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Comment ce couple a tout quitté pour naviguer à travers le monde tout en gagnant de l'argent

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Comment ce couple a tout quitté pour naviguer à travers le monde tout en gagnant de l'argent
Terysa Vanderloo et Nick Fabbri. © Terysa Vanderloo et Nick Fabbri.
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Il y a dix ans, Terysa Vanderloo et Nick Fabbri vivaient ensemble à Londres. Ils avaient un boulot difficile et leurs trajets étaient chronophages. Leur vie était parfaitement normale et le couple semblait avoir tout réussi, mais tous deux savaient aussi que quelque chose leur manquait. "Londres est une ville où tout va très vite. On est toujours en train de se rendre au travail ou d'y travailler", dit Vanderloo. "Nous voulions vraiment faire quelque chose de différent dans notre vie, quelque chose d'aventureux. Nos vies londoniennes ne nous correspondaient pas vraiment."

Le couple s'est rencontré lors d'un voyage. Nick était fan de voiliers

Les deux Anglais ont compris que leurs deux passions pouvaient aller de pair. Ils ont commencé à rêver de laisser tomber leurs emplois pour naviguer à travers le monde. Cinq ans plus tard, en 2015, ils ont loué leur appartement et embarqué sur leur voilier de 11,5 mètres baptisé Ruby Rose. Plus d'une demi-décennie plus tard, ils naviguent toujours et financent leur odyssée grâce à Youtube et aux contrats de sponsoring qu'ils accumulent. Ils sont même sur le point d'acheter un plus gros bateau.

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Terysa et Nick sont aujourd'hui en quarantaine à Sydney et attendent de commencer la prochaine étape de leur aventure. Le couple a expliqué que leur style de vie d'influenceurs est plus accessible que certains ne le pensent. Ils ont détaillé la marche à suivre pour s'échapper de Londres et de son rythme effréné pour transformer sa passion en emploi.

Inutile d'être millionnaire pour naviguer dans le monde entier

C'est la première idée reçue que Vanderloo et Fabbri tiennent à déconstruire. S'ils avaient tous deux un emploi bien rémunéré avant de se lancer dans l'aventure et que tout le monde ne peut certainement pas se permettre de le faire, la communauté des navigateurs n'est en aucun cas composée uniquement de millionnaires.

Selon Nick Fabbri, le coût moyen d'un voilier de croisière se situe entre 100 000 et 200 000 dollars (82 000 et 165 000 euros), bien qu'il existe des options à la fois nettement moins chères ou beaucoup plus onéreuses. "Certains de nos meilleurs amis avaient un bateau avec lequel ils ont traversé l'Atlantique, puis fait le tour des Caraïbes. Il coûtait 40 000 dollars (33 000 euros). D'autres ont des bateaux qui valent un million de dollars (827 000 euros)" compare-t-il. Les marins disent souvent que l'entretien d'un bateau représente en moyenne 10 % de sa valeur par an, bien que ce montant varie fortement chaque année et en fonction de l'âge du bateau.

Le couple a contracté un prêt important pour s'offrir son premier bateau et a économisé chaque centime pendant cinq ans pour démarrer. "Plutôt que d'aller au restaurant ou d'acheter une nouvelle tenue, on se disait : "Je vais mettre cet argent dans la cagnotte", se souvient Nick. "On a dû se serrer la ceinture pendant un petit moment".

En 2010, le couple avait 30 000 dollars (24 800 euros) de côté. En louant leur appartement londonien à 1 500 dollars par mois (environ 1240 euros), ils pensaient pouvoir subvenir à leurs besoins pendant 18 à 24 mois de navigation. Ils sont partis sans autre projet que d'épuiser leurs économies et de voir comment ils s'en sortaient en vivant en mer.

Assez rapidement, le couple a décidé que ce mode de vie était fait pour eux, ce qui a soulevé quelques nouvelles questions difficiles. Les deux, en fin de compte, avaient la même solution.

Le premier problème est d'ordre psychologique

Le couple aimait son nouveau style de vie, mais chacun sentait qu'il lui manquait quelque chose. "Terysa était ambulancière et j'étais dentiste. Dans ces deux métiers, il faut faire preuve de réactivité", affirme Nick Fabbri. "Même si vivre en mer est une expérience enrichissante, nous avions l'impression que ce n'était pas très stimulant intellectuellement".

