Il y a des amendements qui servent moins l’intérêt général que celui de leur auteur, relève un député qui se retire après 20 ans de mandat

Christophe Caresche avec les élèves de CM2 de l'école Clignancourt qui ont participé à la 21e édition du Parlement des enfants en juin 2016. Facebook/Christophe Caresche

Christophe Caresche est député PS de Paris depuis 1997.

A 56 ans, il a décidé de ne pas de représenter lors des prochaines élections législatives. C'est sa suppléante, l'actuelle ministre du Travail Myriam El Khomri, qui partira à la conquête de la 18eme circonscription.

Dans un long entretien accordé au site d'information Contexte, Christophe Caresche fait part de sa "lassitude" pour expliquer son choix.

"J’ai fait de la politique pratiquement toute ma vie et suis un peu mal à l’aise avec cette idée", avoue l'un des soutiens d'Emmanuel Macron.

Interrogé sur l'évolution et l'efficacité du travail d'un député depuis 1997, Christophe Caresche explique que "l’amendement est devenu l’élément central de l’activité parlementaire". 

Au point de dénoncer l'utilisation égoïste qu'en font certains de ses collègues à l'Assemblée nationale. Selon le futur ex-député, le dépôt d'un amendement, en commission ou en séance publique, ne servirait pas toujours l'intérêt général mais principalement celui de son auteur. 

"Le passage en commission ne joue pas son rôle de filtre: il serait nécessaire de distinguer, parmi les amendements, ceux qui sont très politiques de ceux qui sont sérieux et méritent un débat.  (...) Pour un certain nombre de députés, l’objectif n’est pas de faire passer un amendement, mais de venir parler pour le Journal officiel. L’intérêt est maigre", dénonce-t-il dans les colonnes de Contexte.

Le compte rendu intégral des débats est en effet publié au Journal officiel. Chaque fois qu'un député prend la parole, il est cité et son propos rapporté en intégralité.

Selon la définition rappelée sur le site de l'Assemblée nationale, le droit d’amendement est le droit de soumettre au vote des assemblées parlementaires des modifications aux textes dont elles sont saisies, qu’il s’agisse de projets de loi (d’initiative gouvernementale), ou de propositions de loi (d’initiative parlementaire). 

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