Comment EasyJet et Ryanair seraient affectées par un Brexit sans accord

Un avion Ryanair et un avion EasyJet à l'aéroport de Manchester. Reuters/Andrew Yates

La date butoir du Brexit approche — elle est fixée au 31 octobre — et toujours aucun accord n'a été trouvé entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Une sortie sans accord aurait des conséquences lourdes sur de nombreux pans de l'économie britannique comme européenne. Et il y a un secteur qui est particulièrement exposé : le transport aérien, comme le notaient Les Echos dès juin 2016. L'un des problèmes importants qui se posera en cas de Brexit sans accord serait l'impossibilité pour les compagnies britanniques d'opérer des vols à l'intérieur de l'Union européenne.

Comme l'explique Business Insider US, le marché unique permet aux compagnies européennes d'opérer des vols entre n'importe quels points à l'intérieur de l'UE, à condition que le capital de la compagnie soit détenu à au moins 50% par des Européens. C'est ce qui permet à EasyJet, une compagnie britannique, d'opérer des vols entre Paris et Rome. Cela permet aussi aux compagnies européennes de faire voler des avions depuis n'importe quel pays de l'Union, à destination du reste du monde. Par exemple, British Airways opère un vol entre Paris et New York. Ce ne sera plus possible une fois que le Brexit se produira puisque les capitaux britanniques ne seront plus pris en compte comme européens.

La situation pourrait également s'avérer compliquée pour Ryanair. La compagnie est irlandaise, donc restera européenne après le Brexit, mais son capital sera détenu à majorité par des actionnaires extra-européens, lorsqu'on considèrera que le Royaume-Uni ne fait plus partie de l'UE.

Les compagnies sont déjà en train de s'adapter

Ryanair a commencé les manœuvres pour continuer à opérer des vols à l'intérieur de l'UE. En mars, l'entreprise a annoncé qu'elle allait bloquer les droits de vote des actionnaires britanniques, qui possèdent 20% du capital, en cas de Brexit sans accord, explique le Guardian. Ils seront également obligés de revendre leurs actions à des européens, s'il souhaitent vendre leurs parts.

De son côté, EasyJet a créé une filiale autrichienne, EasyJet Europe, pour continuer à opérer à l'intérieur de l'UE en cas de Brexit sans accord. Le capital du groupe est détenu à 49,92% par des Européens (en excluant les Britanniques). Selon Reuters, l'entreprise a prévu de suspendre les droit de vote de certains actionnaires afin d'être en accord avec la législation.

D'autres compagnies doivent aussi s'adapter à un possible Brexit sans accord : British Airways, la compagnie espagnole Iberia, et l'irlandaise Aer Lingus, qui forment toutes les trois le groupe IAG. Le capital de cette holding est détenu à 52,5% par des actionnaires européens, en comptant les Britanniques.

Selon El Pais, IAG essaie de prouver auprès des autorités européennes que, du fait de sa structure complexe, Iberia est contrôlée à plus de 50% par des actionnaires espagnols.

Mais pour Andrew Charlton, le directeur d'Aviation Advocacy, un cabinet de conseil basé en Suisse, cela pourrait ne pas suffire. "Je soupçonne que c'est une de ces situations où personne n'a posé la question de peur de trouver la réponse", indique-t-il à Business Insider US.

"Ce sera très intéressant, [IAG] va passer beaucoup de temps à s'assurer qu'il satisfait à la fois [le Royaume-Uni et l'UE], pour British Airways d'une part, et pour toutes ses autres compagnies, d'autre part", précise-t-il. "D'une manière ou d'une autre, le groupe devra satisfaire des exigences qui me semblent contradictoires."

"Il y a de sérieuses questions dans tout cela", dit Andrew Charlton, qui relève l'absurdité de la situation. "Que nous continuions d'utiliser un cadre réglementaire datant de 1944 et que nous essayions de gérer l'industrie aéronautique moderne dans ce cadre. C'est vraiment déraisonnable. C'est vraiment stupide."

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