Julian Assange

Julian Assange après son arrestation, le 11 avril 2019. REUTERS/Hannah McKay

Julian Assange, fondateur du site WikiLeaks, a été arrêté jeudi par la police britannique à l'ambassade d'Equateur à Londres, où il s'était réfugié il y a près de sept ans. Les Etats-Unis ont demandé son extradition, l'accusant d'avoir cherché en 2012 à pirater un ordinateur du gouvernement américain. Conduit dans un commissariat du centre de Londres, Julian Assange a été présenté jeudi après-midi à un juge qui l'a reconnu coupable d'avoir enfreint les règles de sa liberté conditionnelle il y a sept ans, alors que Stockholm le réclamait dans une affaire de viol présumé qui a finalement été close en 2017. Julian Assange, qui a plaidé non coupable, connaîtra ultérieurement sa condamnation. Il est passible de douze mois de prison.

Concernant la demande d'extradition américaine, le juge britannique a déclaré qu'il attendait d'ici le 12 juin le dossier que lui remettra la justice américaine. Celle-ci a annoncé jeudi avoir inculpé Assange de complot en vue de pirater en 2010 un ordinateur du gouvernement américain avec Chelsea Manning, ancienne analyste de l'US Army. Dans cette affaire, Julian Assange est passible de cinq ans de prison, a précisé le ministère américain de la Justice. Selon Washington, il a cherché en mars 2010 à aider Chelsea Manning à déchiffrer un mot de passe stocké sur des ordinateurs du département de la Défense connectés au réseau SIPRNet (Secret Internet Protocol Network), utilisé par le gouvernement pour les communications et les documents confidentiels.

L'Equateur a mis fin à l'asile diplomatique de Julian Assange

Agé de 47 ans, Julian Assange s'était réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres en juin 2012 pour ne pas risquer d'être envoyé en Suède, où il était accusé de viol, et de crainte aussi que les autorités britanniques décident son extradition vers les Etats-Unis après la publication sur WikiLeaks de documents confidentiels de l'administration américaine.

La police britannique a précisé avoir été invitée par l'ambassadeur d'Equateur à pénétrer dans l'ambassade, Quito ayant mis fin à l'asile diplomatique dont bénéficiait le lanceur d'alertes australien. Le président équatorien Lenin Moreno a souligné que cette protection avait été retirée à Julian Assange en raison, selon lui, de violations répétées des conventions internationales. Les relations entre les autorités équatoriennes et Julian Assange se sont détériorées depuis que ce dernier a été accusé d'avoir fait fuiter des informations sur la vie privée du président Moreno, violant ainsi, selon Quito, les conditions de son droit d'asile. 

WikiLeaks a accusé le gouvernement équatorien d'avoir violé le droit international en retirant l'asile politique à Julian Assange. A Quito, l'avocat du fondateur de WikiLeaks a dit craindre pour la vie de son client si celui-ci est extradé vers les Etats-Unis. Une vidéo diffusée jeudi matin sur internet montre plusieurs policiers entraînant hors de l'ambassade d'Equateur, peu après 09h00 GMT, un homme d'apparence frêle, cheveux blancs et barbe blanche. Assange criait: "C'est illégal, je ne pars pas !" Lenin Moreno a affirmé avoir obtenu par écrit de Londres l'engagement que Julian Assange ne serait pas extradé vers un pays où il risquerait la peine de mort ou la torture.


Julian Assange n'est pas 'un héros'

La Première ministre Theresa May, devant les députés de Westminster, a salué cette arrestation. Le ministre britannique de l'Intérieur, Jeremy Hunt, interrogé sur Sky News, a souligné qu'Assange n'était pas "un héros" et que son avenir serait décidé par la justice britannique en toute indépendance. "Personne n'est au-dessus des lois", a-t-il dit.

L'ancien président équatorien Rafael Correa a dénoncé l'arrestation du lanceur d'alertes et a accusé de "trahison" son successeur à la tête de l'Etat. "Le plus grand traître de l'histoire de l'Equateur et de l'Amérique latine, Lenin Moreno, a autorisé la police britannique à entrer dans notre ambassade à Londres pour arrêter Assange", a-t-il dit. "Moreno est un être corrompu mais ce qu'il a fait est un crime contre l'humanité qui ne sera jamais oublié", a ajouté l'ancien président.

Edward Snowden, autre lanceur d'alertes américain et ex-employé de la Central Intelligence Agency (CIA) et de la National Security Agency (NSA), qui s'est refugié en Russie, a déploré "un jour sombre pour la liberté de la presse". 

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