Le directeur scientifique de l'IA de Facebook dit pourquoi on vit actuellement un moment clé pour le futur de cette technologie

Sophia le robot. Flickr/ITU/R.Farrell

  • Selon Yann LeCun, l'intelligence artificielle n'est pas encore assez avancée pour qu'on puisse concevoir une machine capable d'acquérir le bon sens.
  • "Un rat a plus de bon sens que le meilleur système d'intelligence artificielle qu'on est capable de construire", affirme celui qui vient d'être promu directeur scientifique de l'IA de Facebook.
  • Il y a un risque que les gens qui financent la recherche sur l'IA s'en désintéressent si aucun progrès dans ce sens n'est fait "dans les deux ou trois ans qui viennent" d'après lui.

L'intelligence artificielle a récemment permis de nombreux progrès en matière de traduction, de reconnaissance vocale ou dans le développement de la voiture autonome.

Des progrès qui alimentent les fantasmes sur la façon dont l'IA va façonner le monde de demain. Elon Musk a par exemple twitté en septembre 2017 qu'elle serait "la cause la plus probable d'une troisième guerre mondiale". Quant au très médiatique robot Sophia, elle laisse penser que nous sommes entrés dans l'ère des robots humanoïdes, comme l'écrit Le Monde.

Yann LeCun, nouvellement nommé directeur scientifique de l'IA de Facebook, cherche à "modérer les espoirs" suscités:

"Un rat a plus de bon sens que le meilleur système d'intelligence artificielle qu'on est capable de construire", a-t-il déclaré lors d'une conférence en marge de l'exposition Connexions organisée mardi 23 janvier par Facebook à Paris.

Autrement dit, l'étendue des connaissances dans l'IA ne permettent pas encore de concevoir une machine qui peut acquérir le bon sens, avoir une "conscience".

"Nous n'allons pas avoir cela à moins que nous trouvions comment faire pour que les machines apprennent comment fonctionne le monde en l'observant" expliquait-il dans une interview à The Verge en octobre 2017. "Vous savez, juste en regardant des vidéos et en lisant des livres. Et c'est ça le défi scientifique et technologiques pour les prochaines années. J'appelle cela le predictive learning."

Yann Lecun fait une présentation sur le deep learning en 2015. YouTube/USI events

Une telle avancée est synonyme de graal pour les experts et les chercheurs car elle conditionne l'avenir de l'IA. En effet, elle permettrait d'éviter un nouvel "hiver" — ces périodes pendant lesquelles il n'y a pas d'avancée majeure dans le domaine à cause du manque de financement des recherches.

Au cours de son histoire qui commence dans les années 50, l'IA connu plusieurs "hivers", comme le rappelle Les Echos.

"Si on arrive à faire des progrès significatifs dans les deux ou trois ans qui viennent, je pense qu’on aura pas de problème d’hiver de l’IA", a estimé Yann LeCun lors de la conférence.

"Si ça prend 5,10 ou 15 ans, il très possible que tous ces gens qui financent toute cette recherche commencent à perdre patience et à se demander si ça vaut vraiment le coup. La question est de savoir si les gens vont y croire jusqu’à temps qu’on trouve quelque chose qui soit un progrès significatif."

Récemment, Yann LeCun a porté des attaques contre l'infâme Robot Sophia (et Business Insider) pour avoir diffusé ce qu'il considère comme "de la connerie absolue" sur l'intelligence artificielle.

Mark Zuckerberg a fait de la technologie l'un des socles de l'évolution de son entreprise.

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