4 compagnies aériennes ont porté plainte contre la France — et c'est révélateur d'un important problème de circulation

Accident de café après le passage de Maverick en rase-motte près d'une tour de contrôle dans le film Top Gun. Youtube/Movieclips

Les compagnies aériennes n'en peuvent plus des grèves des contrôleurs aériens français. Easyjet et Wizz Air ont rejoint Ryanair et IAG dans leur combat pour dénoncer la situation. Les quatre compagnies ont déposé mardi 24 juillet un recours contre la France auprès de la Commission européenne, au motif que ces grèves ne permettent pas d'assurer les survols du pays et ainsi enfreignent le principe de libre circulation des biens et des personnes en vigueur dans l'Union européenne. 

"Le droit de grève doit être mis en balance au regard de la liberté de circulation. Les passagers empruntant des routes qui survolent la France, particulièrement le grand espace aérien qui couvre Marseille et la Méditerranée, sont également victimes de retards et d'importantes perturbations", écrit le directeur général d'IAG, Willie Walsh, dans un communiqué commun des quatre compagnies.

Face à cela, les compagnies essayent, quand elles le peuvent, de contourner l'espace aérien français, ce qui engendre un surcoût de carburant, un allongement de la durée des vols et donc une hausse des retards.

Le patron de Ryanair évoque "une augmentation de 300% des grèves des contrôleurs français depuis le début de l'année par rapport à 2017".

Plus largement, la France est championne d'Europe du nombre de journées de grève. Un rapport de la commission des finances du Sénat, piloté par le sénateur UDI Vincent Capo-Canellas et rendu public en juin dernier, explique qu'entre 2004 et 2016 la France a enregistré 254 jours de grève de ses contrôleurs aériens —chaque jour provoquant en moyenne l'annulation de 652 vols —, tandis que la Grèce, deuxième sur le podium, affiche 46 jours de grève.

Une situation 'insupportable'

La Fédération nationale de l'aviation marchande (qui représente les compagnies françaises) dénonce également cette situation. "C'est insupportable pour un grand pays", disait Alain Battisti, président de la Fnam, le 29 juin lors d'un point d'étape des assises du transport aérien. "L'enjeu est européen et on pourrait en arriver à ce que l'Europe dépossède la France du contrôle aérien".

Le rapport sénatorial souligne également, qu'outre les mouvements sociaux, la vétusté du système de contrôle est préoccupante. "Notre pays est responsable de 33 % des retards dus au contrôle aérien en Europe", déplore Vincent Capo-Canellas, qui évalue à près de 300 millions d'euros les pertes annuelles liées à cela pour les compagnies.

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