La Banque centrale européenne confirme la fin de son programme de rachat d'actifs — mais elle a d'autres moyens pour stimuler l'économie européenne

Le président de la BCE, Mario Draghi. REUTERS/Ralph Orlowski

La Banque centrale européenne (BCE) tenait sa réunion mensuelle sur l'évolution de sa politique monétaire, ce jeudi 13 décembre à son siège de Francfort, en Allemagne.

Le Conseil des gouverneurs, qui regroupe les six membres de son directoire et les 19 gouverneurs des banques centrales de la zone euro, n'a pas créé la surprise. 

Le président de la BCE, Mario Draghi, a fait les annonces suivantes à l'issue de la réunion:

  • La BCE laisse ses taux directeurs inchangés, "au moins jusqu'à l'été 2019". Les taux d'intérêt des opérations principales de refinancement, ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt, demeurent donc respectivement à 0,0 %, 0,25 % et -0,4 %;
  • Comme prévu, elle met fin à son programme de rachats d'actifs dit "d'assouplissement quantitatif" ("quantitative easing" ou QE en anglais) à la fin du mois de décembre. Au total, environ 2600 milliards d'euros ont été consacrés à ce programme, destiné depuis 2015 à stimuler l'économie de la zone euro;
  • La BCE prévoit de continuer "aussi longtemps que nécessaire" à réinvestir la totalité des montants perçus à l'échéance des obligations qu'elle détient et qu'elle a acquises dans le cadre du QE;
  • Ses réinvestissement se poursuivront même lorsque l'institution aura commencé à relever ses taux d'intérêt. Ils seront effectués de manière régulière et équilibrée tout au long de l'année prochaine, pour ne pas perturber les marchés.

La Banque centrale européenne a par ailleurs revu à la baisse sa prévision de croissance pour la zone euro en 2019, alors que celle-ci a observé un ralentissement ces derniers mois, s'élevant à seulement à 0,2% au troisième trimestre, au plus bas depuis quatre ans.

Croissance et inflation revues à la baisse en 2019

"Les risques pesant sur les perspectives de croissance de la zone euro peuvent encore être considérés comme globalement équilibrés", a déclaré Mario Draghi, lors d'une conférence de presse à l'issue de la réunion du Conseil des gouverneurs, rapporte Reuters. Il a néanmoins souligné plusieurs incertitudes, "liées aux facteurs géopolitiques, à la menace du protectionnisme, aux vulnérabilités des marchés émergents et à la volatilité des marchés financiers".

Résultat, la BCE anticipe désormais l'an prochain une croissance de 1,7% du produit intérieur brut (PIB) pour la zone euro, contre 1,8% prévu en septembre. L'institution maintient en revanche sa prévision à 1,7% pour 2020 et annonce pour la première fois une croissance de 1,5% en 2021.

Du côté de l'inflation, la BCE a légèrement relevé sa prévision pour cette année, à 1,8%. Elle l'a en revanche abaissé à 1,6% pour 2019, contre 1,7% auparavant, et mise sur une hausse des prix de 1,7% en 2020 et 1,8% en 2021.

L'institution se fixe pour objectif de parvenir à une inflation légèrement inférieure à 2% à moyen terme.

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