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Ces photos prises depuis l'espace témoignent des conséquences du changement climatique

Ces photos prises depuis l'espace témoignent des conséquences du changement climatique
© Une vue satellite de la ville de Paradise, en Californie, en proie à un gigantesque incendie en novembre 2018. NASA Earth Observatory

Pour le climat, les nouvelles auront été terribles cette année. Le dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère a atteint, en mai, sa plus forte concentration de l'histoire : 415 parties par million (ppm, unité de mesure du CO2 dans l'atmosphère). Plus nous émettons de gaz à effet de serre, plus la planète se réchauffe et des conditions météorologiques extrêmes, souvent mortelles, surviennent. Bon nombre de ces catastrophes sont si dévastatrices qu'on peut les voir de l'espace.

En 2019, des satellites ont capté des images du nord-est des États-Unis ravagé par un tourbillon polaire, des vagues de chaleur mortelles en Europe, ou encore les incendies qui se sont propagés dans les forêts de Californie et dans certaines régions de la Russie, du Groenland et du Canada. Ces photos prises depuis l'espace témoignent également de la progression alarmante de la fonte des glaces de l'Antarctique et de l'Arctique. Ces 19 images, prises de l'espace, attestent des conséquences du réchauffement de notre planète :

Chaque année, en septembre, la glace de l'Arctique atteint son étendue minimale. Depuis les années 1980, ce minimum a diminué d'environ 13% par décennie

NASA via Reuters

En 1979, la glace de mer de l'Arctique s'étendait sur environ 7 millions de km². Le mois dernier, ce chiffre a chuté à 4,3 million de km². Selon les données de la NASA, cette année a devancé l'année 2007 au classement des étendues de glace les plus faibles jamais enregistrées. La pire année a été 2012, lorsque l'étendue de glace a rétréci à moins de 2,6 millions de kilomètres carrés. Ainsi, le déclin s'accélère. Les chercheurs de l'Agence spatiale européenne ont averti que le taux actuel d'émissions de carbone pourrait mener à la fonte complète de la glace d'Arctique en quelques décennies seulement.

Le passage du Nord-Ouest, une route maritime qui relie les océans Atlantique Nord et Pacifique, est souvent obstrué par la glace de mer. Mais, en août 2016, il était presque libre de glace

Jeff Schmaltz/NASA

L'Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète, de sorte qu'une section du passage du Nord-Ouest est ouverte presque chaque année depuis 2007.

La calotte glaciaire du Groenland fond six fois plus vite que dans les années 1980

Goddard de la NASA

Une étude publiée en avril a estimé que la calotte glaciaire du Groenland perd en moyenne 286 milliards de tonnes de glace par an. En 2012 seulement, le Groenland a perdu plus de 400 milliards de tonnes de glace. Il y a 20 ans, la perte moyenne annuelle n'était que de 50 milliards...

La fonte de l'Antarctique s'accélère également. Dans les années 80, l'Antarctique perdait environ 40 milliards de tonnes de glace par an. En cette décennie, la moyenne a grimpé à 252 milliards de tonnes par an

Une vue aérienne de la glace dans l'ouest de l'Antarctique, dont des icebergs se détachent. Goddard, NASA

Avec la calotte glaciaire du Groenland, l'Antarctique contient plus de 99 % de l'eau douce du monde, selon le Centre national de données sur la neige et la glace américain (National Snow and Ice Data Center). Si les calottes glaciaires de l'Antarctique et du Groenland devaient fondre complètement, cela entraînerait une hausse du niveau des mers de plus de 60 mètres.

La fonte des glaciers, associée au réchauffement des océans (car l'eau gagne en volume lorsqu'elle est chauffée), représente une grave menace pour les populations côtières

Une vue satellite de mars 2016 de la partie orientale des Sundarbans, au Bangladesh, montre des bassins fluviaux inondés de façon saisonnière. Agence spatiale européenne

Au cours des 150 dernières années, le niveau de la mer a augmenté d'environ 15 centimètres. Selon un récent rapport de l'ONU, le niveau de la mer devrait augmenter de près d'un mètre d'ici la fin du siècle. La hausse des mers et les inondations pourraient déplacer ou affecter 680 millions de personnes, qui vivent dans les zones côtières de faible altitude, ainsi que 65 millions de citoyens de petits états insulaires.

