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Ces recherches donnent de nouveaux éléments sur la façon dont le coronavirus pourrait ou pas se propager dans l'air

Ces recherches donnent de nouveaux éléments sur la façon dont le coronavirus pourrait ou pas se propager dans l'air
Un supermarché en Californie, aux États-Unis, le 30 mars. © Lucy Nicholson/Reuters

Alors que les chercheurs s'affairent à étudier le coronavirus, une question importante reste vivement débattue : peut-il se propager dans l'air ? Les scientifiques s'accordent à dire que le virus se transmet principalement par des gouttelettes — des particules de plus de 5 micromètres — lorsqu'une personne infectée tousse, éternue ou parle. Ces gouttelettes volent dans l'air avant d'atterrir sur une autre personne. Mais les scientifiques ne savent toujours pas dans quelle mesure un nuage de minuscules particules virales — appelées aérosol (elles sont plus petites que des gouttelettes) — pourrait rester dans l'air et infecter la prochaine personne qui traverse le même espace. C'est ce qu'on appelle la transmission par voie aérienne.

On sait par exemple que le virus de la rougeole se propage de cette manière — il vit jusqu'à deux heures dans l'air là où une personne infectée a toussé ou éternué. Mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que ce n'est pas le cas pour le coronavirus. "FAIT : #COVID19 n'est PAS aéroporté", a tweeté l'OMS le 28 mars. Néanmoins, plusieurs études récentes ont identifié des particules de coronavirus dans l'air. Selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies américains, certaines procédures hospitalières, comme l'intubation d'un patient, "pourraient générer des aérosols infectieux".

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Gouttelettes versus aérosols

La principale différence entre les gouttelettes et les aérosols est que les premiers sont lourds et gros, et ne peuvent donc pas rester longtemps en l'air. Les seconds, appelés "noyaux de gouttelettes" par l'OMS, sont inférieurs à 5 micromètres.

Mais certains chercheurs demandent que ce terme soit mis de côté pour éviter toute confusion et mieux informer sur les réponses de santé publique à la pandémie. "Je pense que l'OMS fait preuve d'irresponsabilité en donnant cette information. Cette désinformation est dangereuse", a déclaré à NPR Donald Milton, un aérobiologiste spécialisé dans les maladies infectieuses à l'université du Maryland. Il a ajouté : "les épidémiologistes disent que s'il s'agit d'un 'contact étroit', alors ce n'est pas une maladie aéroportée. C'est de la foutaise".

Certaines recherches montrent que le coronavirus peut se déplacer sur une distance de plus d'un mètre, ce que les autorités sanitaires estiment être une distance sociale adéquate.

Des employés de Food and Friends restent à distance, le 16 mars, aux États-Unis. P Photo/Jacquelyn Martin

"Une toux ou un éternuement vigoureux, au cours duquel un patient donne plus d'énergie à son expiration, peut envoyer ses particules microscopiques au-delà de la fourchette de 2 à 6 pieds (0,60 à 1,80 mètres)", a déclaré William Schaffner, professeur de médecine préventive et de maladies infectieuses à l'université Vanderbilt, aux États-Unis, à Business Insider US.

Selon une étude publiée le 26 mars dans le Journal of the American Medical Association, un nuage de virus émis par une personne toussant ou éternuant peut se propager sur une distance bien supérieure à 6 pieds (1,80 m) : "le nuage de gaz et sa charge utile de gouttelettes porteuses d'agents pathogènes de toutes tailles peuvent se déplacer sur une distance de 23 à 27 pieds (7 à 8,20 mètres)".

Dans un supermarché, 'ce n'est pas vraiment dangereux'

Dr. Anthony Fauci.  Alex Brandon/AP

Lors d'une récente interview sur "The Daily Show", l'animateur Trevor Noah a demandé au Dr Anthony Fauci — directeur de l'Institut américain des allergies et des maladies infectieuses — si le coronavirus restait dans l'air. "Si vous entrez dans un ascenseur après quelqu'un d'autre, le coronavirus peut-il encore être là ?" a demandé Trevor Noah. Anthony Fauci a répondu que les personnes malades qui éternuent et toussent peuvent propager le virus par des gouttelettes et des aérosols.

