Comment les sports d'endurance ont des effets bénéfiques sur votre corps et vos organes

Pratiquer régulièrement un sport d'endurance change votre corps de l'intérieur. Stage 7 Photography/Unsplash

Pratiquer régulièrement un sport a des effets bénéfiques sur la santé physique et mentale. Lors de l'effort physique, le corps libère notamment des hormones dites du bonheur comme les endorphines, qui procurent une sensation de bien-être, de plaisir et même d'euphorie, et fonctionnent comme antidouleur. Mais saviez-vous que pratiquer certains sports, ceux d'endurance, change littéralement le corps de l'intérieur ? En fait, le corps s'adapte naturellement et apprend à "mieux" fonctionner pour faire face à l'effort. 

"Dès que l'on fait de l'exercice physique de façon répétée, notre corps s'adapte à différents niveaux. Les adaptations varient selon le type d'activités, y compris parfois entre activités qui semblent pourtant similaires. Par exemple, certaines adaptations seront différentes pour une personne qui pratique le vélo et celle qui fait de la course à pied. Par ailleurs, cela dépend aussi de l'intensité de l'effort et de la dose d'entraînement", a expliqué Guillaume Millet, professeur de physiologie du sport à l'université Jean-Monnet-Saint-Etienne, à Business Insider France.

Les effets produits sur le corps d'une pratique régulière sont essentiellement positifs : "tant que l'entraînement est correctement calibré, il n'existe aucun effet négatif. L'être humain est adapté à l'activité physique, et notamment à la pratique des exercices d'endurance. Sa pratique est donc bénéfique pour la santé. L'activité physique (en force et en endurance) est d'ailleurs de plus en plus utilisée dans le cadre de la prévention et du traitement d'un certain nombre de pathologies (cancers, pathologies cardio-vasculaires, diabète, etc)", a indiqué Vincent Martin, maître de conférences en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) à l'université Clermont Auvergne (UCA), à Business Insider France.

Ce dernier a ajouté que "le plus grand danger, c'est de rester inactif. La sédentarité tue chaque année plusieurs millions d’êtres humains."

Voici neuf façons dont le corps se transforme à force de pratiquer un sport d'endurance régulièrement. 

Les muscles impliqués dans l'effort deviennent plus vascularisés

Des personnes en train de courir à Bruxelles en Belgique. Mārtiņš Zemlickis/Unsplash

Pour fonctionner, les muscles consomment les substrats énergétiques disponibles dans le corps que sont les lipides et les glucides, ainsi que de l'oxygène. Lors d'un effort physique, ces demandes augmentent. Pour s'adapter à ces nouveaux besoins, les muscles s'enrichissent en capillaires sanguins (plus petits vaisseaux sanguins chez les vertébrés, ndlr). Ainsi, le sang va rester plus longtemps à proximité des fibres musculaires, qui seront mieux nourries en oxygène. 

Une meilleure oxygénation cérébrale, ce qui constitue une bonne chose pour les fonctions cognitives

Jesse Orrico/Unsplash

"Lors d'un effort à intensité modérée, on constate que la quantité d'oxygène dans le cerveau augmente. C'est une bonne chose pour les fonctions cognitives et peut-être même pour la créativité", a indiqué Guillaume Millet.

Les athlètes présentent une diversité du microbiote

Gardie Design & Social Media Marketing/ Unsplash

"Votre niveau d'activité physique est corrélé à la diversité du microbiote : plus le VO2max est élevé, plus le microbiote est diversifié et plus les bactéries favorables sont nombreuses", a expliqué Nathalie Boisseau, chercheuse spécialisée en physiologie de l'exercice à l'université Clermont Auvergne (UCA), à Business Insider France. On appelle VO2max le débit d'oxygène maximal que l'organisme est capable d'absorber pour subvenir à ses besoins lors d'un effort physique. Elle est au sportif ce que la cylindrée est au moteur. Cette mesure est donc un bon témoin de vos qualités aérobies. En somme, plus le VO2max est élevé, meilleur on est, par exemple, au marathon.

Nathalie Boisseau a toutefois précisé qu'on ne sait pas si "c'est l'œuf ou la poule" qui est apparu en premier. Autrement dit, si c'est le fait d'être athlétique qui permet d'avoir un microbiote plus riche, ou si le fait d'avoir un microbiote riche permet de faire de meilleures performances sportives. A l'avenir, "on peut imaginer qu'on peut faire bouger le microbiote d'un athlète par l'alimentation ou l'entraînement pour obtenir de meilleures performances", a indiqué Nathalie Boisseau.