L'élévation du niveau de la mer augmente également le risque d'inondation lors des grandes marées et d'ondes de tempête

NASA via Getty Images

Pendant les ouragans et les tempêtes tropicales, les vents forts provoquent des ondes de tempête destructrices. L'élévation du niveau de la mer à l'échelle mondiale augmente la quantité d'ondes de tempête, qui peuvent provoquer des inondations. En septembre, l'ouragan Dorian (tempête de catégorie 5) a frappé les Bahamas. Avec des vents soutenus de 300 km/h, Dorian a provoqué des ondes de tempête d'une hauteur de 7 mètres dans certaines régions.

Le changement climatique semble également rendre les ouragans plus humides et plus lents

NOAA

Le réchauffement général rend les ouragans plus forts et dévastateurs, car l'air, plus chaud, retient plus de vapeur d'eau : les tempêtes tropicales déclenchent donc plus de précipitations. Les changements climatiques provoquent également un ralentissement du déplacement des ouragans : au cours des 70 dernières années, la vitesse des ouragans et des tempêtes tropicales a ralenti d'environ 10 % en moyenne, selon une étude de 2018.

L'ouragan Dorian illustre cette tendance : après avoir atteint la terre, la tempête s'est arrêtée au-dessus des Bahamas pendant 24 heures, déversant 76,2 cm de pluie et causant des inondations dévastatrices

NOAA via AP

Dorian n'a pas été le seul ouragan à stagner ces dernières années. : en 2018, l'ouragan Florence s'est arrêté au-dessus d'une petite région de Caroline du Nord (Etats-Unis) pendant plus de 50 heures. L'année précédente, l'ouragan Harvey s'était attardé sur la région de Houston pendant deux jours, déversant 152 centimètres de pluie et causant des dommages estimés à 125 milliards de dollars (112,3 milliards d'euros).

La hausse des températures peut également provoquer des vagues de froid plus fréquentes, comme celle qui a frappé les États-Unis en janvier 2019

NOAA/Handout via Reuters

En général, un vortex polaire est le terme utilisé pour désigner la masse d'air froid de basse pression qui circule dans la stratosphère au-dessus de l'Arctique et de l'Antarctique. Lorsque la circulation du tourbillon polaire s'affaiblit, les poussées d'air froid se détachent et dérivent vers le sud. L'air glacé est transporté par le jet stream, un courant de vent qui s'étend autour de l'hémisphère nord et sépare les masses d'air de la région polaire de celles qui sont plus au sud.

Mais les changements climatiques pourraient modifier le jet stream. Comme les températures augmentent dans l'Arctique à un rythme deux fois plus rapide que dans le reste de la planète, la différence entre les températures au pôle Nord et celles des continents aux basses latitudes diminue. Moins de disparité dans les températures signifie moins de différence entre les niveaux de pression atmosphérique, ce qui affaiblit le jet stream. Cela peut amener le jet stream à prendre des trajectoires plus longues et moins directes. Si le jet stream erre suffisamment, cela peut perturber l'écoulement naturel du vortex polaire.

La fréquence des tourbillons (vortex) polaires hivernaux a augmenté jusqu'à 140 % au cours des quatre dernières décennies, selon une étude de 2017

Getty Images

Le vortex polaire de janvier a forcé 84 millions d'Américains du Midwest et de la côte Est des États-Unis à affronter des températures glaciales. Dans certaines régions du Minnesota et du Wisconsin, les températures ont atteint -45°C.

Les pics de température augmentent le risque d'incendie en forêt. Cette année, les panaches de fumée qui ont englouti certaines parties de la Russie et du Groenland étaient assez gros pour être vus de l'espace

Pierre Markuse/Flickr

Plus de 54 633 kilomètres carrés de Sibérie ont brûlé entre juin et août. Au total, le Service de surveillance atmosphérique Copernicus de l'Union européenne a déclaré que son équipe avait observé plus de 100 incendies intenses et de longue durée dans le cercle polaire arctique cet été. Les incendies se sont également propagés dans certaines régions de la Colombie-Britannique (Canada), et en Alaska, où 9308 kilomètres carrés de forêt ont brûlé cette année. En juin et juillet, les panaches de l'incendie du lac Swan ont englouti Anchorage (plus grande ville d'Alaska, Etats-Unis).

Les feux de forêt ne sont pas directement liés au changement climatique, mais le réchauffement accéléré augmente leur probabilité, leur taille et leur fréquence

Pierre Markuse/Flickr

"Les changements climatiques, avec la hausse des températures et la modification des schémas de précipitations, amplifient le risque d'incendies de forêt et prolongent la saison", explique l'Organisation météorologique mondiale. Le réchauffement fait fondre plus tôt la couverture neigeuse de l'hiver, et l'air plus chaud aspire l'humidité des arbres et du sol, ce qui rend les terres plus sèches. La diminution des précipitations entraîne également le dessèchement des forêts, qui ont tendance à brûler.

