Capture d'écran/Gossip

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L'autorité française de protection des données frappe un grand coup contre l'application Gossip, qu'elle accuse "d'atteintes graves à la vie privée".

Gossip permet à n’importe qui de poster des ragots de manière anonyme sous forme de texte, de photos ou vidéos portant sur une personne faisant partie de la liste de ses contacts. Tous les utilisateurs de l’application ayant la personne ciblée par la rumeur dans leur répertoire ou dans leurs contacts sur Facebook sont destinataires du « gossip », sans connaître son émetteur.

La Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a constaté des manquements "graves" à la loi « Informatique et Libertés » et a mis en demeure la société éditrice W.M.G de s'y conformer dans un délai d'un mois.

L'affaire a aussi été signalée au procureur de la République.

"A 10 ans mais a déjà le VIH"

A l'issue de deux contrôles effectués en juin dernier, la Cnil a d'abord constaté un non-respect de la vie privée et des libertés individuelles. L'application était utilisée pour diffuser des commérages ou des accusations à l’encontre notamment de personnes mineurs. Elle a ainsi pu relever la présence de messages du type :

"[prénom] a 10 ans mais a déjà le VIH",  "[prénom et nom de famille] 14 ans alcoolique (…)" ou encore "(…) au tribunal pour acte de pedophilie #meufde14ans".

Par ailleurs, les "gossips" sont diffusés à tous les utilisateurs de l’application qui ont dans le répertoire de leur téléphone portable le numéro de la personne faisant l’objet du commérage.

"Concrètement, cela signifie qu’une personne n’ayant pas l’application, y compris mineure, peut faire l’objet de calomnies susceptibles de déstabiliser son entourage et de lui porter un grave préjudice", précise la Cnil dans un communiqué.

Enfin, l’application repose sur la collecte et le traitement de l’ensemble des numéros de téléphone figurant dans le répertoire téléphonique des utilisateurs de l’application ou parmi les données renseignées par ses contacts Facebook, même si ces personnes n’ont pas téléchargé l’application. "Or, ce traitement ne repose sur aucune base légale", écrit la Cnil.

L'an dernier, l'application avait été suspendue suite à une polémique sur le harcèlement. La ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem a demandé aux recteurs de "surveiller" l'application.

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