Ce qu'il faut savoir sur la Kalachnikov, l'arme la plus répandue dans le monde

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Ce qu'il faut savoir sur la Kalachnikov, l'arme la plus répandue dans le monde
Bien que difficilement quantifiable, le bilan macabre de l'AK-47, en 74 ans d'existence, se chiffre probablement en millions de morts. © Wikimedia Commons

Quatre syllabes pour une arme des plus emblématiques : Kalachnikov. Depuis son adoption par l'Armée rouge en 1949, l'AK-47 s'est diffusée partout sur le globe et reste encore très répandue aujourd'hui. Peu chère, facile d'utilisation et surtout résistante à tous les temps, l'avtomat kalachnikova 1947 (pour "Kalachnikov automatique") fut partie prenante de tous les conflits qui ont ensanglanté la seconde moitié du XXe siècle : Vietnam, Afghanistan, Sierra Leone, Nicaragua, Liban...

L'effondrement de l'Union soviétique en 1991 et la période d'instabilité qui a suivi ont favorisé l'émergence puis l'explosion du trafic d'armes, notamment en provenance des pays d'Europe de l'Est — les ex-satellites de l'URSS cherchant à se défaire, à moindre prix, de stocks d'armes inutilisés. Un marché noir qui a, entre autres, profité à des organisations criminelles, terroristes ou paramilitaires.

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Le succès de l'arme a permis à son fondateur, Mikhaïl Kalachnikov, d'accéder à une notoriété soudaine dont il aura profité jusqu'à sa mort, à l'âge de 94 ans, en 2013. Bien qu'il n'aura pas touché un centime sur les ventes de son invention, l'ingénieur a, vers la fin de sa vie, tiré quelques profits de son patronyme en participant à certains événement ou en donnant son nom à une vodka.

Il a surtout été couvert de louanges par son pays. Érigé en "héros du travail socialiste" par l'URSS, il a reçu de multiples distinctions et un timbre à son effigie a même été imprimé par la poste russe après son décès. En 2017, Moscou a érigé une statue en son honneur.

Le timbre imprimé en hommage à Mikhaïl Kalachnikov en 2014, quelques mois après sa mort. Wikimedia Commons

Voici dix faits à savoir sur la Kalachnikov et son inventeur :

L'arme la plus meurtrière jamais produite par l'homme...

Tech. Sgt. H. H. Deffner/Wikimedia Commons

Bien que difficilement quantifiable, le bilan macabre de l'AK-47, en 74 ans d'existence, se chiffre probablement en millions de morts. En 2016, plus de 250 000 personnes sont mortes par armes à feu dans le monde — l'AK-47, qui représentait en 2007 environ 20 % de la totalité des armes en circulation à l'international, continue de contribuer lourdement à ce bilan.

À titre de comparaison, la bombe atomique, qui a frappé les villes d'Hiroshima et Nagasaki en 1945, a causé la mort d'environ 200 000 personnes.

"Si mon fusil a pris des vies, cela signifie-t-il que moi, Mikhaïl Kalachnikov, âgé de 93 ans, fils de paysanne, chrétien orthodoxe, je suis coupable de la mort de ces gens, même s'ils étaient des ennemis ?", se demandait le nonagénaire dans une lettre de repentance adressée au patriarche de l'église orthodoxe de Moscou, quelques mois avant sa mort. "Ma douleur spirituelle est insupportable."

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... et la plus répandue

Un soldat albanais tient un AK-47 en bandoulière, en septembre 2005. Dave Proffer/Wikimedia Commons

Les estimations varient, mais entre 75 et plus de 100 millions de Kalachnikov seraient actuellement en circulation dans le monde — ce qui représente un AK-47 pour 70 individus. Dans une lettre adressée aux Nations unies en 2006, son concepteur estimait que seul 10 % de cet arsenal avait été produit légalement : "Tous les autres sont des modèles pirates et des imitations sans licence."

Le M16, entré en service dans l'armée américaine en 1964, n'a été produit de manière conventionnelle qu'à 8 millions d'exemplaires.

Elle est inspirée d'un fusil allemand de la Seconde Guerre mondiale

Un exemplaire du fusil allemand Sturmgewehr 44, modèle ayant inspiré Mikhaïl Kalachnikov.  Wikimedia Commons

Mikhaïl Kalachnikov a été blessé en 1941 lors de l'invasion de l'URSS par l'Allemagne nazie. Il était alors engagé dans une division blindée. Impressionné par la supériorité de l'arsenal allemand, il s'inspire d'un des meilleurs fusils d'assaut de l'époque, le Sturmgewehr 44, pour l'ébauche de ce qui deviendra l'avtomat kalachnikova 1947. Le Sturmgewehr 44 permettait aux soldats de passer d'une rafale de tirs rapides de courte distance à un tir plus précis de longue distance.

Mikhaïl Kalachnikov l'a adapté pour en faire une arme légère — moins de 5 kg, extrêmement résistante et d'une facilité d'utilisation déconcertante. "C'est pourquoi j'ai conçu cette arme fiable, efficace et simple — pour défendre la patrie", a-t-il écrit aux Nations unies.

