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Clientèle bobo, ventes en berne... Ces 6 idées reçues sur le vrac ne sont pas vraiment justes

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Clientèle bobo, ventes en berne... Ces 6 idées reçues sur le vrac ne sont pas vraiment justes
© Business Insider France/Claire Sicard

L'année 2020 a été très atypique, notamment dans notre manière de consommer et de faire nos courses. La pandémie de Covid-19 a notamment bousculé durablement le quotidien des Français : ils se sont majoritairement moins rendus dans les supermarchés, passant un très grand nombre de commandes en ligne, pour une livraison à domicile ou pour aller chercher leurs courses en drive. L'institut Nielsen a interrogé en décembre dernier 9 900 foyers français sur leur consommation, notamment de produits en vrac. Les résultats de cette étude ont été présentés jeudi 4 mars en conférence de presse, conjointement avec Réseau Vrac, l'association interprofessionnelle qui œuvre pour le développement de la vente en vrac.

Un des premiers enseignements de cette étude, c'est que même les bonnes résolutions des Français ont changé l'année dernière. Début 2020, l'environnement était leur résolution numéro un : ils étaient en effet 27% à dire qu'ils souhaitaient acheter davantage de produits limitant les emballages, et 26% qu'ils devaient faire plus de sport. Un an plus tard, en décembre, 45% des personnes interrogées souhaitaient faire plus de sport, 38% passer plus de temps avec ses proches, 31% ne plus remettre à demain ce que je peux faire immédiatement.

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Le Covid-19 a-t-il fait passer à la trappe les bonnes résolutions pour lutter contre les emballages, et donc par ricochet le vrac ? Non, les personnes interrogées étaient toujours 27% à vouloir réduire leurs emballages, d'autres priorités ont non seulement vu le jour avec la pandémie. Business Insider a choisir d'expliquer pourquoi ces 6 idées reçues sur le vrac ne sont pas vraiment justes aujourd'hui :

  • Avec la pandémie de Covid-19, la consommation de produits en vrac a fortement chuté

Que ce soit avec les sachets, les poignées des silos délivrant les produits secs, ou encore les pelles éventuelles, l'achat en vrac nécessite de nombreuses manipulations manuelles. Compliqué en temps de Covid-19 ? Une partie des rayons vrac a en effet été fermée lors du premier confinement, par crainte que le virus ne reste trop longtemps sur les surfaces. Si des consignes de nettoyages renforcés ont été ensuite mises en place, on pouvait penser que les clients auraient déserté le rayon. D'autant plus avec la baisse du trafic dans les supermarchés et l'explosion des commandes de courses en ligne. En janvier 2020, avant le début de la pandémie, les Français étaient 40% à acheter des produits en vrac. Ce chiffre a plongé à 22% pendant le premier confinement, selon les données de Nielsen. Mais en s'habituant finalement au fil des mois à vivre avec le coronavirus, les clients sont revenus à leurs habitudes d'avant : en décembre dernier, ils étaient ainsi 37% à acheter du vrac de nouveau, presque autant qu'avant le début de la pandémie.

  • Si on achète du vrac, c'est avant tout pour protéger l'environnement

Quand on évoque le vrac, on pense souvent à la réduction des emballages qu'il implique, et donc à ses effets vertueux pour l'environnement. Mais ce ne serait pas la première motivation des Français pour acheter en vrac, toujours selon les chiffres de l'étude. La principale raison de consommer des produits en vrac, à hauteur de 37%, est "pour acheter la quantité dont j'ai besoin". Elle est ensuite suivie par l'explication "pour réduire mes déchets d'emballages jetables" à 22%. Contrairement à ce que l'on peut penser, c'est donc la possibilité d'acheter juste ce qu'on consomme qui motive en premier lieu pour le vrac. Un constat d'autant plus renforcé en ces temps de crise économique : si 21% des Français faisant déjà attention à leurs dépenses avant la pandémie de Covid-19, 27% ont vu leurs revenus baisser et 28% restent également prudents malgré l'absence réelle d'impact financier aujourd'hui pour eux. Acheter la juste quantité leur permettrait donc de faire d'éventuelles économies.