Outre l'ennui, les deux marins ont également été confrontés à un problème plus pratique : ils avaient décidé de continuer à naviguer indéfiniment, mais comment allaient-ils financer leurs escapades ? À ce stade, leur pécule ne dépassait pas les 12 000 dollars (9900 euros), en raison des réparations et de l'équipement supplémentaire qu'ils avaient acheté pour une traversée transatlantique.

La solution à ces deux problèmes s'est révélée sous la forme d'un appareil photo acheté lors d'une escale à Singapour et un Macbook 2008. Alors qu'ils naviguaient dans les Caraïbes, environ un an après leur départ, le couple a décidé de commencer à filmer ses aventures et de mettre en ligne une vidéo par semaine sur YouTube.

Ils étaient déterminés à produire du contenu intéressant, mais totalement dépourvus de compétences dans ce domaine. "Nous ne savions absolument pas quoi faire", admet Nick Fabbri. Et puis "ça a décollé. En un mois, nous avions un millier d'abonnés, ce qui à l'époque était tout simplement incroyable."

Au début, le couple doutait de la rentabilité de leurs vidéos. D'une part, les gains au début étaient maigres et isolés dans les Caraïbes, ils n'avaient pas non plus accès à un équipement vidéo adéquat. Au bout de six mois, le couple a décidé de se diriger vers les États-Unis.

"Lorsque nous sommes arrivés aux States, nous avions environ 25 000 abonnés. Les gens nous contactaient et nous demandaient si on voulait aller boire une bière avec eux, si on voulait un soutien financier…" raconte Terysa. "À ce moment-là, on s'est dit que l'on devait passer à la vitesse supérieure."

Cela signifiait non seulement améliorer leur équipement de base, mais aussi, un peu plus tard, s'inscrire sur Patreon, une plateforme de crowdfunding, pour que leurs abonnés les soutiennent financièrement. Ce n'était pas la voie la plus rapide pour monétiser leur style de vie : Terysa Vanderloo recommande toujours une approche plus lente à d'autres influenceurs.

"Ce que j'ai observé chez d'autres personnes qui débutent, c'est que si vous vous lancez dans l'aventure dans le but de gagner de l'argent, vous avez moins de chances de réussir parce que vous n'aimez pas ce que vous faites, et vous devez vraiment l'aimer. Parce que vous ne gagnez pas des abonnés en un claquement de doigts", prévient-elle. Après quatre ans de carrière en tant qu'influenceurs, le couple a 125 000 abonnés et gagne ce que Terysa décrit comme "un revenu raisonnable, certainement suffisant pour vivre".

Terysa Vanderloo à bord de son voilier Ruby Rose. Terysa Vanderloo, Nick Fabbri

Combien gagne un influenceur ?

Les choses se sont si bien passées qu'il y a deux ans et demi, les deux baroudeurs ont fait l'acquisition d'un catamaran. "Nous aimions beaucoup notre ancien bateau, mais c'était un peu comme un camping amélioré, une lessive prenait toute une journée", s'amuse Nick. Les bateaux plus grands sont aussi généralement plus rapides, ce qui permet des transits plus rapides et moins d'espace occupé par les fournitures.

Leur recherche du catamaran de croisière idéal a ouvert un autre chapitre lucratif de leur carrière d'influenceurs. Depuis des années, les fabricants de produits liés à la voile, comme les lunettes de soleil, envoyaient au couple des échantillons de leurs produits dans l'espoir d'obtenir de la visibilité. Mais lorsque le couple a cherché des sponsors pour des articles plus coûteux, il s'est heurté à une résistance.

L'accord passé par le couple avec une entreprise de fabrication de voiles a permis de changer la donne. Ils ont accepté d'utiliser les voiles de l'entreprise dans un certain nombre de vidéos et d'inclure un lien pour une remise dans les commentaires. En échange, l'entreprise a non seulement fourni ses produits, mais a également accepté de suivre les ventes réalisées par Nick et Terysa.

