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Ce qu'on attend de la mission chinoise Chang'e-5 sur la Lune

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Ce qu'on attend de la mission chinoise Chang'e-5 sur la Lune
Mons Rümker sur Oceanus Procellarum. © David Woods/NASA

La Chine a fait atterrir son vaisseau spatial sur la Lune pour une ambitieuse mission de collecte de roches. L'Administration spatiale nationale chinoise (CNSA) avait brusquement interrompu son direct environ une demi-heure avant l'atterrissage mardi. L'agence a ensuite annoncé que le vaisseau spatial s'était posé, selon la CGTN. L'atterrisseur est l'un des quatre robots de la mission Chang'e-5, qui vise à rapporter un échantillon de la surface lunaire sur Terre avant la fin de 2020.

En cas de succès, ce sera la première fois qu'un pays rapportera de la roche lunaire chez lui en plus de 40 ans. Le bras robotique de l'atterrisseur est programmé pour percer la surface lunaire sur environ 1,5 mètre de profondeur afin de recueillir 1,5 kg de roche et de poussière lunaires dans une région encore inexplorée : une plaine volcanique appelée Mons Rümker. Ce matériel pourrait fournir de nouvelles informations sur l'activité volcanique passée de la Lune.

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Une illustration de la descente de Chang'e 5 sur la surface lunaire.  NASA

Le bras robotique devrait ensuite transférer l'échantillon vers un module situé sur le dessus de l'atterrisseur. Une fois l'échantillon sécurisé, ce module devrait décoller pour rejoindre l'orbiteur de la mission, qui tourne actuellement autour de la Lune, remorquant un module de retour sur Terre. Si tout se passe bien, le trio de robots reviendra ensuite sur Terre avec la roche lunaire, et devrait se poser en Mongolie intérieure mi-décembre.

"C'est une mission vraiment audacieuse", a déclaré David Draper, le scientifique en chef adjoint de la NASA, au New York Times. "Ils vont faire bouger les choses en ce qui concerne la compréhension de beaucoup de choses qui sont importantes sur l'histoire lunaire."

'Nous allons réécrire l'histoire de la Lune'

Les précédents échantillons de roches lunaires prélevés par les États-Unis et l'Union soviétique ont conduit les scientifiques à conclure que les volcans étaient actifs sur la surface lunaire il y a environ 3 milliards d'années. Mais les scientifiques estiment que des régions comme la plaine de Mons Rümker pourraient avoir accueilli une activité volcanique il y a 1,2 milliard d'années, sur la base d'observations de la surface lunaire. "Nous allons réécrire l'histoire de la Lune", a déclaré à la revue Nature Xiao Long, géologue planétaire à l'Université chinoise des géosciences de Wuhan.

REUTERS

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L'analyse des roches lunaires pourrait aider les scientifiques planétaires à comprendre comment la Lune a pu soutenir une activité volcanique pendant des milliards d'années. "La Lune est petite, donc son moteur thermique aurait dû s'arrêter il y a longtemps", a déclaré à Nature Clive Neal, un géoscientifique de l'Université de Notre Dame dans l'Indiana.

Les roches pourraient également aider les scientifiques à déterminer l'âge de régions d'autres planètes comme Mars. Les chercheurs étudient cela en analysant l'âge des échantillons de roches lunaires, puis en comptant les cratères des régions de la Lune où ces échantillons ont été prélevés. Un plus grand nombre de cratères indique une région plus ancienne, car les impacts ont eu plus de temps pour s'accumuler, et le système solaire du début était plus violent que celui d'aujourd'hui.

Jusqu'à présent, les scientifiques n'ont pu étudier que des échantillons de roche lunaire provenant de régions lunaires vieilles d'au moins 3 milliards d'années. Comme la plaine de Mons Rümker semble être beaucoup plus jeune, les échantillons de la région pourraient aider les scientifiques à estimer plus précisément son âge. Les scientifiques peuvent ensuite estimer l'âge d'autres régions planétaires en comparant le nombre de cratères que leur surface présente par rapport à la Lune.

La NASA et la Chine font la course à la Lune

La mission Chang'e-5 a été lancée tôt le 24 novembre depuis le centre de lancement de satellites chinois de Wenchang, sur l'île de Hainan. Il s'agit de la sixième d'une série de missions ambitieuses menées par la Chine pour explorer la Lune, ce qui pourrait potentiellement conduire à la construction d'une base humaine.

C'est la troisième fois que la CNSA fait atterrir un robot sur la surface lunaire. L'agence dispose maintenant de sept engins spatiaux opérant sur la Lune ou sur son orbite, selon le correspondant de SpaceNews, Andrew Jones.

La NASA a des ambitions similaires et voudrait construire une base lunaire permanente, mais elle n'a pas encore lancé les missions nécessaires pour atteindre cet objectif. L'agence n'a rien fait atterrir sur la Lune depuis 1972.

Un concept artistique du camp de base Artemis.  NASA

Cependant, la NASA et la société spatiale SpaceX d'Elon Musk ont réussi à envoyer deux équipages d'astronautes à la Station spatiale internationale cette année, soit la première fois que les États-Unis lancent des astronautes depuis 2011. Ces missions ont ouvert la voie à un nouvel alunissage, que la NASA prévoit d'effectuer en 2024.

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L'agence prévoit également d'envoyer son premier rover au pôle sud de la Lune pour cartographier ses réserves de glace en 2023.

Une illustration du système d'alunissage Griffin d'Astrobotic. Astrobotic

Pour préparer la résidence humaine sur la lune, la NASA a rédigé les Accords Artemis — une série de promesses pour que l'exploration spatiale reste pacifique, collaborative et durable. Neuf pays ont signé les accords cette année, mais la Chine n'en faisait pas partie. La NASA n'a pas été en mesure de collaborer avec la Chine depuis que le Congrès lui a interdit de le faire en 2011.

Néanmoins, l'administrateur associé de la NASA, Thomas Zurbuchen, a félicité la Chine pour son atterrissage mardi. "Ce n'est pas une tâche facile", a-t-il écrit sur Twitter. "Lorsque les échantillons collectés sur la Lune seront rendus à la Terre, nous espérons que tout le monde profitera de cette précieuse cargaison qui pourrait faire avancer la communauté scientifique internationale".

Version originale : Morgan McFall-Johnsen et Susie Neilson/Business Insider

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