Belle Assiette

Belle Assiette

La Belle Assiette, site de réservation en ligne de livraisons de traiteurs, accueille Elior à son capital. Le groupe français de restauration collective prend "une participation" minoritaire dans la petite entreprise (28 salariés à Paris, Londres et Berlin), sans en révéler ni le montant ni le pourcentage.

Cette arrivée pourrait être un tournant dans le business model de La Belle Assiette, qui reposait jusqu'à présent majoritairement sur son activité de "chef à domicile".

En quatre ans, ce sont 40 000 repas, de 35 à 100 €, qui ont été servis par 600 chefs en France, en Belgique, au Luxembourg, en Suisse, au Royaume-Uni et en Allemagne.

"Ça nous a permis de bien positionner la marque, de nous roder dans l'acquisition de clients et d’illustrer notre vision du marché en plaçant des produits sur chaque segment du traiteur. C'était un excellent produit d'appel pour La Belle Assiette", explique à Business Insider France Stéphen Leguillon, l’un des deux fondateurs avec Giorgio Riccò, rencontré à l'école de commerce ESCP-EAP à Paris.

Le dirigeant parle au passé. Comme s'il avait déjà tourné la page. "Non, mais le relais de croissance proviendra des deux autres activités (livraison et événementiel) notamment en terme de tailles de marché. On se dirige vers le B to B pour proposer au traiteur une gestion quotidienne et globale".

Sur La Belle Assiette, un client peut choisir parmi 35 000 menus de 740 traiteurs professionnels, selon ses besoins, ses restrictions alimentaires, son budget (plateaux repas, buffets, snacks, petit-déjeuner, etc.). Il définit l'heure et le lieu de livraison.

Pour la startup de la foodtech, les commissions varient de 12 à 20 %. L'entrée au capital d'Elior doit donc faire pivoter les revenus vers les clients professionnels, les traiteurs d'un côté et les entreprises de l'autre.

"Nous sommes dans une optique d’un déploiement agressif. Elior est une belle marque dans beaucoup de pays qui va nous permettre de tester de nouveaux services".

Le chiffre d’affaires consolidé d'Elior Group, présent dans les établissements scolaires, entreprises, établissements de santé et médico-sociaux, s'est élevé à 5,674 milliards d’euros pour une marge de 7,6 % du chiffre d'affaires en 2015.

"Devenir le plus grand traiteur du monde"

Stephen Leguillon (g) et Giorgio Rico (d), les fondateurs de La Belle Assiette. ©La Belle Assiette

Stephen Leguillon (g) et Giorgio Ricco (d), les fondateurs de La Belle Assiette. ©La Belle Assiette

Créée en 2012 par Stephen Leguillon et Giorgio Riccò, respectivement Franco-irlandais et Italien, La Belle Assiette avait jusque-là levé 3 millions d'euros auprès du fond d’investissement Cabiedes & Partners et d'investisseurs privés parmi lesquels Nicolas Brusson, cofondateur de BlaBlaCar, Thibaud Elzière, fondateur d'e­founders, Kima Ventures et Benoît Bassi, associé et président de BridgePoint France.

Stephen Leguillon en est persuadé : les opportunités sont gigantesques. Les concurrents sont européens et de taille équivalente, indique-t-il. Ils visent tous le marché européen du traiteur événementiel, estimé à 18 milliards d'euros par Eurostat.

Son objectif : "devenir le plus grand traiteur du monde". Tout simplement. On jugera plus tard. Aujourd'hui, il ne révèle ni son chiffre d'affaire, ni sa rentabilité. "Question de concurrence" explique le dirigeant.

En attendant, il espère avec Elior faire sauter quelques barrières.

"Les traiteurs ne comprennent pas que le numérique peut être une source de revenus. Ils sont encore ancrés dans un modèle traditionnel de contact et de menu sur mesure avec le client.  Après une journée, quand ils génèrent déjà des affaires, leur regard change".

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