activité avec leur propre outils ( plateforme usine couplé à des unités de production type éolien offshore haute mer ) . Si la surface océan est semble t il le 1er non continent , 1000km des côtes y a pas 1000 km de câble c’est aberrant en physique et en Électricité.

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