REUTERS/Aly Song

Le commissaire européen au numérique, Andrus Ansip, a averti ce vendredi 7 décembre 2018 que l'Union européenne (UE) devrait s'inquiéter de Huawei et d'autres entreprises tech chinoises, en raison des risques qu'elles représentent en termes de sécurité à l'industrie du bloc, rapporte Reuters.

Cette déclaration intervient quelques jours après l'arrestation de la directrice financière de Huawei au Canada dans le cadre d'une enquête de soupçons de fraude bancaire et alors que le Japon se préparerait à modifier les règles de ses appels d'offres afin d'exclure les équipementiers chinois Huawei et ZTE, soupçonnés d'être en lien trop étroit avec le régime communiste de Pékin, rapportent Les Echos.

Lors d'un point presse à Bruxelles (Belgique), il a déclaré: 

"Nous devons nous inquiéter au sujet de ces entreprises. [...] Elles doivent coopérer avec leurs services de renseignement. [...] Cela concerne des puces qu'ils peuvent mettre quelque part pour obtenir nos informations confidentielles."

Et d'ajouter:

"En tant que personnes ordinaires, nous devons avoir peur", tout en précisant qu'il n'avait pas assez d'informations concernant la récente arrestation de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou.

Il y a quelques mois, les services de renseignement américains ont affirmé que les équipements de Huawei pourraient contenir des accès cachés permettant une utilisation frauduleuse par les services d'espionnage chinois.

Dans un communiqué, Huawei a rejeté ces accusations en déclarant: "Nous rejetons catégoriquement toute allégation selon laquelle nous pourrions représenter une menace en matière de sécurité", en ajoutant qu'"aucun gouvernement n'avait jamais demandé à Huawei de mettre en place des portes dérobées ou d'interrompre tout réseau, et n'accepterait jamais un tel comportement par aucun de ses employés."

Cet été, la Nouvelle-Zélande et l'Australie ont ainsi demandé à leurs opérateurs télécoms de ne pas utiliser les équipements de Huawei dans les nouveaux réseaux 5G. Et l'opérateur britannique BT Group a indiqué cette semaine qu'il allait retirer les équipements du groupe chinois de ses réseaux en place et n'en utiliserait pas de nouveaux pour son futur réseau 5G. 

L'Allemagne, en revanche, s'oppose à exclure tout équipementier de son futur réseau mobile 5G, tandis que la Belgique pourrait interdire Huawei du pays — le groupe chinois fournit notamment les opérateurs Proximus et Orange Belgique —, selon le journal financier L'Echo. 

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : La Chine se prépare à lancer le premier atterrisseur au monde sur la face cachée de la Lune

VIDEO: Pourquoi les numéros de téléphone commencent toujours par 555 dans les séries et films américains