Avec un virus sous forme d'aérosol, "la goutte ne tombe pas tout de suite ; elle reste un peu dans les parages", a déclaré Anthony Fauci. "Donc vous pouvez entrer dans une pièce en pensant que tout va bien et ensuite, vous l'inhalez." Mais il a déclaré que la transmission par aérosol n'était probablement pas le principal mode de propagation du coronavirus et a rappelé qu'une distance sociale de 6 pieds (1,80 m) était suffisante pour se protéger.

William Schaffner était d'accord avec Anthony Fauci sur l'exemple de l'ascenseur de Trevor Noah. "Dans un espace si étroitement clos, sans mouvement d'air vigoureux pendant une courte période, j'ai peur que vous soyez exposé", a-t-il dit. Mais c'est une situation différente de celle d'un supermarché, par exemple, qui est assez grand et où l'air circule librement. "Le genre de rencontres passagères où l'on marche dans l'allée pour prendre des pêches, ce n'est pas vraiment dangereux", a déclaré William Schaffner.

En laboratoire, le virus peut persister dans l'air pendant 3 heures

Une étude récente des Instituts nationaux américains de la Santé (National Institutes of Health) a examiné combien de temps le nouveau coronavirus pouvait vivre sur des surfaces communes et a indiqué qu'il pouvait vivre dans l'air sous forme d'aérosol pendant trois heures. Mais ces chercheurs ont utilisé une machine de laboratoire très puissante pour produire les aérosols de coronavirus, de sorte qu'ils n'étaient probablement pas identiques à ceux produits par la toux humaine.

Crystal Cox/Business Insider

Linsey Marr, expert en transmission d'aérosols chez Virginia Tech, a déclaré au New York Times qu'un aérosol libéré à une hauteur d'environ 1,80 m devrait tomber au sol au bout de 34 minutes. La quantité de virus qui persiste dans l'air sous forme d'aérosol est probablement trop faible pour infecter quelqu'un, a-t-elle ajouté.

"Cela semble effrayant", a-t-elle dit. "Mais à moins d'être proche de quelqu'un, la quantité à laquelle vous avez été exposé est très faible."

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Transmission aérienne dans les hôpitaux

Comme les soignants sont exposés à des concentrations plus élevées du virus, ils courent plus de risques de l'attraper à la fois par des gouttelettes et des aérosols. Lorsque les patients atteints de coronavirus ont besoin d'un respirateur, les médecins insèrent un tube dans leurs voies respiratoires, et cette procédure génère inévitablement des aérosols infectieux.

Un médecin s'équipe avant de tester des patients au Newton-Wellesley Hospital dans le Massachusetts, aux États-Unis, le 18 mars.  Joseph Prezioso/Contributor/Getty Images

Une étude, qui n'a pas encore été examinée par des pairs, s'est intéressée à deux hôpitaux chinois et a trouvé de faibles niveaux de coronavirus dans l'air des chambres des patients. Des concentrations plus élevées dans l'air ont été enregistrées dans les zones où se trouve le personnel médical, en particulier dans les endroits où les médecins enlèvent leurs équipements de protection. Les auteurs ont écrit que des aérosols chargés de virus étaient probablement déposés sur les équipements de protection comme les masques et les blouses pendant que les médecins travaillaient, puis renvoyés dans l'air lorsque le personnel les secouait en les retirant.

"La désinfection de la surface des vêtements avant qu'ils ne soient enlevés peut également contribuer à réduire le risque d'infection pour le personnel médical", ont écrit les auteurs.

Un atelier de production de masques N95 à Beijing, en Chine, le 11 mars.  Xinhua/Ren Chao/Getty Images

Les scientifiques ont également détecté le virus dans l'air à l'extérieur des chambres des patients au Centre médical de l'Université du Nebraska, aux États-Unis.

"Si vous pensez effectuer des procédures d'aérosolisation dans un établissement de santé, n'utilisez pas votre masque chirurgical. Utilisez un N95", a déclaré William Schaffner. Les masques N95 filtrent les particules en suspension dans l'air plus petites que 0,3 micron. Si le coronavirus n'était pas en suspension dans l'air, ces masques ne seraient pas aussi essentiels.

Version originale : Aylin Woodward/Business Insider

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