Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Cinq employés de McDonald's assurent avoir été licenciés pour, entre autres, n'avoir pas dit bonjour

Cinq employés de McDonald's assurent avoir été licenciés pour, entre autres, n'avoir pas dit bonjour
© McDonald's

Manque de loyauté, comportement inapproprié, mais aussi "absence de 'bonjour", vol d'un pot de fleurs... Les raisons invoquées par la direction de McDonald's pour licencier certains de ses employés semblent aussi variées qu'inhabituels selon les informations rapportées par Le Parisien. Cinq employés du siège de McDonald's France, agents du service des ressources humaines, ont été licenciés le 24 janvier dernier pour "cause réelle et sérieuse" selon un courrier trouvé dans leur boîte aux lettres au retour du travail. Leur DRH (Direction des Ressources Humaines) leur aurait pourtant assuré qu'ils étaient "les meilleurs du monde", lors d'une réunion dix jours plus tôt.

A cette occasion, ces salariés avaient fait part à leur direction d'une inquiétude quant à une charge de travail croissante. Une prise de parole qui serait liée à leur licenciement, d'après eux. Les faits reprochés à ces cinq employés dans le courrier de licenciement semblent assez anecdotiques : pas assez d'e-mails envoyés à la hiérarchie dans la journée, absence de "bonjour" le matin s'apparentant à un comportement hostile, vol de matériel comme une paire de lunettes ou un pot de fleurs.

Cette affaire a été révélée par une dizaine de salariés et d'ex-salariés de McDonald's France Service qui ont décidé de témoigner de manière anonyme auprès du Parisien. Ils dénoncent notamment "des conditions de travail dégradées et des licenciements qu'ils jugent abusifs". Pour se défendre, les cinq employés de McDonald's récemment licenciés ont décidé de prendre un avocat. Selon ce dernier, la direction de McDonald's aurait "(...) trouvé n'importe quoi pour se débarrasser d'eux".

'Un travail sous stress qui devient la norme'

Le climat social semble donc se durcir au sein du siège de McDonald's France à Guyancourt, dans les Yvelines (78). En décembre dernier, le licenciement brutal et mouvementé d'un cadre du service paie présent dans l'entreprise depuis 27 ans avait déjà marqué les esprits. Un premier plan de départs avait été annoncé en 2017 : il ne restait plus que 452 postes en CDI au siège en décembre 2019 contre 508 deux ans auparavant, toujours selon les informations du Parisien. "Ils (NLDR : la direction de McDonald's) veulent externaliser certains services pour faire des économies. Les licenciements pour faute ou cause sérieuse ne sont qu'un prétexte" explique une source proche du dossier.

À lire aussi — McDonald's et Ferrero s'allient en Italie pour lancer le McNutella

En mars 2019, un rapport interne sur les risques pyschosociaux produit par un cabinet externe à McDonald's avait mis en lumière "un travail sous stress qui devient la norme" et "un rythme soutenu" pour les salariés. Avec en plus un "sentiment d'insécurité" quant à leur avenir dans l'entreprise : la moitié des personnes interrogées dans le cadre de ce rapport avait confirmé douter de leur avenir professionnel au sein de l'entreprise.

La direction de McDonald's France dément tout plan de licenciement

La direction de McDonald's avait réfuté ce rapport dans une note de quatre pages, fustigeant notamment des "considérations générales et imprécises". Contactée par Le Parisien, la direction de l'entreprise réfute tout problème potentiel au siège de Guyancourt : "nous sommes très attachés à ce que les salariés travaillent dans un climat (...) de travail sain et agréable". Selon McDonald's France, près de 8 salariés sur 10 auraient déclaré venir quotidiennement au travail "avec enthousiasme". À propos des évènements récents, la direction du groupe parle de "situations très spécifiques". Elle dément également tout éventuel plan de licenciement.

Une situation explosive qui risque de perdurer : ce lundi, un cadre, qui aurait parlé du sujet à sa hiérarchie, se serait vu interdire d'accéder au siège. Il aurait été chassé du hall d'accueil par les agents de sécurité. Le tout, sous le regard de certains de ses collègues.

Business Insider
Découvrir plus d'articles sur :