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Une arme peu précise mais facile à entretenir

Des Irakiennes démontent des fusils d'assaut AK-47 lors d'une formation aux armes pour les recrues en formation de base à l'Académie de police irakienne à Karbala, en 2009. U.S. Navy photo by Mass Communication Specialist 1st Class Wendy Wyman/Wikimedia Commons

L'AK-47 n'est pas le plus précis des fusils d'assaut. Avec le M16, les Américains se sont rapidement dotés d'une arme puissante et très efficace. Mais la guerre du Vietnam est venue confirmer la robustesse à toute épreuve de la Kalachnikov.

"Les enraillages [du M16] étaient chroniques, apparemment dus à des défauts de conception initiaux de l'arme, à des problèmes de fabrication de la poudre à canon et au fait que les soldats ne nettoyaient pas régulièrement l'arme dans l'humidité et la poussière de la jungle. En revanche, l'AK-47 semblait presque indestructible, en partie grâce à sa construction plus simple", écrivait l'historien militaire américain Victor Davis Hanson en 2011. "À la fin des années 1960, les soldats démontent, nettoient et remontent l'arme en deux fois moins de temps qu'avec le M16."

Peu onéreuse

Wikimedia Commons

L'AK-47 a pu s'exporter sur toute la planète grâce à des prix agressifs — rendus possible par de faibles coûts de production — encore davantage tirés vers le bas après la chute du bloc communiste.

"Ironiquement, les États-Unis sont finalement devenus le plus gros acheteur d'AK-47 dans leurs efforts pour fournir à des alliés plus pauvres — comme certaines régions de l'ex-Yougoslavie, l'Irak post-Saddam et l'Afghanistan — des fusils d'assaut bon marché et fiables, sans que leur propre signature ne soit visible", affirme Victor Davis Hanson.

En 2017, l'ONG Global Financial Integrity a voulu estimer le coût moyen d'une Kalachnikov au marché noir : une arme d'origine s'obtenait contre 600 dollars (environ 507 euros) en Afghanistan, là où une contrefaçon mexicaine était vendue à seulement 148 dollars (environ 125 euros).

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L'arme équipe actuellement les armées de 106 pays

Une recrue de la police locale afghane tire avec un AK-47 lors d'une classe d'armement dans le district de Latif (province de Ghazni) en Afghanistan, le 1er avril 2012. MC1 David Frech/Wikimedia Commons

L'AK-47 et ses variantes restent utilisées par les infanteries de plus de cent pays. Le Mozambique est allé jusqu'à mettre l'arme à l'honneur sur son propre drapeau.

Le fusil d'assaut a aussi été érigé... en monument

Le monument commémorant la bataille d'Ismailia, ville située sur la rive ouest du canal de Suez, où se sont affrontés Égyptiens et Israéliens en 1973. Wikimedia Commons

Aussi surprenant que cela puisse paraître, c'est bien la Corée du Nord qui a fait cadeau à l'Égypte de ce monument en forme d'AK-47 équipée d'une baïonnette. La construction en béton commémore la bataille d'Ismailia, qui a opposé l'armée égyptienne aux forces israéliennes lors de la guerre du Kippour en octobre 1973. Les Égyptiens, majoritairement équipés d'AK-47, ont tenu leurs positions à l'ouest du canal du Suez pour empêcher l'armée israélienne de leur couper une ligne d'approvisionnement critique.

Les combats avaient pris fin grâce à un cessez-le-feu décrété par l'ONU, le 22 octobre 1973.

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Son concepteur a donné son nom à une vodka

La statue de Mikhaïl Kalachnikov lors de son inauguration, en 2017.  Салават Щербаков/Wikimedia Commons

En 2004, un entrepreneur britannique est parvenu à convaincre Mikhaïl Kalachnikov, alors âgé de 84 ans, de donner son nom à une marque de vodka. Distillée à Saint-Pétersbourg, elle affichait 41° au compteur.

Saddam Hussein possédait plusieurs exemplaires de Kalachnikov en plaqué or

Saddam Hussein lors de sa capture par les forces spéciales américaines à Tikrit (Irak), le 13 décembre 2003.  Wikimedia Commons

Le dictateur irakien, renversé par l'invasion américaine de 2003, aimait collectionner les armes en plaqué or. Les forces de la coalition menée par les États-Unis en ont retrouvé un certain nombre, et notamment un Tabuk doré, version irakienne de l'AK-47. Lors de sa capture, Saddam Hussein a été retrouvé, entre autres, avec deux Kalachnikov classiques.

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Le fusil accompagnait Oussama ben Laden à chacune de ses apparitions

L'ancien chef du réseau terroriste Al-Qaïda donne une interview en novembre 2001, accompagné de celui prendra sa place après sa mort, Ayman al-Zawahiri. Hamid Mir/Wikimedia Commons

Un AK-47 faisait toujours partie du cadre lors des apparitions vidéo de l'ancien chef d'Al-Qaïda. Une habitude à laquelle goûtait peu son concepteur russe.

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