On distingue environ 160 espèces de bactéries dans l'intestin. Des chercheurs se sont aperçus que la bactérie Veillonella était plus abondante après un marathon et que, globalement, elle était plus fréquemment observée chez les marathoniens que chez des personnes sédentaires, rapporte une étude publiée dans la revue Nature Medecine. Chez la souris, les chercheurs ont observé une augmentation des capacités de course quand la bactérie Veillonella atypica, isolée chez les marathoniens, leur était donnée.

La chercheuse de l'UCA a estimé qu'il est toutefois impossible de dire si un type de bactéries est spécifique à un sport en particulier ou au niveau de performance atteint dans une activité. Dans l'ensemble, il s'agit plus de l'interaction de plusieurs "bonnes" et "mauvaises" bactéries qui entrent en jeu et non une seule de façon isolée.

On augmente le nombre d'usines de mitochondries, ces centrales énergétiques

Unsplash

La fonction principale des mitochondries est de fournir aux cellules l'énergie dont elles ont besoin pour assurer leur survie et les fonctions qu'elles doivent accomplir. A force de pratiquer un sport d'endurance, "les mitochondries, qui sont des usines énergétiques, voient leur taille et leur nombre augmenter", a souligné le spécialiste Vincent Martin.

Le corps va faire en sorte de consommer moins de sucres et inversement, de consommer davantage les graisses pour une intensité donnée

Fatima Akram/Unsplash

Pour fonctionner, les muscles consomment les substrats énergétiques disponibles dans le corps que sont les lipides et les glucides (exceptionnellement les protéines). Lors d'un effort physique d'endurance, un des facteurs limitants est la quantité de sucres disponibles, car on ne peut pas utiliser les graisses s'il n'y a plus de sucres disponibles. En augmentant le pourcentage de graisses utilisées, le corps d'un sportif entraîné va économiser ses réserves de sucres (glycogène), ce qui va lui permettre de durer plus longtemps et être ainsi plus résistant à la fatigue. 

"Pour chaque litre d'oxygène consommé, le but est de produire le plus d'énergie possible, or le rendement par litre d'oxygène consommé est meilleur en consommant des sucres que des graisses, donc à haute intensité, quand l'oxygène vient à manquer, il est bon que l'on ne consomme plus que des sucres", a simplifié le spécialiste en physiologie du sport Guillaume Millet.

Le passionné de sports d'endurance, qui en pratique en compétition et en loisir depuis une trentaine d'années, a ajouté : "à l'inverse, les graisses ont une densité énergétique élevée (beaucoup de calories pour chaque gramme). Si je devais transporter la même quantité d'énergie sous forme de glycogène, je devrais peser entre 10 à 15 kg de plus. Peu propice aux déplacements de nos ancêtres chasseurs-cueilleurs !".

Le corps apprend à stocker la graisse dans les muscles

Chuttersnap/Unsplash

On stocke les graisses sous la peau, dans les viscères et dans les muscles. Mais le corps d'un sportif entraîné "va apprendre à stocker davantage de graisses dans les muscles, soit au plus près des fibres musculaires impliquées dans l'exercice", a détaillé Vincent Martin. On observe la présence de graisses en stock sous les muscles chez la personne atteinte d'obésité également, à la différence que celle-ci "n'utilise pas ces stocks, ce qui les rend toxiques, contrairement au sportif", a ajouté le chercheur spécialisé dans l'étude de la fonction neuromusculaire chez les sportifs et les patients obèses.

La taille du cœur augmente

Robina Weermeijer/Unsplash

"Les cavités cardiaques augmentent lors d'un entraînement en endurance, alors que la musculation aurait plutôt tendance à augmenter la taille des parois du cœur", a souligné Guillaume Millet. Et d'ajouter : "un organe change très peu : les poumons. Ce n'est pas grave car ils sont dans la plupart des cas surdimensionnés."

Le système nerveux commande mieux les muscles pendant des exercices de longue durée

Curtis MacNewton/Unsplash

"Le système nerveux commande tous nos muscles. L'entraînement permet au système nerveux de mieux commander les muscles, de recruter l'ensemble des fibres musculaires, et donc de gagner de la force", a commenté le chercheur de l'université Jean-Monnet-Saint-Etienne. 

Les athlètes d'endurance ont plus de globules rouges

Poches de sang. sabinurce/Pixabay

Encore une adaptation du corps face à l'effort sur le long terme. "Les athlètes d'endurance ont un volume sanguin plus élevé donc plus de globules rouges, ce qui permet d'augmenter l'apport d'oxygène aux muscles. Ces derniers peuvent ainsi augmenter leur performance", a expliqué Guillaume Millet.

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