Vera Jourova, la commissaire européenne en charge de la justice, des consommateurs et de l'égalité des genres. Reuters/Francois Lenoir

  • La Commission européenne remarque que les plateformes en ligne évaluent plus de contenus haineux qu'auparavant dans les 24 heures suivant leur signalement.
  • Mais l'institution nuance ce tableau en indiquant que les plateformes peinent souvent à informer les utilisateurs des suites de leur signalement.
  • Par ailleurs, elle note que certaines plateformes suppriment plus de contenus signalés que d'autres.

La Commission européenne salue le travail des plateformes en ligne pour éliminer les contenus haineux.

L'institution mène régulièrement des évaluations pour voir si le code de conduite qu'elle a signé avec plusieurs géants de la tech — parmi lesquels Google, Facebook et Twitter —  en mai 2016 est appliqué. Ce lundi 4 février 2019, elle révèle les résultats de l'évaluation menée en décembre 2018.

La Commission européenne note que les plateformes évaluent plus de contenus qu'auparavant dans les 24 heures qui suivent un signalement. En décembre 2018, elles ont évalué 88,9% des contenus, contre seulement 40% en mai 2016, lors du premier bilan.

L'évolution du taux d'évaluation des contenus dans les 24 heures suivant leurs signalement aux plateformes. Commission européenne

"Aujourd'hui, deux ans et demi plus tard, nous pouvons affirmer que nous avons trouvé la bonne approche et établi une norme à l'échelle européenne pour faire face à ce grave problème tout en protégeant pleinement la liberté d'expression", se félicite Vĕra Jourová, la commissaire chargée de la justice, des consommateurs et de l'égalité des genres.

Cependant, l'institution regrette que ces plateformes peinent souvent à informer les utilisateurs qui signalent des contenus de leur suppression. En moyenne, 65,4% des signalements ont bénéficié d'un retour d'information. Facebook informe les utilisateurs quasi systématiquement — dans 92,6% des cas —, tandis que Twitter ne les informe que dans 60,4% des cas et YouTube dans 24,6%.

"L'évaluation récente confirme que les entreprises des technologies de l'information réagissent avec célérité lorsque des discours haineux à caractère raciste et xénophobe leur sont signalés", indique le communiqué de la Commission. "Elles doivent toutefois améliorer leur retour d'information aux utilisateurs notifiants ainsi que la transparence en ce qui concerne les notifications et les suppressions."

Enfin, la Commission remarque que certaines plateformes suppriment plus de contenus signalés que d'autres. Pendant l'évaluation, Facebook a ainsi retiré 82,4% des contenus signalés, tandis que Twitter n'en a retiré que 43,5%.

Pourcentage de contenus haineux signalés qui ont été supprimé par chaque plateforme. Commission européenne

Pour obtenir ces chiffres, la Commission européenne a suivi les actions des plateformes entre le 5 novembre et le 14 décembre 2018. Celles-ci ont reçu un total de 4392 signalements.

Les résultats complets de cette évaluation sont à lire ici (en anglais).

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