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Cedric O estime qu'il reste encore beaucoup d'obstacles avant de pouvoir sortir une appli StopCovid

Cedric O estime qu'il reste encore beaucoup d'obstacles avant de pouvoir sortir une appli StopCovid
Le secrétaire d'Etat chargé du numérique Cédric O a partagé jeudi ses "incertitudes très fortes" sur la réussite du projet d'application StopCovid. © David Paul Morris/Bloomberg via Getty Images

Le projet d'application pour endiguer l'épidémie de coronavirus en France et faciliter un déconfinement n'est pas certain de voir le jour, malgré la communication offensive de l'exécutif depuis une dizaine de jours sur une telle possibilité. Auditionné par plus d'une cinquantaine de députés de la Commission des lois jeudi 9 avril 2020, le secrétaire d'Etat au numérique Cédric O a fait part de ses "incertitudes très fortes" sur la réussite du projet StopCovid qui est censé tracer les cas-contacts via une application. "Il y a des incertitudes très fortes sur le fait que ça soit efficace et donc il n'est pas impossible que tout cela se dégonfle assez vite dans les semaines qui viennent (...) mais même s'il y a beaucoup de questions et beaucoup de difficultés, ce serait irresponsable de ne pas y travailler", a-t-il expliqué. La veille, il avait donné des détails dans les colonnes du Monde sur la manière dont cette appli fonctionnerait pour tracer les malades du Covid-19.

Parmi les problèmes techniques, le Bluetooth. Cette norme d'ondes radio qui permet à nos smartphones d'identifier des appareils à proximité (écouteurs, enceintes, imprimantes...) est privilégiée dans le projet car elle permet un traçage sans recourir à des données de géolocalisation. Mais cette technologie n'a pas été conçu pour mesurer des distances. Or la calibration du signal sera clé pour détecter les personnes présentes pendant un certain temps dans l'environnement proche de l'utilisateur, et pouvant entraîner potentiellement une contamination. "Il y aura vraisemblablement un certain nombre de faux positifs, car l'application ne saura pas vous dire si vous avez été dos à dos ou face à face avec une personne, ou si vous avez touché une surface contaminée. Ce ne sera pas magique", a reconnu le secrétaire d'Etat.

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Réflexions à la production 'd'une petite clé' pour une adoption plus massive que par le smartphone

L'efficacité et les implications du système pour la vie privée posent question. Développé actuellement par des chercheurs de l'Inria et des développeurs bénévoles, il ne sera pas "l'alpha et l'oméga de la stratégie de déconfinement", a expliqué Cédric O. Autre difficulté évoquée par les députés, la fracture numérique et l'incapacité pour certaines personnes d'utiliser cette application alors que son efficacité dépend de son adoption massive. Tout en garantissant qu'elle serait "très simple, enfantine", et conçue en tenant compte des contraintes d'accessibilité, Cédric O a déclaré qu'il s'agissait du "sujet le plus préoccupant".

"Nous réfléchissons à quelque chose hors du téléphone portable, une petite clé que nous pourrions produire massivement, mais ce sujet est encore plus compliqué, encore plus incertain", a-t-il ajouté. Le système, présenté comme ne dérogeant pas à la réglementation européenne sur les données personnelles, devra également prévoir "un lien avec un tiers de santé" pour garantir que les cas déclarés sont réellement positifs et des mesures pour éviter les comportements malveillants.

Cédric O a jugé en revanche "un peu ridicules" les critiques sur la pression sociale que pourraient ressentir ceux qui ne voudraient pas utiliser l'application. Choisir de s'en passer n'aura "aucune conséquence", a-t-il assuré. "Au mieux ou au pire, si jamais vous êtes infectés, vous n'êtes même pas obligés de le déclarer."

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Business Insider (avec AFP)
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