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CETA : 'La loi du plus fort, nous n'en voulons plus'

CETA : 'La loi du plus fort, nous n'en voulons plus'
© Capture BEL RTL

La Belgique a jusqu'à ce lundi soir pour dire si ou non elle est en mesure de donner son approbation concernant l'accord de libre-échange entre l'UE et le Canada (CETA), a indiqué dimanche le président du conseil européen Donald Tusk.

Les 28 pays européens sont tous favorables au CETA — accord qui a nécessité cinq ans de négociations et qui est le premier accord commercial du bloc européen avec un pays du G7. Mais la Belgique ne peut donner son aval sans le soutien de ses cinq régions, et le Parlement wallon a voté contre.

André Antoine, président du parlement de Wallonie, a affirmé ce lundi matin au micro de BEL RTL, que la signature du CETA prévue ce jeudi à Bruxelles semble compromise et qu'on se dirige très probablement vers un report ou une annulation :

"Face à l'ultimatum européen, deux tiers du parlement wallon estiment que cela n'est pas suffisant et que des éléments fondamentaux ne sont pas rencontrés aujourd'hui. Cela ne sera pas possible de respecter l'ultimatum. [...] La loi du fort, la loi des multinationales. Ça, nous n’en voulons plus. On veut des règles."

Un refus wallon qui aurait pu être anticipé par l'UE, selon André Antoine :

"Le 27 avril de cette année, nous avons pris une résolution extrêmement détaillée après deux ans de travaux où nous avons notamment écouté la Commission, [...] le monde des affaires mais aussi celles et ceux qui étaient contre le CETA. Et nous leur avons dit : ce n'est pas possible. Je me suis rendu fin septembre au forum de l'OMC à Genève pour dire à Cecilia Malmström (Commissaire européenne au commerce, ndlr) que s'il n'y a pas des changements radicaux, radicaux, ce sera non."

D'après le président du parlement wallon, plusieurs éléments fondamentaux sont à revoir pour que cet accord de libre-échange puisse aboutir :

"1. La nature contraignante des textes et les rendre plus cohérents et être bien sûrs que tous les engagements prix déjà acquis soient confirmés dans les textes. 2. Les Canadiens peuvent revoir les conditions du marché agricole et nous pas. Ce n'est pas sérieux. Il faut pouvoir protéger nos agriculteurs. 3. On annonce à terme une cour multilatérale des investissements mais pourquoi pas tout de suite. Ce serait un acquis considérable."

Le Premier ministre belge Charles Michel avait organisé une réunion d'urgence à 13 heures à Bruxelles avec notamment Paul Magnette, ministre-président de la Wallonie, et son homologue flamand pour dénouer la situation.

En vain, les Wallons — avec le gouvernement bruxellois et la communauté linguistique dite "française" — ont refusé de donner leur aval pour signer l'accord de libre-échange en l'état. A son arrivée à Bruxelles, Paul Magnette a déclaré :

"A chaque fois qu'on essaie de poser un ultimatum, cela rend tout débat démocratique impossible. Nous n'avons pas besoin d'ultimatum. Nous ne prendrons aucune décision sous la pression."

Seule la région flamande a donné son accord pour la signature du CETA.

A l'issue de cette réunion de concertation, le Premier ministre belge a donc téléphoné comme prévu à Donald Tusk, président du conseil européen, pour lui annoncer que la Belgique ne pourra pas signer le CETA en l'état.

Business Insider
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