  • L'acheteur de vrac est une caricature du bobo parisien

Dans la liste des idées reçues autour du vrac, figure souvent le cliché que le consommateur de vrac est un citadin avec d'importants moyens financiers qui ne fréquente que les magasins bio spécialisés. L'étude de Nielsen tend à prouver que ce n'est pas vraiment le cas et que les clients en vrac ressemblent beaucoup plus à monsieur et madame "tout le monde". 40% des consommateurs de vrac habiteraient ainsi en zones rurales ou dans les villes de moins de 20 000 habitants, loin donc des grandes métropoles. 53% d'entre eux ont plus de 50 ans et même 31% sont retraités. Enfin, 38% des acheteurs de produits en vrac vivent seuls, ce qui explique une nouvelle fois la motivation principale d'acheter la quantité juste.

  • Le vrac s'achète uniquement dans les magasins bio spécialisés

On pense souvent que les produits vrac ne se trouvent que dans les magasins spécialisés, type Comptoirs de la bio, La Vie Claire ou Naturalia. Mais selon les chiffres de l'étude, 61% des acheteurs fréquentent les supermarchés et hypermarchés tenus par la grande distribution, comme Leclerc, Carrefour, Auchan ou Casino, pour leurs achats de produits en vrac. Ils sont également 52% à se rendre en magasins bio et 10% dans les points de vente spécialisés en vrac. À noter que chez les acheteurs plus réguliers de vrac, 63% fréquentent effectivement en majorité les magasins bio, et seulement 56% les supermarchés, les chiffres s'inversant.

  • Le vrac, ce n'est que pour les mangeurs de graines ou de noix de cajou

Les produits d'épicerie sont toujours les plus privilégiés en vrac : 63% des acheteurs choisissent des fruits oléagineux, comme les noisettes ou les amandes, 56% des fruits secs comme les abricots par exemple. On retrouve ensuite les légumineuses (37%), les graines (35%), le riz (31%), les céréales et les pâtes (30%). Mais l'offre se diversifie de plus en plus, notamment pour les produits non alimentaires : le liquide vaisselle (9%), les produits de nettoyage pour la maison et la lessive (9%), mais aussi, Covid-19 oblige, le savon pour les mains (8%). À noter une autre initiative qui risque de changer la donne pour le consommateur et de renforce l'attractivité des produits vendus en vrac : la mise en place actuellement de tests de marques nationales en vrac. C'est le cas par exemple de l'enseigne Franprix qui propose dans certains de ses magasins des pâtes Panzani, du café Carte Noire, des biscuits pour l'apéritif Bénénuts ou des bonbons Lutti.

  • Le vrac n'a pas d'avenir et le marché ne s'étendra pas

Si la pandémie de Covid-19 a gelé temporairement la consommation de produits vendus en vrac lors du premier confinement, les ventes se sont ensuite redressées. Le chiffre d'affaires sur le vrac, tous circuits confondus, a été de 1,3 milliard d'euros en 2020. S'il est en progression de + 8% par rapport à l'année précédente, un vrai ralentissement a été quand même constaté : entre 2018 et 2019, la progression du CA était de + 41%. Aujourd'hui, 19% des foyers français, soit environ 5,4 millions de personnes, consomment régulièrement des produits achetés en vrac. Et Réseau Vrac reste optimiste et table toujours sur un CA de 3,2 milliards d'euros d'ici 2022. L'arrivée de grandes marques, le développement du nombre de magasins proposant du vrac constituent autant de raisons d'y croire pour l'association interprofessionnelle. Mais ce qui pourrait vraiment changer la donne, c'est le projet de loi Climat et Résilience qui prévoit que tous les commerces de plus de 400 mètres carrés devront consacrer 20% de leur surface de vente au vrac d'ici 2030. S'il est validé, les chiffres pourraient augmenter rapidement.

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