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Cinq choses à savoir sur Yandex, le mystérieux 'Google russe'

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Cinq choses à savoir sur Yandex, le mystérieux 'Google russe'
En Russie, Yandex fait aussi bien que ses rivaux américains : VTC, livraison de repas... © Yandex
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Ce nom ne vous dit peut-être rien mais, en Russie, il est aussi populaire que Google. Et pour cause, Yandex, le moteur de recherche russe, qui souffre continuellement de la comparaison avec le grand rival américain, est encore privilégié par une grande partie de la population dans son pays d'origine. Ce mardi 31 août, le groupe moscovite a fait l'actualité avec un rachat à hauteur de 1 milliard de dollars (800 millions d'euros) des parts de Uber dans plusieurs des co-entreprises fondées avec le groupe américain. Yandex sert de porte-drapeau de la tech locale à Vladimir Poutine qui tente depuis plusieurs années de reprendre la main sur le web russe.

Ambitieux et poussé par le Kremlin, le champion russe tente de s'étendre au-delà de ses frontières. Depuis cet été, la livraison de produits alimentaires par Yandex, baptisé Yango Deli, est disponible à Paris. L'entreprise promet une livraison express en moins de 15 minutes. Quel est cet acteur venu de l'est qui veut concurrencer les titans californiens et quels sont ses liens avec le pouvoir russe ? Voici 5 choses à découvrir sur Yandex.

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1. Yandex a été créé avant Google

Yandex

Le champion russe a été lancé en 1997 par Arkadi Voloj, soit un an avant Google. L'entreprise a développé ses algorithmes en utilisant l'abécédaire cyrillique, ce qui lui permet encore aujourd'hui d'être plus pertinent que son concurrent californien pour les recherches en langue russe. Chose rare pour une entreprise moscovite, la société est cotée au Nasdaq depuis 2011, la bourse new-yorkaise spécialisée dans les valeurs tech. Depuis, le champion russe se développe dans autant de secteur que ses rivaux américains : voiture autonome, livraison à domicile, VTC, e-commerce, service de vidéos en ligne etc.

2. C'est l'un des seuls moteurs de recherche à rivaliser localement avec Google

Yandex

Pendant longtemps, la population russe a fait office d'irréductibles internautes qui résistaient seuls à la domination de Google. Alors que le géant californien dépasse outrageusement les 90% de part de marché dans tous les pays avec un internet libre, Yandex conservait encore plus de la moitié des recherches sur le web en Russie. Google a fini par prendre l'ascendant sur son rival slave : depuis 2020 et la crise sanitaire, le groupe américain atteint 52% des parts de marché en Russie tandis Yandex atteint désormais les 44%, selon StatCounter. Néanmoins, cette mise à mal de l'hégémonie de Google est suffisamment rare pour être notée.

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3. Le Kremlin a la main sur Yandex

Vladimir Poutine, avec le PDG du groupe Arkadi Voloj, en visite dans les locaux de Yandex en 2017. Kremlin.ru

Vladimir Poutine a décidé d'agir lorsque Yandex a commencé à devenir incontournable pour la population russe. "Le Kremlin a rapidement vu le potentiel de Yandex et a usé d'une méthode subtile pour garder le contrôle sur le groupe sans en prendre la possession", explique Julien Nocetti, chercheur spécialisé dans la Russie et le Moyen-Orient à l'Ifri, auteur de “Un outsider paradoxal : la Russie dans la course à l’intelligence artificielle". En 2009, le gouvernement impose au groupe de tech d'intégrer des décisionnaires russes avant d'introduire l'entreprise en bourse. Contre 1 euro symbolique, Sberbank, la première banque privée du pays et fidèle alliée du Kremlin, se voit octroyer une "action en or", lui conférant un droit de veto sur toute vente du capital supérieure à 25 %.

L'emprise de l'homme fort du pays atteint un point culminant en 2016. Le Parlement adopte une loi obligeant les agrégateurs à vérifier la "fiabilité des informations" de toutes les sources non enregistrées officiellement en tant que médias par Roskomnadzor (la Cnil russe). Yandex News, l'onglet actualité du moteur de recherche (équivalent de Google News), doit retirer les publications jugées inexactes par cet organisme, chaque retard pouvant être sanctionné d'une amende pouvant aller jusqu'à 14 200 euros par jour.

4. Yandex ne fait qu'éjecter Uber de Russie

Yandex

Depuis 2017, Uber a préféré fusionner sa branche russe avec les services de Yandex, évitant ainsi une bataille avec le champion local. Les deux groupes partageaient des parts dans un groupe commun, mais dans un contexte de reprise en main de l'internet russe par Vladimir Poutine, le groupe moscovite a finalement décidé de rester seul maître en son pays. Depuis ce mardi 31 août, le géant russe de l'internet a annoncé qu'il allait acquérir 100% des filiales Yandex.Eats, Yandex.Lavka et Yandex.Delivery (les service de livraison de plats et de produits alimentaires). Yandex va également passer à 71% des parts dans la co-entreprise de taxis avec l'Américain, avec «une option de rachat des 29% restants de Uber sur une période de deux ans» pour un prix compris entre 1,8 et 2 milliards de dollars (1,5 et 1,7 milliards d'euros environ). Yandex réfute être poussé par le Kremlin : "La raison pour laquelle Yandex agit de la sorte est que la société souhaite développer le commerce électronique" nous répond le groupe.

5. Le groupe russe cherche à se développer dans l'Union européenne

Yandex

"Yandex n'a pas vocation à rester le champion dans son pays uniquement. Le gouvernement aimerait que ses services s'étendent à l'étranger, même si la concurrence risque d'être rude", indique Julien Nocetti. Yandex Taxi, le service de VTC, est disponible dans les pays de l'ex-Union soviétique, la Scandinavie, Israel, la Serbie et les pays Baltes. La France est peut-être la première puissance occidentale directement visée puisque, depuis le 25 août, Yandex a ouvert un service de livraison express de produits alimentaires. À travers quatre dépôts en région parisienne, l'application, baptisée Yango Deli, promet la livraison de courses en moins de 15 minutes. Néanmoins, les services de ce genre sont fustigés pour la pression qu'ils exercent sur les livreurs. Et si la première limite à l'expansion russe à l'étranger prenait la forme d'un syndicat français ?

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