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"Nous avons mis trois, quatre vidéos sur une période d'environ 18 mois, aucune d'entre elles ne mentionnant l'entreprise, mais les voiles étaient montrées", explique Nick. "L'entreprise a pu obtenir des données sur l'influence exacte que nous avions, et je pense qu'elle a reçu 400 demandes et vendu 40 jeux de voiles, ce qui représente littéralement trois mois de travail juste à partir de nos vidéos. Ils sont donc revenus vers nous et ont dit : "OK, ça a marché".

Grâce à ces mesures et à une série de critiques de différents bateaux qu'ils envisageaient d'acheter, les fabricants de catamarans ont commencé à s'intéresser au couple. Ce dernier a fini par conclure un accord avec un fabricant australien appelé Seawind. Ils ont contribué à la conception du nouveau modèle de 45 pieds (13,7 mètres) de la société et ont obtenu en échange une remise importante sur l'un de leurs bateaux.

Un accord de confidentialité les empêche d'en divulguer le montant exact. "Nous ne recevons pas de bateaux gratuitement", a souligné Nick Fabbri : mais son montant est égal à la totalité du budget marketing de la société pour les trois prochaines années. Cet investissement considérable a apparemment déjà porté ses fruits. L'entreprise a déjà vendu près de quatre fois plus de bateaux qu'ils l'avaient prévu initialement.

Un regain d'intérêt post-Covid

La pandémie a déclenché un regain d'intérêt pour la voile et pour ce mode de vie, selon les deux moussaillons. "Je pense que beaucoup de gens se sont remis en question, étudié leurs priorités. Et donc je pense qu'une fois que ce vaccin sera déployé et que les voyages internationaux reprendront, vous trouverez beaucoup de gens faisant ce que nous faisons. En fait, le marché des bateaux d'occasion est en pleine effervescence en ce moment", observe Nick Fabbri.

Quels sont donc les deux meilleurs conseils à donner à ceux qui rêvent de suivre leurs traces ? Premièrement, réfléchissez aussi bien aux aspects psychologiques qu'aux aspects financiers et logistiques de ce type d'aventure.

"L'expérience et le savoir-faire en matière de navigation sont beaucoup moins importants que l'attitude que vous adoptez face à ce style de vie", estime Terysa Vanderloo. Demandez-vous déjà si vous êtes capables de partager un bateau de 11 mètres avec votre partenaire pendant des années et n'oubliez pas qu'Instagram est loin de la réalité.

"Vous devez rester optimistes, ouverts, honnêtes et faire preuve d'une bonne dose d'humour pour dédramatiser chaque situation", poursuit-elle. "Il faut également être une personne très pragmatique. En fin de compte, cette vie n'est pas toujours facile et elle n'est certainement pas glamour, même si elle le paraît sur les réseaux sociaux. Vous devez accepter de vous salir les mains, d'être parfois mal à l'aise."

Nick Fabbri, pour sa part, a des conseils plus terre à terre : "Allez trouver un club de voile local. Vous n'avez pas besoin d'avoir un bateau". Non seulement cela vous aidera à vous mettre à niveau sur les compétences techniques nécessaires pour naviguer en toute sécurité, mais c'est aussi un moyen de sentir si la navigation vous convient vraiment.

"Il y a toujours quelqu'un qui vous emmènera naviguer une fois que vous aurez passé quelques semaines dans le coin, à condition que vous soyez prêt à payer, par exemple, la nourriture pour le week-end ou l'essence", conseille-t-il.

Le plus important, c'est peut-être que la communauté des navigateurs, très soudée, peut aussi vous aider à franchir la ligne qui sépare le rêve de la réalité. Le plus grand obstacle auquel nous avons été confrontés était nos propres craintes, à savoir : "Pourquoi abandonnons-nous un job pour partir naviguer dans le monde entier ? Pour surmonter ces peurs, vous avez besoin d'amis dans une communauté de marins pour vous rassurer et vous donner le soutien dont vous avez besoin."

Si l'on en croit l'histoire de Nick et Terysa, passer du rêve à la réalité est plus réalisable que de nombreuses personnes ne le pensent. Il faut simplement se rappeler qu'outre les plages idylliques et le succès, naviguer n'est pas toujours évident. Il s'agit d'un style de vie avec des récompenses incroyables, mais aussi des défis bien réels.

Version originale : Jessica Stillman/Insider

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