Facebook piste 33 millions de Français sur d’autres sites — le gendarme de la vie privée lui inflige une amende

Mark Zuckerberg lors de la conférence de développeurs F8, le 18 avril 2017. Capture d'écran Facebook Live

La Commission nationale Informatique et Libertés (Cnil) vient de condamner Facebook à payer 150.000 euros d'amende pour "de nombreux manquements à la loi Informatique et Libertés", a-t-elle annoncé dans un communiqué ce mardi 16 mai 2017.

Cette décision fait suite à plusieurs mises en garde envoyées par le gendarme français de la vie privée et quatre autres autorités européennes (Belgique, Pays-Bas, Espagne et Land d’Hambourg) depuis janvier 2016.

Même si cette amende est une toute petite somme pour Facebook, c'est surtout le fait que la Cnil ait rendu sa condamnation publique qui est important. L'organisation française a insisté sur le fait qu'"au moins 33 millions de Français sont concernés" par les choix du réseau social.

De son côté, Facebook s'est dit "respectueusement en désaccord" mais prend "acte de la décision de la Cnil".

"Facebook respecte depuis longtemps la loi européenne sur la protection des données, depuis que nous avons choisi de nous établir en Irlande. Nous restons disponibles pour travailler avec la CNIL autour de ces questions, alors que nous nous préparons pour la nouvelle réglementation européenne sur la protection des données en 2018", continue un porte-parole.

La Cnil reproche principalement deux choses à Facebook :

  • Combiner des données de ses utilisateurs à des fins de ciblage publicitaire.  "En effet, si les utilisateurs disposent de moyens pour maitriser l’affichage de la publicité ciblée, ils ne consentent pas à la combinaison massive de leurs données et ne peuvent s’y opposer", écrit la Cnil.
  • Traquer les mouvements de ses utilisateurs sur d'autres sites grâce à des cookies, et Facebook ne leur permettrait pas "d’être clairement informés et de comprendre que leurs données sont systématiquement collectées dès lors qu’ils naviguent sur un site tiers comportant un module social."

Le gendarme français mentionne aussi l'absence de "consentement exprès" des internautes quand il s'agit de la collecte de données sensibles comme l'orientation sexuelle ou la religion.

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