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Ces avions de l'ère soviétique continuent à voler partout dans le monde

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Ces avions de l'ère soviétique continuent à voler partout dans le monde
Des bombardiers russes Tupolev Tu-95 survolent le Kremlin lors d'une répétition du défilé militaire du jour de la Victoire à Moscou, le 4 mai 2018. © YURI KADOBNOV/AFP via Getty Images
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Pendant près de cinq décennies, les États-Unis et leurs alliés ont considéré l'Union soviétique comme leur plus grande menace. L'envergure de l'Armée rouge et son armement sophistiqué en ont fait l'une des forces les plus puissantes de l'histoire. Le conflit entre l'Union soviétique et ses adversaires de l'OTAN n'a, heureusement, jamais eu lieu. Mais les tensions entre les deux blocs ont parfois atteint des niveaux considérables, plaçant le monde au bord du précipice.

C'était particulièrement vrai dans le domaine naval. Tout au long de la guerre froide, l'Union soviétique a maintenu un large inventaire d'avions de patrouille, d'avions de lutte anti-sous-marins et de bombardiers stratégiques pour suivre et, si nécessaire, attaquer les unités navales de l'OTAN dans le monde entier.

La guerre froide est terminée, mais certains de ces avions sont toujours en service dans l'armée de l'air et la marine russes.

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'The Bear' ou 'L'ours'

Un avion soviétique Tu-95 Bear, en haut, observé par un avion F-4 Phantom II de l'US Air Force au-dessus des eaux internationales, le 28 septembre 1980.  Corbis via Getty Images

Le Tupolev Tu-95, également connu sous son nom de code de l'OTAN, l'Ours, est sans doute l'avion soviétique le plus connu. Le Tu-95 est entré en service dans l'armée de l'air et la marine soviétiques en 1956, remplaçant le Tu-4, une copie inversée du B-29 américain. Capables de voler jusqu'à plus de 12 000 mètres d'altitude et avec une portée de plus de 14 000 kilomètres, les Bears pouvaient transporter plus de 11 tonnes de munitions et étaient le plus souvent affectés à des missions de patrouille et d'attaque maritime.

Les Tu-95 sont surtout connus pour leurs missions intercontinentales et leurs essais nucléaires. Ils ont effectué de nombreuses missions le long des frontières de l'OTAN, ce qui a obligé les forces de l'Ouest à mettre en place une surveillance permanente.

Au début de son service dans la marine soviétique, le Bear était destiné à transporter des missiles pour attaquer les navires ennemis loin des côtes soviétiques.

Un F-22 de l'US Air Force intercepte un avion de reconnaissance maritime russe Tu-142 entrant dans la zone d'identification de la défense aérienne de l'Alaska, le 9 mars 2020. NORAD

Cependant, avec la poursuite de la guerre froide, le Tu-95 est devenu obsolète et a été réaffecté à des missions de reconnaissance et de surveillance électronique. Cette version s'appelait le Tu-142 Bear F/J. Le Tu-142 s'est avéré tout à fait capable de suivre les navires de surface et les sous-marins et a également servi de relais de communication pour les sous-marins russes.

Mais les capacités du Bear sont encore limitées. En raison de leur ancienneté, les Bears font l'objet de nombreux crashs, à tel point que toute la flotte a été immobilisée en 2015. Ils sont si bruyants que même les sous-marins immergés peuvent les entendre.

Les Tu-95 et Tu-142 ont survécu à la guerre froide pour servir dans l'armée de l'air et la marine russes. Certains ont été interceptés au large de l'Alaska, de la Californie et du Japon. Malgré leur ancienneté, les deux appareils sont en cours de modernisation. La Russie espère les garder en service jusqu'en 2040.

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Ilyushin II-38

Un avion soviétique de reconnaissance et de lutte anti-sous-marine Il-38 May passe à basse altitude au-dessus du porte-avions américain USS Midway, le 18 mai 1979. US Navy

L'Ilyushin Il-38, baptisé May par l'OTAN, est une version remaniée de l'Il-18, un avion de ligne civil construit par la même entreprise aéronautique. Il est entré en service dans la marine soviétique en 1967 pour des missions de patrouille maritime et de lutte anti-sous-marine, à l'instar du Lockheed P-3 Orion américain.

Le Il-38 est capable de voler à près de 10 000 mètres d'altitude, avec une portée maximale d'environ 8 000 kilomètres et une vitesse de pointe de 650 km/h. Il peut transporter plus de 9 tonnes de mines, de grenades sous-marines et même des missiles antinavires ou des torpilles.

Un avion de patrouille maritime Il-38N, de la flotte russe du Pacifique, à la base aérienne de Vladivostok Tsentralnaya Uglovaya, le 6 septembre 2016. Yuri Smityuk\TASS via Getty Images

Comme il est principalement chargé de la lutte anti-sous-marins, sa cargaison n'est généralement constituée que de bouées acoustiques — des dispositifs acoustiques largués à l'eau pour écouter les sous-marins. À l'instar des Tupolevs, le Il-38 est toujours en service en Russie. Depuis l'époque soviétique, ils sont connus pour survoler à basse altitude des navires de l'OTAN.

