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C'est le moment de demander une augmentation si vous vous êtes beaucoup investi depuis le début de la crise

C'est le moment de demander une augmentation si vous vous êtes beaucoup investi depuis le début de la crise
Les salariés dans le numérique ou les ressources humaines peuvent notamment renégocier leur rémunération. © Leni_und_Tom/Pixabay

La crise économique n'en est qu'à ses débuts. Les dispositifs mis en place par le gouvernement, comme le chômage partiel et les reports de charge, ont permis un temps d'éviter le pire. Mais de vastes plans sociaux et des destructions d'emplois massives ont déjà été annoncées. Et les faillites pourraient se multiplier parmi les petites et moyennes entreprises. Si des secteurs apparaissent sinistrés, comme l'aérien, le tourisme ou encore l'événementiel, d'autres sont parvenus à limiter les dégâts, si ce n'est prospérer ces derniers mois.

"Certains secteurs s'en sont sortis mieux que d'autres", relève Virginie Foyard, directrice associée du cabinet de recrutement Robert Half France. Pour elle, des salariés peuvent donc légitimement se manifester auprès de leur hiérarchie pour négocier une augmentation. "Pendant le confinement, des salariés ont été extrêmement sollicités, ils ont acquis de nouvelles compétences et se sont rendus compte de leur valeur", ajoute-t-elle. La pandémie a conduit de nombreux travailleurs à assumer de nouvelles tâches, mais aussi à réévaluer leurs priorités de carrière.

Des dirigeants inquiets de voir partir leurs talents

Dans ce contexte, pas étonnant que 90% des dirigeants français se disent "inquiets de voir partir leurs meilleurs salariés", selon un sondage en ligne réalisé en juillet 2020 par Robert Half, auprès de 301 cadres d'entreprises en France. Pour espérer conserver leurs talents, "les employeurs ont intérêt à suivre régulièrement les tendances de salaires, être en mesure d'agir rapidement et savoir négocier efficacement", estime Olivier Gélis, directeur général de Robert Half France.

Les salariés issus de secteurs porteurs ne doivent pas hésiter à aller taper sur l'épaule de leur supérieur. "À l'inverse, si l'entreprise se trouve en difficulté, avec des licenciements économiques, il est beaucoup plus compliqué d'aller négocier. Mais cela n'empêche pas de signaler à votre supérieur ce que vous avez fait pendant la crise", précise Virginie Foyard. Même si ce n'est pas le bon moment pour demander une augmentation, c'est important pour que votre supérieur garde à l'esprit votre implication et se souvienne de vous plus tard.

Des métiers très sollicités, comme ceux du numérique

Parmi les secteurs porteurs, on retrouve notamment l'informatique, alors que le confinement et l'essor du télétravail a entraîné une accélération de la transition numérique des entreprises et le développement du e-commerce. C'est pourquoi Virginie Foyard considère que "tous les métiers de la transformation digitale sans exception" peuvent renégocier leur rémunération. Elle cite également les ressources humaines, très sollicitées entre la mise en place du chômage partiel et la nécessité d'organiser la présence des salariés en raison de l'épidémie. Sans oublier les licenciements économiques à venir et les plans de sauvegarde de l'emploi.

Les contrôleurs de gestion ont aussi beaucoup à faire, pour tenter de piloter au mieux les entreprises dans cette crise sanitaire, évaluer ce qui a marché et ce qui n'a pas fonctionné, en établissant des reporting et des prévisions. Les métiers de la comptabilité sont également fortement mis à contribution, pour trouver de la trésorerie et recouvrir les factures. "C'était déjà des métiers pénuriques" avant la crise, souligne Virginie Foyard.

Les métiers de la logistique, comme celui d'administrateur des ventes (gestion des commandes jusqu'à livraison des produits), ont vu leur activité décoller à partir du déconfinement, en raison d'un effet de rattrapage après la mise à l'arrêt de pans entiers de l'économie. Enfin, le secteur de la formation est aussi très porteur, en raison d'un besoin important de former des salariés à de nouvelles compétences, en lien notamment avec le numérique mais aussi le management face à de nouvelles façons de travailler, en entreprise et à distance.

Les cadres peuvent aussi postuler ailleurs

Celles et ceux qui ne pensent pas réussir à obtenir une augmentation de salaire dans leur entreprise peuvent aussi tenter leur chance ailleurs. "Nous constatons que le recrutement en CDI de cadres se porte plutôt bien. On est revenu à des chiffres comme ceux de début d'année", précise Virginie Foyard. Changer de travail peut aussi entraîner un changement de secteur. "Des compétences (dans les ressources humaines, la comptabilité..., ndlr) sont tout à fait transposables d'un secteur à l'autre", assure-t-elle.

Outre les entreprises de services numériques, les laboratoires pharmaceutiques, la grande distribution, mais aussi les banques et les assurances peuvent aujourd'hui offrir des opportunités d'embauche. En revanche, pour les non-cadres, le marché du travail reste compliqué, bien qu'il reparte un peu. Une amélioration qui pourrait tourner court si une deuxième vague de contaminations massives au coronavirus venait à paralyser encore l'économie.

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