Ces 8 chiffres montrent que 2020 aura été une année hors du commun

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Ces 8 chiffres montrent que 2020 aura été une année hors du commun
© Cyril Marcilhacy/Bloomberg via Getty Images

2020 aura été l'année de nombreux records. De tristes records malheureusement, la pandémie de Covid-19 ayant conduit les gouvernements à prendre des mesures drastiques, sans précédent. De confinements en couvre-feux et mesures de restriction sanitaires, l'économie s'est effondrée, et le moral de la population a été mis à rude épreuve. La crise n'a pas empêché les Bourses de gagner des sommets historiques, illustrant la déconnexion des marchés financiers avec l'économie réelle.

Elle a aussi fortement accéléré l'usage du numérique, incontournable dans les relations à distance et essentiel face à l'essor du télétravail, faisant les beaux jours des Gafa, des services de streaming comme Netflix et Disney+, ou encore de nouveaux acteurs comme le spécialiste de la visioconférence Zoom. À l'inverse, des secteurs ont été ravagés par la crise, comme ceux du tourisme, de l'aérien, de l'événementiel et de la culture. Avant de passer à 2021, qu'on espère plus clément, voici 8 chiffres montrant que 2020 aura été une année hors du commun :

-13,8%, la chute la plus forte du PIB de la France depuis 1949

L'activité à l'arrêt pendant le deuxième confinement, à Paris. Stephane Cardinale - Corbis via Getty Images

La France a vu son produit intérieur brut (PIB) chuter de 13,8% au deuxième trimestre 2020, après un recul de 5,9% entre janvier et mars. Soit un effondrement record de l'activité économique depuis 1949, date à laquelle l'Institut national des statistiques et des études économiques (Insee) a commencé à mesurer la production en France de façon trimestrielle. Sur l'ensemble de l'année, la récession devrait se traduire par une baisse de 9% du PIB, selon l'Insee. Un chiffre impressionnant, qui reste meilleur que l'estimation de Bercy d'une dégringolade annuelle de 11% de l'activité.

Le confinement et la fermeture des frontières ont particulièrement affecté la France, en raison du poids du tourisme et de l'aéronautique dans son économie.

Plus de 617 000 décès en 2020, année la plus meurtrière depuis 1946

Antony-22/Wikimedia Commons

Avec 617 197 décès survenus entre le 1er janvier et le 7 décembre en France, l'année 2020 est d'ores et déjà la plus meurtrière depuis 1946, en valeur absolue. En comparaison, 568 641 personnes sont décédées en 2018 et 570 494 en 2019, précédente année la plus meurtrière depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, selon des chiffres de l'Insee.

Si l'accroissement de la population depuis la guerre — et surtout son vieillissement — explique de manière mécanique la hausse du nombre de décès, la pandémie a entraîné un pic de surmortalité. "Au cours de la période mars-avril, en raison de l'épidémie de Covid-19, les décès en 2020 ont été nettement plus importants qu'en 2019 (+ 27 300), 2018 (+ 19 300) ou en moyenne sur 2015-2019 (+ 26 800)", détaille l'Insee. L'épisode de Covid-19 du printemps 2020 a même fait plus décès que la canicule de 2003.

-37,63 dollars, le prix du baril de pétrole devenu pour la première fois négatif

ptra/Pixabay

Le confinement, la mise à l'arrêt de nombreuses activités et les restrictions imposées aux déplacements ont entraîné un effondrement de la demande en pétrole, notamment au printemps. C'est alors que pour la première fois, le prix du baril de pétrole est devenu négatif aux Etats-Unis, tombant à -37,63 dollars le 20 avril 2020, après une chute historique de 300% du cours du brut américain en une séance.

La décision de la Russie et de l'Arabie saoudite d'augmenter en mars leur production de pétrole a inondé le marché d'or noir et contribué à faire chuter le prix du baril. Mais ce qui a précipité son cours en territoire négatif, c'est la saturation des capacités de stockage. Dans ce contexte, certains producteurs ont préféré payer pour se débarrasser de leurs stocks.

-66%, l'effondrement du trafic aérien mondial

henry911/Pixabay

L'Association internationale du transport aérien (IATA) évalue la baisse du trafic à 66% sur l'année 2020. Selon elle, le trafic aérien mondial ne retrouvera pas son niveau de 2019 avant 2024. Elle estime que le recul du trafic devrait même atteindre 70% pour la région Europe cette année.

