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Comment placer son argent sans prendre trop de risque pendant la crise

Comment placer son argent sans prendre trop de risque pendant la crise
La chute des cours offre des opportunités, mais la Bourse reste toujours un placement risqué. © Getty Images

Le monde est traversé par une crise sanitaire et économique pleine d'incertitudes. La France est déjà entrée en récession, avec un plongeon de 6% de son produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre 2020, selon une estimation publiée mercredi 8 avril par la Banque de France. Du jamais vu depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. S'ils se sont un peu repris en début de semaine, les cours de Bourse ont très lourdement chuté depuis la mi-février. Le CAC 40, l'indice phare de la place de Paris, a ainsi perdu 27% depuis le début de l'année. Et certaines entreprises comme Airbus, Renault et Société Générale ont vu la valeur de leurs actions dégringoler de plus de 50%.

Toutefois, la chute des cours crée aussi des opportunités, les actions pouvant s'acheter à bon prix après avoir dévissé. "Pour quelqu'un disposant de liquidités, c'est le moment de se lancer pour investir en Bourse. Lors de la reprise économique, il y aura un rebond", assure Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'Epargne. Il s'agit de se projeter à moyen terme. Après les fortes turbulences entraînées par la pandémie de coronavirus, les marchés devraient remonter la pente, mais ce ne sera peut-être pas avant des mois. Et il faudra certainement attendre plusieurs années avant de revendre ses actions pour espérer empocher des gains substantiels.

Le secteur de l'énergie 'redémarrera plus vite' que les banques

"On peut supposer que les grandes entreprises auront les moyens de se relever. Les banques sont très touchées et leur rétablissement peut être plus long que pour d'autres secteurs comme celui de l'énergie, qui redémarrera plus vite avec la reprise de l'économie", ajoute l'économiste. Les établissements bancaires sont en première ligne pour aider les entreprises à amortir le choc sur l'activité créé par le confinement de la population. Elles sont notamment chargées par le gouvernement de faciliter le crédit pour soutenir les petites et moyennes entreprises. Des prêts que l'Etat s'engage toutefois à garantir, pour un montant de 300 milliards d'euros au total.

"La forte volatilité des marchés peut aussi permettre de réaliser des gains à court terme", précise Philippe Crevel. Ces paris spéculatifs sont toutefois réservés aux investisseurs avertis.

À l'inverse, en cette période trouble, les Français vont certainement privilégier des placements sans risque et liquides, permettant de récupérer son argent à tout moment, comme le Livret A ou le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), rémunérés tous deux à hauteur de 0,5%. Beaucoup vont aussi laisser dormir leurs économies sur leur compte courant. La confiance est un facteur essentiel pour investir à long terme et la mise au chômage partiel de nombreux salariés n'est pas de nature à rassurer, d'autant qu'elle entraîne une diminution de la rémunération.

Attendre avant d'investir dans l'immobilier

Philippe Crevel déconseille par ailleurs d'investir dans l'or, l'once d'or étant revenu à plus de 1 600 dollars. Son cours a temporairement chuté pendant plusieurs jours à partir de la mi-mars pour retomber à son niveau de fin novembre 2019. Les investisseurs ont alors vendu le métal précieux parce qu'ils avaient besoin de liquidités. Mais "l'or est un peu cher maintenant, dans sa fourchette haute", constate l'économiste.

Quant à l'immobilier, les épargnants ont intérêt à se montrer patients pour le moment. Le secteur est totalement paralysé par la crise sanitaire. Les chantiers sont suspendus, les visites de maisons et d'appartements, tout comme les différents diagnostics, ne peuvent plus être réalisés. "L"immobilier est à l'arrêt. Il faudra attendre de voir l'orientation que le marché prendra après le confinement, il sera un peu chahuté dans un premier temps", prévient Philippe Crevel. Les prix connaîtront-ils une véritable baisse dans les grandes villes, où l'offre de logements reste faible par rapport à la demande?

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La période ne semble pas non plus propice à l'investissement dans une société civile de placement immobilier (SCPI), permettant de placer son argent notamment dans des bureaux et des commerces. D'un côté, le commerce subit de plein fouet le confinement, avec "des vacances locatives préjudiciables au rendement des SCPI", souligne le directeur du Cercle de l'Epargne. De l'autre, le développement et la généralisation du télétravail pourrait accélérer un processus de réduction des surfaces dans les entreprises, ce qui pourrait peser sur les prix de l'immobilier de bureau.

D'une manière générale, l'Autorité des marchés financiers (AMF) et l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) ont mis en garde le 26 mars contre les risques d'arnaques dans le contexte de l'épidémie de coronavirus. Les épargnants doivent grandement se méfier des offres trop alléchantes. Les deux régulateurs citent par exemple des propositions de placements "présentés comme une valeur refuge au travers de biens tangibles", comme l'or, les grands crus ou les whiskys, les "faux produits bancaires ou d'assurance" offrant à la fois un rendement élevé et une absence de risque, ou encore les appels frauduleux pour investir dans des entreprises "supposées tirer profit de l'épidémie et voir leur valorisation augmenter".

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Business Insider
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