Cette tendance au réchauffement devient de plus en plus évidente. Cette année est en passe de devenir la troisième plus chaude jamais enregistrée à l'échelle mondiale, selon l'ONG 'Climate Central'

Peter Griffith/NASA

Juillet a été le mois le plus chaud jamais enregistré. Juin 2019 était le mois de juin le plus chaud jamais enregistré dans l'histoire de la Terre. Les trois années les plus chaudes ont été 2016, 2015 et 2017.

Aux États-Unis, les grands feux de forêt brûlent maintenant sur une superficie deux fois plus grande qu'en 1970

Maxar Technologies

Le feu de Kincade, illustré ci-dessus, a brûlé plus de 311 kilomètres carrés entre le 23 octobre et le 6 novembre. "Peu importe nos efforts, les incendies vont continuer à s'étendre, et la raison en est très claire", a déclaré le climatologue Park Williams au Centre pour le climat et la vie de l'université Columbia. "Le climat est responsable de ce qui brûle."

Dans l'ouest des États-Unis, la durée moyenne de la saison des feux de forêt est plus longue de 78 jours qu'il y a 50 ans, selon le Centre pour les solutions climatiques et énergétiques

NOAA

"Nous voyons vraiment cette fenêtre s'élargir, non seulement plus tôt au printemps mais aussi plus tard à l'automne. La sécheresse dure plus longtemps", déclarait, à Business Insider US, Leah Quinn-Davidson, conseillère en incendie pour le comté de Humboldt, en Californie. "Nous sommes sommes en crise."

En Californie spécifiquement, la surface qui brûle chaque année à cause des feux de forêt a plus que quintuplé depuis 1972, selon une étude récente

Une vue satellite du feu  en Californie du Nord le 9 novembre 2018. DigitalGlobe, Maxar

Neuf des dix plus grands incendies de l'histoire de l'État ont eu lieu depuis 2003.

En plus des incendies, la hausse des températures rend les vagues de chaleur extrêmes plus fréquentes. L'Europe a été frappée par deux vagues de chaleur mortelles consécutives au cours de l'été

Rymdstyrelsen / Google / ESA

Rien qu'en France, 1 435 décès ont été causés par les canicules qui ont frappé l'Europe en juin et juillet. Selon Météo France, le nombre de vagues de chaleur dans le pays a doublé au cours des 34 dernières années, et devrait encore doubler d'ici 2050.

Une étude réalisée par des chercheurs de l'organisation World Weather Attribution a conclu que les changements climatiques ont multiplié par cinq la probabilité de telles vagues de chaleur. "Chaque vague de chaleur qui se produit en Europe aujourd'hui est rendue plus probable et plus intense par les changements climatiques induits par l'homme ", écrivaient les scientifiques en juillet.

La fréquence et la gravité des sécheresses augmentent également

NOAA

L'été dernier, certaines parties de l'Angleterre, de la France et de l'Allemagne ont été confrontées à l'une des pires sécheresses depuis des décennies. Les modèles de la NASA prévoient que les sécheresses deviendront plus fréquentes et plus extrêmes à mesure que les températures augmenteront. Cela pourrait entraîner des pénuries de nourriture et d'eau et, par conséquent, des conflits entre les peuples qui se disputent ces ressources limitées. Les sécheresses exacerbent également le risque d'incendie, car les sols desséchés et la végétation sèche brûlent plus facilement.

Les lacs et les réservoirs d'eau du monde entier s'assèchent également, car les taux d'évaporation montent en flèche lorsque les températures augmentent

NASA

Le niveau du lac Mead, aux États-Unis, a baissé de 41 mètres entre 1984 et 2016. De nombreux agriculteurs américains, ainsi que certaines villes de l'Arizona, du Nevada, de la Californie et du Mexique, dépendent de l'eau du lac (qui provient de la fonte des neiges dans les montagnes Rocheuses).

Une projection sur 24 mois, réalisée en 2018 par le US Bureau of Reclamation, prévoyaient que le niveau d'eau du réservoir frôlerait à peine le seuil de 328 mètres. Une baisse en deçà de ce niveau provoquerait une pénurie fédérale, et des réductions obligatoires de l'utilisation d'eau. Actuellement, le lac Mead a une hauteur de 330 mètres.

D'autres lacs dans le monde diminuent également. Le lac Urmia en Iran est actuellement à 10 % de son volume normal, et le lac Poopó, en Bolivie a complètement disparu.

Version originale : Aylin Woodward/ Business Insider

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