Les fermetures de frontières et les mesures de quarantaine continuent de peser sur le secteur, qui accumule les pertes et les plans sociaux. La chute de 70% du trafic à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle devrait le ramener à son niveau d'activité de 1990, souligne Les Echos. Il accueillait alors environ 23 millions de passagers, contre plus de 76 millions en 2019.

-27%, le plongeon des ventes de voitures neuves revenues au niveau de 1975

Lionel Allorge /Wikimedia Commons

Sur les 11 premiers mois de l'année, les ventes de voitures neuves sont en baisse de 27% en France, à 1 463 795 immatriculations, selon le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA). Les mois de mars (-72%), avril (-88%) et mai (-50%) ont été les pires pour le marché, alors que la France subissait un confinement strict.

"Depuis les années quatre-vingt, les immatriculations n'avaient jamais reculé en dessous de 1,7 million. Cette année elles devraient se situer autour de 1,6 million. On se retrouverait alors au niveau de 1975", précisait début décembre François Roudier, porte-parole du CCFA, cité par L'Opinion.

-7%, la chute historique des émissions de CO2 dans l'atmosphère

catazul/Pixabay

Les restrictions appliquées aux transports et la chute de l'activité en 2020 auront au moins eu un effet positif sur la pollution de l'air. Les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) d'origine fossile ont chuté de 7% en 2020, contre une hausse de 0,2% en 2019, selon le constat dressé le 11 décembre par le Global Carbon Project (GCP), un consortium d'une centaine de scientifiques internationaux. Au mois d'avril 2020, au plus fort de l'épidémie et des mesures de confinement sur le continent européen, les émissions ont plongé jusqu'à 18,5%.

Les précédentes baisses significatives apparaissent bien faibles en comparaison : - 0,9% en 1945, -0,5% en 2009, rappelle Le Monde. En 2020, 34 milliards de tonnes de C02, le principal gaz à effet de serre, ont été émises dans l'atmosphère, soit 2,4 milliards de moins qu'en 2019. Mais cette diminution historique ne sera pas suffisante pour limiter le réchauffement climatique à moins de 2 degrés et respecter l'Accord de Paris.

750 milliards d'euros, le montant record du plan de relance européen

Ursula von der Leyen, la présidente allemande de la Commission européenne.   European Parliament/Wikimedia Commons

Pour faire face à la crise économique engendrée par la pandémie, les banques centrales et les Etats ont déployé des moyens extraordinaires. Au niveau de l'Union européenne (UE), un plan de relance de 750 milliards d'euros a été adopté, comprenant 390 milliards d'euros de subventions directes, dont 40 milliards devraient alimenter le plan national du gouvernement français. Pour le financer, les Etats membres ont, pour la première fois dans l'histoire de l'UE, décidé d'un emprunt commun.

Le plan français est de son côté doté de 100 milliards d'euros au total. Il s'ajoute à de précédentes mesures comme la prise en charge du chômage partiel et les prêts garantis par l'Etat aux entreprises, qui ont atteint 129 milliards d'euros en 2020.

Aux Etats-Unis, deux plans de relance budgétaire aux montants faramineux ont également été décidés : l'un de près de 2 000 milliards de dollars adopté en mars, le second de 900 milliards approuvé en décembre.

À cela, s'ajoute les liquidités injectées dans l'économie par les banques centrales, à coup de plusieurs milliers de milliards de rachats d'actifs dans le monde.

Moins d'1 an, le laps de temps inédit pour mettre au point des vaccins contre le Covid-19

U.S. Secretary of Defense/Wikimedia Commons

La pandémie de Covid-19, devenue incontrôlable, a entraîné une course inédite au vaccin. Les Etats n'ont pas hésité à subventionner les laboratoires et d'importants moyens ont été mis en oeuvre pour parvenir au plus vite à mettre sur pied un remède. C'est un succès, puisqu'en moins d'un an, non pas un mais plusieurs vaccins ont été mis au point, dont certains atteignent plus de 90% d'efficacité, un niveau jugé élevé.

L'accélération des procédures administratives a facilité la rapide mise sur le marché des produits, permettant de commencer les campagnes de vaccination avant la fin 2020. La fabrication d'un vaccin prend habituellement une dizaine d'années. Mais le vaccin conçu par l'alliance Pfizer/BioNtech est lui déjà autorisé au sein de l'Union européenne, quand les Etats-Unis ont donné leur feu vert pour un deuxième vaccin, celui de Moderna.

Le vaccin d'AstraZeneca, élaboré au Royaume-Uni, devrait suivre. Les Russes et les Chinois ont de leur côté mis au point leurs propres vaccins. Voilà qui devrait permettre de sortir de la pandémie et d'envisager des jours meilleurs en 2021.

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