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La Chine utilise un tweet d'Elon Musk pour faire sa propagande

La Chine utilise un tweet d'Elon Musk pour faire sa propagande
© PETER PARKS/AFP/Getty Images
  • Cette semaine, Elon Musk a tweeté à propos d'un projet de construction en Chine qui a été bouclé en neuf heures par 1500 ouvriers.
  • La Chine s'est emparée du tweet et l'a utilisé pour faire sa publicité à travers de nombreux médias d'Etat, mettant en avant le fait que Musk était "impressionné" par les capacités de la Chine.
  • Mais les ouvriers en Chine peuvent être considérés comme les salariés les plus vulnérables, sujets à de longues heures de travail, des conditions difficiles et un salaire faible — parfois ne recevant aucune rémunération du tout.
  • Musk n'est pas le seul à faire la promotion de la croissance chinoise, mais cela soulève des interrogations sur le coût humain du progrès.

La Chine a récemment utilisé un tweet d'Elon Musk comme outil de propagande pour promouvoir sa capacité de développement d'infrastructures.

Mardi 27 février 2018, Musk a tweeté à propos de 1500 ouvriers en Chine qui ont amélioré une voie de chemin de fer en neuf heure. Il a ajouté une légende au tweet: "Les progrès de la Chine en infrastructures poussées vont 100 fois plus vite que les Etats-Unis."

L'article portait sur une nouvelle intersection de chemin de fer dans la province de Fujian, qui a été construite entre 18h et 3 heures du matin à la mi-janvier.

Il n'a pas fallu longtemps avant que les médias d'Etat commencent à présenter le tweet de Musk comme une validation des capacités de construction de la Chine.

Le média d'Etat officiel Xinhua a écrit un article entier intitulé "Elon Musk est impressionné par le projet de chemin de fer chinois qui a été terminé en neuf heures."

Le Global Times, qui parle surtout de l'international, a repris la même information, tout comme la télévision nationale CGTN. Un autre article a fait la une de la page d'accueil de People's Daily, le principal journal du parti communiste, le 1er mars 2018.

Les articles ont mis en avant quelques 1800 commentaires positifs qui semblaient s'émerveiller de la construction, ils ont ignoré de nombreux commentaires qui s'inquiétaient des conditions de travail et des droits de l'homme en Chine.

De nombreux reportages et enquêtes ont montré, à travers les années, que les ouvriers ont des bas salaires, peu de pauses et voire même pas de contrat de travail. Dans le passé, certains ont même vu leurs salaires être retenus pendant un an, ou n'ont même pas été payés.

Des heures irrégulières et des conditions de travail intenses qui permettent de construire des projets d'infrastructures rapidement peuvent être considérées comme un indice de mauvaises conditions de travail.

Musk n'est pas le premier dans la Silicon Valley a faire fi des droits de l'Homme en Chine.

Michael Moritz, associé chez Sequoia Capital, a récemment écrit dans le Financial Times que "la manière de travailler des Chinois semble malsaine et peu attirante pour les Occidentaux", mais que les habitudes occidentales "seront bientôt obsolètes".

Il a dit que le débat sur l'équilibre vie privée-vie professionnelle était une "distraction injustifiée" et a fait l'éloge des cadres dirigeants qui ne voyaient leurs enfants que "quelques minutes par jour."

"Les 'top managers' viennent au travail à 8h et ne partent pas avant 22 heures. La majorité travailleront six jours par semaine — et beaucoup le font même sept jours sur sept", a écrit Moritz.

Sam Altman, le président de l'accélérateur Y Combinator, a aussi été critiqué pour avoir écrit un billet de blog en décembre dans lequel il faisait l'éloge de la liberté d'expression en Chine, qu'il pensait n'être pas possible dans la Silicon Valley.

Beaucoup ont critiqué l'emprisonnement des dissidents en Chine, de la surveillance lourde des citoyens, une faible liberté de déplacement, de rassemblement, de religion et d'expression.

Version originale: Tara Francis Chan/Business Insider

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