Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Comment placer votre argent dans le contexte inédit et de forte incertitude de la crise sanitaire

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte


© mohamed_hassan/Pixabay

La pandémie de Covid-19 a plongé le monde dans un contexte inédit. L'incapacité des investisseurs à saisir l'évolution de cette crise sanitaire et ses conséquences sur l'économie a dans un premier temps entraîné une dégringolade vertigineuse et sans précédent des marchés financiers. Les Bourses dans le monde se sont aujourd'hui reprises. Si le CAC 40, sur la place de Paris, reste loin des 6 100 points qu'il avait franchi mi-février, l'indice est toutefois remonté pour commencer à se stabiliser près des 5 000 points, après une chute à 3 700 points mi-mars.

Outre-Atlantique, l'indice S&P 500, regroupant 500 des plus grandes entreprises américaines, s'est récemment rapproché de son sommet historique, tandis que le Nasdaq 100, rassemblant notamment des valeurs technologiques comme les Gafa, a établi un nouveau record. Une ascension spectaculaire qui laisse perplexe au regard de l'évolution de la crise sanitaire et de la résurgence du coronavirus aux Etats-Unis, le nombre de nouveaux cas se multipliant. Mais la flambée de certaines valeurs technologiques devrait prendre fin, selon Peter ­Oppenheimer, responsable mondial de la stratégie actions chez Goldman Sachs, cité par Le Journal du Dimanche.

Miser sur des actions européennes comme Pernod Ricard et LVMH

Le ralentissement mondial devrait favoriser un retour à des niveaux de valorisation plus raisonnables. Goldman Sachs conseille donc de ne plus miser sur la croissance exponentielle de valeurs comme Apple ou Amazon sur les marchés américains, et de se tourner plutôt vers les marchés européens qui ont beaucoup moins progressé au cours de dix dernières années. Dans sa liste des "50 gagnants mondiaux de demain", sélectionnés à partir de cinq critères dont la croissance du chiffre d'affaires et les marges prévisionnelles, la banque d'investissement cite notamment le champion du luxe LVMH, le groupe d'alcools et de spiritueux Pernod Ricard, ou encore le spécialiste de la 3D Dassault Systèmes.

Alexander Baradez, chef de l'analyse marché chez le courtier IG, souligne que les résultats du deuxième trimestre aux Etats-Unis sont globalement attendus en baisse de plus de 40%. Il s'interroge sur la capacité des entreprises à dégager des bénéfices sur l'ensemble de l'année 2020, dans un contexte où à la crise sanitaire s'ajoute "une reprise des tensions entre la Chine et les Etats-Unis, notamment sur le statut spécial de Hong Kong". Le président américain, Donald Trump, menace en outre de taxer de nouveaux produits européens, pour un total de 3,1 milliards de dollars d'importations.

Diversifier son portefeuille avec des obligations

Les actions, qu'elles soient américaines mais aussi européennes restent des actifs risqués. Et le risque est d'autant plus important dans le contexte actuel d'"incertitude radicale", décrit par Florence Barjou, responsable adjointe des investissements chez Lyxor Asset Management. Selon elle, nous sommes dans un "environnement non probabilisable, où l'histoire ne peut pas être extrapolée". Autrement dit, la crise sanitaire et le confinement sont des événements jamais vus, qui ne permettent pas de se référer au passé pour comprendre l'évolution des marchés et tenter d'estimer leur trajectoire.

Habituellement, "pour nos techniques de gestion et nos modèles de prévisions, on se base entre autres sur des propriétés récurrentes des séries statistiques", explique Florence Barjou. Dans la période actuelle, il reste bien sûr important de diversifier son portefeuille. Mais le niveau d'incertitude est tel qu'il ne faut plus "acheter trois obligations" pour une action pour faire face au risque et à la volatilité, mais "quasiment six obligations", détaille-t-elle.

Si elles ne rapportent rien au niveau du rendement, dont la faiblesse est accentuée par les rachats de dettes des banques centrales, les obligations souveraines (dette des Etats) permettent de jouer le rôle de couverture, leur évolution étant décorrélée de celle des actions. Lyxor AM préconise donc d'en conserver quelques-unes dans son portefeuille.

Acheter de l'or pour une 'protection globale'

Pour diversifier ses placements, le gérant de fonds, filiale de la Société Générale, invite également à acheter de l'or. Le métal précieux a fortement grimpé comme les marchés actions, pour atteindre récemment un plus haut depuis 2011.

Il ne protège donc pas forcément contre une baisse des actions, car il suit une évolution similaire à la leur. "Mais dans un environnement où les bilans des banques centrales explosent, où les taux réels sont potentiellement de plus en plus négatifs, l'or offre une 'protection globale'", estime Florence Barjou. D'autant plus dans un monde où l'endettement des Etats et des entreprises prend de fortes proportions pour lutter contre la crise économique et relancer l'activité.

L'évolution des marchés sera notamment conditionnée par l'évolution de l'épidémie de Covid-19 dans les prochains mois. "Il faut rester investi sur les actifs risqués (comme les actions, ndlr), les corrections seront des opportunités d'achats si la propagation du Covid reste sous contrôle", assure Jeanne Asseraf-Bitton, responsable de la recherche marchés chez Lyxor AM. Les élections américaines, et l'attitude du président et candidat Donald Trump, seront déterminantes pour l'évolution des marchés, selon elle. La mutualisation de la dette des Etats en zone euro, si elle aboutissait, pourrait envoyer un signal positif aux places boursières de ce côté de l'Atlantique.

À lire aussi — La Bourse pourrait de nouveau plonger, et dès cet été

Découvrir plus d'articles sur :