La Commissaire européenne à la concurrence Margrethe Vestager en conférence de presse à Bruxelles, Belgique, le 27 mai 2017. REUTERS/Francois Lenoir

La Commission européenne vient d'infliger une amende de 2,42 milliards d'euros à Google, pour abus de position dominante au bénéfice de son comparateur de prix Google Shopping.

Bruxelles demande à Google de mettre fin aux pratiques jugées illégales par la Commission sous 90 jours. 

A défaut, la Commission européenne infligera une astreinte pouvant aller jusqu'à 5% du chiffre d'affaires quotidien mondial d'Alphabet, la maison-mère de Google.

"Google a abusé de sa position dominante sur le marché des moteurs de recherche en conférant un avantage illégal à un autre de ses produits, son service de comparaison de prix", estime Bruxelles.

Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence, a déclaré dans un communiqué: 

"Google est à l'origine d'un grand nombre de produits et de services innovants qui ont changé notre vie, ce qui est positif. Mais sa stratégie relative à son service de comparaison de prix ne s'est pas limitée à attirer des clients en rendant son produit meilleur que celui de ses concurrents. En effet, Google a abusé de sa position dominante sur le marché des moteurs de recherche en favorisant son propre service de comparaison de prix dans ses résultats de recherche et en rétrogradant ceux de ses concurrents.

Ce que Google a fait est illégal au regard des règles de concurrence de l'UE. Elle a empêché les autres sociétés de livrer concurrence sur la base de leurs mérites et d'innover. Et surtout, elle a empêché les consommateurs européens de bénéficier d'un réel choix de services et de tirer pleinement profit de l'innovation."

Le montant de l'amende — à 2,42 milliards d'euros — est largement supérieur aux montants évoqués jusqu'ici. On s'avait qu'elle dépasserait 1 milliard d'euros depuis plusieurs semaines et inscrit donc un nouveau record.

Le montant de l'amende — plus de deux fois supérieure au précédent record — reflète "la gravité de l'infraction", a justifié Margrethe Vestager dans une conférence de presse, mardi 27 juin. 

Les sanctions de la Commission européenne peuvent aller jusqu'à ponctionner 10% du chiffre d'affaires. Alphabet, la maison-mère de Google, a dégagé plus de 90 milliards de dollars de chiffre d'affaires l'an dernier.

Les services concurrents qui ont souffert des pratiques de Google sur son moteur de shopping sont libre de réclamer des dommages-intérêts devant un tribunal national, a ajouté Margrethe Vestager.

2 autres enquêtes

Les services de la concurrence de Bruxelles enquêtaient sur Google Shopping depuis sept ans.

Google CEO Sundar Pichai speaks during the presentation of new Google hardware in San Francisco, California, U.S. October 4, 2016.

Sundar Pichai, DG de Google. REUTERS/Beck Diefenbach

"Depuis ma prise de fonction en novembre 2014, j'ai fait de ce dossier une priorité car des efforts de négociation ont échoué", a expliqué la Commissaire européenne à la concurrence lors de son point presse.

Ses services ont analysé 5,2 téraoctets de résultats de recherche effective provenant de Google (quelque 1,7 milliard de demandes de recherche) et enquêté sur le comportement de clics des internautes selon les résultats de recherche.

L'enquête sur Google Shopping est distincte de deux autres dossiers en cours d'instruction par la Commission européenne: Android et AdSense, sur laquelle "nous faisons de bons progrès", a ajouté Margrethe Vestager. 

Elle a écarté l'hypothèse de démanteler le groupe internet de Mountain View.

"La décision d'aujourd'hui montre qu'en Europe les entreprises doivent fonctionner sur le mérite, quelles opèrent sur internet ou dans le monde réel, quelles soient européennes ou non".

Dans une note de blog, Google a fait le commentaire suivant: 

"Nous sommes respectueusement en désaccord avec les conclusions présentées aujourd'hui. Nous allons étudier la décision de la Commission européenne en détail et envisageons de faire appel, et nous allons continuer de plaider notre cause." 

Retrouvez l'intégralité de la décision de la Commission européenne sur Google Shopping ici

 

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