L'Inde a acheté un certain nombre de Il-38, ainsi que plusieurs Tu-142, parmi d'autres équipements importants de l'ère soviétique. L'Inde a retiré ses Tu-142 mais continue à piloter les Il-38. Ce dernier est aussi en cours de modernisation, et il est parfois intercepté dans l'espace aérien autour de l'Alaska et du Japon.

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Tupolev Tu-22M

Un Tupolev Tu-22M sur une piste d'atterrissage, le 8 août 2018. Marina Lystseva/TASS

Les avions soviétiques les plus menaçants pour les missions maritimes étaient les bombardiers, en particulier le Tu-22M. Surnommés Backfire par l'OTAN, les Tu-22M, en particulier la variante M3, étaient et sont toujours une menace majeure pour les marines de l'OTAN.

Le Tu-22M3 a une vitesse de croisière de 900 km/h et une vitesse de pointe de 2 300 km/h. Il peut atteindre 13 000 mètres d'altitude et a un rayon d'action d'environ 6 400 kilomètres. Des points d'ancrage et un compartiment d'armement interne lui permettent d'embarquer jusqu'à 24 tonnes de munitions. Pendant la guerre froide, les Tu-22M3 étaient censés jouer un rôle primordial contre les vaisseaux de l'OTAN, en particulier les porte-avions. Ils pouvaient être armés de trois missiles Kh-15 nucléaires ou conventionnels, ou jusqu'à 10 missiles Kh-22.

Les opérations de bombardement contre les porte-avions devaient impliquer jusqu'à 100 Tu-22M3 et Tu-16, embarquant 80 missiles porteurs — dont certains à tête nucléaire — tandis que d'autres étaient équipés d'autres armes ou agissaient en leurres.

Un Tupolev Tu-22M3 russe durant un exercice, le 20 août 2019. Anton Novoderezhkin\TASS via Getty Images

Les Tu-22 étaient utilisés comme bombardiers conventionnels pendant la dernière année de la guerre en Afghanistan. Ils sont restés au service de la Russie après la dissolution de l'Union soviétique. L'un d'entre eux a été abattu par les défenses aériennes géorgiennes pendant la guerre russo-géorgienne en 2008. Ils ont souvent été utilisés dans des missions de patrouille en Europe et en Asie et ont de nouveau été envoyés en opération lors de l'intervention russe dans la guerre civile syrienne.

Les efforts de modernisation ont donné aux Tu-22M3 une capacité de ravitaillement aérien augmentant ainsi leur portée. Ils ont également donné au bombardier une nouvelle série de missiles, dont les Kh-101, Kh-55 et Kh-32. Un missile hypersonique, le Kh-47M2 Kinzhal, est également en cours de développement.

L'avion partenaire du Tu-22, le Tu-16, n'est pas en service en Russie, mais la Chine exploite une version connue sous le nom de H-6 et possède une variante navale, le H-6K, dans un rôle anti-navire similaire.

Sukhoi Su-24

Un Sukhoi Su-24 décolle de l'aérodrome de Shagol, dans la région de Tcheliabinsk, en Sibérie occidentale, le 27 août 2018.  Donat Sorokin\TASS via Getty Images

Le Su-24 est un bombardier et intercepteur pouvant opérer sous n'importe quelles conditions météorologiques, avec quelques variantes dans un rôle de reconnaissance. Facilement identifiable grâce à ses ailes à portée variable et à son cockpit à sièges côte à côte, le Su-24 a été utilisé par l'armée de l'air et la marine soviétiques.

Avec un rayon d'action et une altitude de service beaucoup plus modestes que les Tupolev — respectivement 2 900 kilomètres et 11 000 mètres —, le Su-24 est destiné à opérer plus près de la côte. Neuf points sur les ailes et sous le fuselage lui permettent de transporter plus de 7 tonnes de munitions.

Pour les missions maritimes, le Su-24 peut transporter trois missiles antinavires supersoniques Kh-31, qui sont également capables de se verrouiller sur les installations radar ennemies.

Un Su-24 russe frôle le destroyer américain USS Donald Cook dans la mer Baltique, en 2016. US Navy

Sous commandement soviétique puis russe, les Su-24 ont mené des opérations de bombardement en Afghanistan, en Tchétchénie, en Géorgie et en Syrie, avec au moins cinq unités abattues par l'ennemi. Six autres nations les pilotent également. Comme leurs homologues bombardiers et patrouilleurs, les Su-24 restent en première ligne contre l'OTAN.

En avril 2014, un Su-24 a volé à 150 mètres du destroyer USS Donald Cook de la marine américaine qui se trouvait dans les eaux internationales de la mer Noire. Un an plus tard, deux Su-24 ont volé à seulement 60 mètres du destroyer USS Ross dans la même zone.

En 2016, dans la mer Baltique, deux Su-24 ont encerclé l'USS Donald Cook dans un "profil d'attaque simulé". Les images ont montré les aéronefs volant à seulement 30 mètres du destroyer lors de multiples passages. En 2017 et 2018, des navires de la marine britannique, belge et néerlandaise ont également été survolés par des Su-24.

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Version originale : Benjamin Brimelow/Business Insider US

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