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Des chercheurs de l'université Oxford viennent d'exposer l'avalanche de données que Google et Facebook siphonnent à partir de vos applications

Des chercheurs de l'université Oxford viennent d'exposer l'avalanche de données que Google et Facebook siphonnent à partir de vos applications
© Getty
  • Une étude réalisée par des chercheurs de l'université d'Oxford sur près d'un million d'applications a révélé que les grandes entreprises de technologie pouvaient accumuler énormément de données provenant d'applications tierces.
  • L'étude montre qu'un peu moins de 90% des applications analysées pouvaient envoyer des données à des filiales de la maison-mère de Google, Alphabet.
  • On découvre que les applications d'actualité et celles destinées aux enfants utilisent énormément de trackers.
  • Google a contesté la méthodologie utilisée par les chercheurs d'Oxford.

Selon une nouvelle étude de l'université d'Oxford, des entreprises comme Google et Facebook peuvent accumuler une quantité importante de données personnelles à partir d'applications tierces sur nos smartphones.

Les chercheurs ont passé au crible 959.000 applications sur le Google Play Store aux États-Unis et au Royaume-Uni. L'étude révèle à quel point un nombre considérable d'entre elles sont configurées pour transférer des données personnelles à de grandes entreprises technologiques.

L'étude a révélé que 88% des applications pourraient finir par transmettre des données à Alphabet, la maison-mère de Google. Cela place donc Google en tête de liste des potentiels bénéficiaires des données récupérées sur des applications tierces. Voici le classement des autres sociétés:

  1. Alphabet: 88.44%
  2. Facebook: 42.55%
  3. Twitter: 33.88%
  4. Verizon: 26.27%
  5. Microsoft: 22.75%
  6. Amazon: 17.91%

Les informations qui peuvent être partagées via des applications tierces incluent des éléments tels que l'âge, le sexe ou encore la localisation selon le Financial Times, qui a repéré l'étude réalisée par Oxford en premier.

Les chercheurs ont déclaré que ce type de données "permet de construire des profils détaillés sur les individus, y compris avec des informations sur les habitudes d'achat, la catégorie socio-professionnelle ou encore les opinions politiques".

Ils ajoutent: "Ces profils peuvent ensuite être utilisés à diverses fins, de la publicité ciblée à la notation de crédit ou encore aux messages de campagne politique ciblés".

L'étude indique qu'en moyenne, une application peut transférer des données à cinq entreprises de suivi, qui pourraient ensuite transmettre ces données à des entreprises comme Google. Certaines applications ont davantage de trackers que d'autres.

"Les applications d'actualité et celles destinées aux enfants semblent être parmi les pires en ce qui concerne le nombre de trackers qui leur sont associés", peut-on lire dans l'étude.

Les applications destinées aux enfants soulèvent des questions juridiques particulièrement épineuses en ce qui concerne le suivi des données, comme l'indique l'étude en conclusion. "Certaines des pratiques possiblement impliquées —comme par exemple le fait de récupérer des données sur des enfants sans essayer d'obtenir l'autorisation de leurs parents — peuvent être carrément illégales", disent les chercheurs.

Google conteste l'étude d'Oxford

Google a contesté la méthodologie utilisée par les chercheurs d'Oxford.

"Nous ne sommes pas d'accord avec la méthodologie et les conclusions de cette étude. Elle décrit mal certains services comme les rapports d'erreur et l'analyse d'usage, et la manière dont les applications partagent les données pour fournir ces services", a déclaré un porte-parole à Business Insider.

"A travers Google et Google Play, nous avons des politiques claires et un mode d'emploi à propos de la manière dont les développeurs et les tierces parties peuvent manipuler les données. Nous réclamons de la part des développeurs d'être transparents et de demander la permission aux utilisateurs. Si une application viole nos politiques, nous agissons en conséquence".

Mark Zuckerberg, président et fondateur de Facebook

Reuben Binns, l'un des chercheurs ayant participé à l'étude a déclaré: "Nous n'affirmons pas que tous les services de tracking des tierces partis sont injustifiés, car les rapports d'erreur et les analytics sont des outils utiles pour les développeurs. Google propose des fonctionnalités de suivi par des tiers pour cela. Mais leurs outils d'analyses sont également souvent utilisés par les développeurs pour mesurer l'efficacité de leurs publicités ciblées. "

Amazon et Twitter ont refusé de commenter. Facebook et Verizon n'ont pas tout de suite répondu à la demande d'entretien de Business Insider.

La soif "excessive" de données

L'ONG Privacy International a déclaré que les recherches d'Oxford avaient montré que la soif de données des géants de la technologie était devenue "excessive". Frederike Kaltheuner, responsable du programme d’exploitation des données, a déclaré à Business Insider:

"Le suivi par un tierce parti est le parfait exemple du fait qu'il est devenu impossible pour un utilisateur lambda de comprendre parfaitement ce qu'il advient de ses données, encore moins de refuse quoi que ce soit ou d'avoir un certain contrôle de ses données.

"La manière dont Google, Facebook (et beaucoup d'autres entreprises dont la plupart des gens n'ont jamais entendu parler) traquent les utilisateurs de la grande majorité des applications est tout simplement excessive. Il ne s'agit plus vraiment de collecter des données pour afficher des 'publicités pertinentes' —il s'agit de maximiser le profit au détriment des droits fondamentaux des utilisateurs."

Version originale: Isobel Asher Hamilton/Business Insider

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