Phoebe Walter-Bridge dans "Fleabag". BBC Three/Amazon Studios.

Le service de streaming Amazon Prime Video s'est lancé discrètement en France le 14 décembre dernier

Malgré quelques productions originales de qualité, on a rapidement pu noter que le nombre de programmes disponibles n'était, pour l'instant, pas au niveau du catalogue de son concurrent Netflix. 

Une nouvelle arrivante pourrait changer la donne.

Ce vendredi 10 février, Amazon Prime Video a ajouté à son catalogue en France la première saison de six épisodes de la série anglaise "Fleabag". 

Créée par la dramaturge Phoebe Walter-Bridge, la série a été coproduite par la BBC et Amazon Studios. On y suit le quotidien de Fleabag, trentenaire extravertie, qui tente de maintenir à flot le café qu'elle a ouvert avec sa meilleure amie récemment décédée.

Diffusée en juillet 2016 au Royaume-Uni, elle a bénéficié d'excellentes critiques qui ont développé sa notoriété, notamment par bouche-à-oreille.

"Fleabag" figure aussi dans le top 10 des meilleures séries de 2016 d'un grand nombre des membres de l'Association des critiques de séries (ACS) française

En mettant la main sur cette série encensée par la critique, Amazon fait ainsi un gros coup, étoffe son catalogue et pourrait réussir à mieux faire connaître son service de video en streaming.

Une œuvre sublime 

Au premier abord, la coproduction anglaise est une série comique un peu délurée comme on en connaît des dizaines. Mais il suffit de quelques minutes pour que Phoebe Walter-Bridge, également actrice principale, nous retourne le cerveau.

Sans aucune gêne, elle brise le quatrième mur et s'adresse directement au spectateur, qui plonge dans sa vie constituée en grande partie d'alcool, de sexe et de sarcasme.  

On comprend rapidement que les "errances d'une trentenaire" n'ont ici rien de classique, que Phoebe Walter-Bridge a créé une œuvre sublime sur le deuil et le vide, l'amour et la solitude.

"Ne me force pas à te détester, t'aimer est déjà bien assez compliqué", lâche son petit-ami musicien, éternellement rejeté. A peine a-t-on le temps d'enregistrer la beauté du reproche que Fleabag répond : "Je suis désolée mais je pense vraiment que tu devrais noter cette phrase, elle est vraiment bien!"

Ce qui pourrait passer pour un cassage de rythme parvient à la place à transcender cette dispute, révélatrice du mal qu'énonce la série: ne jamais rien prendre au sérieux est terriblement grave.

On avait déjà noté dans sa série "Crashing" que Phoebe Walter-Bridge écrivait les meilleurs personnages de femmes "coincées mais perchées", à la "Quatre Mariage et un Enterrement" version 2016. Elle récidive dans "Fleabag" avec la soeur de l'héroïne (Sian Clifford), personnage secondaire névrosé à souhait, control freak mal léchée qui souffre en silence avec une intensité incroyable. 

Dans un épisode superbe, les deux sœurs partent en camp de repos "silencieux", qui ne sert pas à les rapprocher mais plutôt à formuler une relation dysfonctionnelle irréparable. Où les idées de corps, d'esprit, de féminisme, d'angoisses et d'insignifiance se mélangent en moins de trente minutes pour former un ensemble cathartique, émotionnellement épuisant mais tellement magnifique.

Ceci est une opinion. L’avis exprimé ici n’engage que son auteur.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Les 8 séries à rattraper sur Amazon Prime Video en France pendant les fêtes de fin d'année

VIDEO: Voici la seule et unique bonne manière de remonter ses manches de chemise